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SYMPTOMES DE L’INSTINCT ALIMENTAIRE

L’instinct alimentaire se manifeste comme faim et comme soif.

De même que pour les autres instincts, il faut distinguer ici le besoin qui les provoque à l’état de santé, et les sensations de plaisir ou de peine qui s’y rattachent.

Le besoin est fondé sur la marche générale de la nutrition. Il augmente et diminue avec la consommation plus ou moins rapide des matériaux solides et liquides contenus dans le sang. Il est donc plus grand chez l’enfant que chez l’adulte et surtout chez le vieillard; plus grand en hiver qu’en été; plus grand aussi chez ceux qui mènent une vie active que chez les personnes paresseuses et sédentaires; enfin, tout le monde connaît l’influence qu’exerce sur lui l’habitude.

Les sensations, au contraire, sont sous l’influence du système nerveux, et ne dépendent qu’indirectement du besoin. En effet, tel malade peut avoir grand besoin d’aliments ou de boissons sans éprouver la moindre sensation de faim ou de soif, et, chez tel autre, ces sensations peuvent être excessives, constantes et cruelles, sans que le sang ait subi la moindre déperdition.

D’un autre côté, le sentiment de satiété se déclare, à l’état de santé déjà avant que le besoin ne soit satisfait. Il se déclare immédiatement après l’ingestion d’un certain volume d’aliments, à une époque où ces derniers ne sont encore ni digérés ni absorbés; il se déclare même quand l’estomac est rempli de matières réfractaires à la digestion.

Les altérations du besoin alimentaire ne sont pas du ressort de la symptomatologie. Nous n’aurons à nous occuper que des troubles qui concernent les sensations.

Dans les maladies, les deux instincts préservateurs, loin de marcher

ensemble, sont au contraire en opposition l’un avec l’autre. Toutes les maladies aiguës ontpour effet d’augmenter la soif, tandis quelles anéantissent l’appétit plus ou moins complètement; au déclin de ces maladies, l’appétit ne revient que lorsque la soif a cessé.

La faim est essentiellement asthénique ; elle produit promptement la faiblesse, la pâleur, le froid, la syncope. La soif, au contraire, a le caractère sthénique ; elle provoque l’exaltation des nerfs, des sens et des muscles, la chaleur et la rougeur.

La faim naissante est une sensation agréable, pouvant durer sous cette forme pendant quelque temps , tandis que la soif n’accepte pas de délais; elle est toujours une souffrance; dès qu’elle se déclare, elle veut être satisfaite.

ARTICLE PREMIER

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