DE LA MYODYNIE ABDOMINALE
Abstraction faite de la myosite proprement dite et du phlegmon intermusculaire, trois espèces de douleurs ont encore leur siège dans les muscles de l’abdomen : les douleurs occasionnées par des efforts répétés et par la fatigue, les douleurs saturnines et les douleurs rhumatismales.
4° Myodynie de fatigue.
Elle accompagne communément la bronchite et les autres espèces de toux fatigante. Elle succède au travail de l’accouchement et parfois même aux grands efforts de défécation. Mais la plus remarquable est la myodynie abdominale qui persiste après les attaques de convulsions hystériques. C’est elle qui a engagé M. Briquet à placer en général l’épigaslralgie et la cœlialgie hystériques dans les muscles abdomi-
naux.
2° Myodynie saturnine.
Elle occupe de préférence la partie supérieure des muscles droits et siège indifféremment des deux côtés du ventre ; elle ne rayonne jamais vers le thorax, mais plutôt dans la direction des flancs et des lombes. Elle coexiste souvent avec des douleurs dans les membres inférieurs et a une fixité opiniâtre. Les autres signes de l’intoxication saturnine, tels que la constipation, le liseré ardoisé aux gencives, etc., faciliteront le diagnostic différentiel.
3° Myodynie rhumatismale.
Le rhumatisme et la goutte se fixent souvent dans les muscles de l’abdomen et dans les gaines des muscles droits. Les douleurs rhumatismales sont moins aiguës que les douleurs épigastralgiques; une pression exercée superficiellement ne les augmente pas, tandis qu’elles s’exaspèrent, par exemple, lorsque le malade essaie de se mettre sur son séant; les émotions morales n’ont sur elles aucune influence. Enfin, elles occupent une étendue plus ou moins considérable de l’abdomen et, même dans le cas où elles siègent principalement à l’épigastre, elles se rattachent presque toujours à des douleurs dans les lombes et les flancs.
Valleix (1) signale, avec raison, la difficulté souvent grande de distinguer la myodynie rhumatismale de la péritonite. Il donne comme moyen de diagnostic la pression. Dans la péritonite, la douleur augmente sous la pression, même exercée avec la paume de la main, et finit par devenir intolérable ; tandis que, dans le rhumatisme abdominal, elle finit par être aisément supportée, alors même que la première sensation a été douloureuse.