SYMPTOMES NASAUX
Les troubles de l’olfaction et de la sensibilité tactile devant nous occuper ailleurs , nous n’aurons à considérer ici les fosses nasales qu’en tant quelles font partie des voies respiratoires.
Nous traiterons successivement de l’enchifrènement, de la rhinorrhée, de la punaisie, de l’épistaxis, de l’éternuement et du nasonnement.
ARTICLE PREMIER
DE L’ENCHIFRÈNEMENT.
Le nom vient du latin barbare incamifrenare, et veut dire, selon Ménage : embarrasser le nez comme dans un frein, %a/xoç. Il est l’équivalent de gravedo ou coryza, dérivé de xcpuÇaw, gravedine laboro.
Le malade éprouve réellement la sensation que sa tête est prise dans un étau ou que ses sinus frontaux et maxillaires sont distendus par un liquide. Ce sentiment s’accompagne d’une perte de l’odorat, d’une sensation de sécheresse, de picotement et d’obstruction dans les fosses nasales, ainsi que d’une altération sécrétoire. Le nez se remplit d’un liquide séreux ou séro-muqueux à réaction fortement alcaline, donnant, en se desséchant, ainsi que Donders l’a observé le premier, d’abondants cristaux dendritiques de sel ammoniac.
L’enchifrènement est le principal symptôme du catarrhe aigu des fosses nasales, ou de ce qu’on appelle communément le rhume de cerveau.
Quand l’inflammation de la muqueuse s’étend dans les sinus frontaux, le sentiment de pesanteur et de distension devient très-pénible au front, au-dessus de la racine du nez. Quand elle s’étend dans
les sinus maxillaires, les pommettes semblent vouloir éclater. Enfin, comme le catarrhe aigu des fosses nasales se propage à travers le canal nasal jusqu a la conjonctive de l’œil, à travers la trompe d’Eustache jusque dans l’oreille moyenne, et par les narines postérieures dans le pharynx et au voile du palais, l’enchifrènemen^entraîne à sa suite plus ou moins de photophobie et d'épiphora, de bourdonnements et de douleurs d’oreille, ainsi que d’angine pharyngée.
ARTICLE II
DE LA RHINORRHÉE.
L’humidité habituelle des narines est citée parmi les signes du tempérament lymphatique. Elle est propre aussi à l'enfance et à la vieillesse.
Dans les maladies aiguës, le retour de cette humidité est de bon augure. Dans la méningite et l’hydrocéphalie spécialement, un écoulement abondant de sérosité par le nez passe pour critique et favorable.
L’humidité accidentelle du nez est le symptôme de l’irritation de la muqueuse nasale et du coryza; elle peut dépendre aussi d’une irritation de l’appareil lacrymal.
Mais la véritable rhinorrhée, le flux nasal , la blcnnorrhée du nez, appartient au catarrhe chronique. Du mucus plus ou moins épais, ou du muco-pus, s’écoule ici constamment des narines ou oblige le malade à se moucher à tout instant et à tenir la bouche à demi ouverte pour respirer. Le sentiment d’obstruction est très-gênant, l'odorat devient nul, et la voix prend un timbre nasillard. Quand le mucus s’accumule dans les sinus frontaux et maxillaires, le malade est, en outre, tourmenté par un sentiment permanent de pesanteur et de pression audessus de la racine du nez ou dans la profondeur des joues.
En séjournant dans les fosses nasales, comme cela arrive particulièrement dans le sommeil, le muco-pus se dessèche en partie et se prend en croûtes épaisses qui adhèrent aux dépressions et remplissent les sinuosités. Quand elles ne sont pas rejetées ensuite, ces croûtes peuvent se condenser en masses caséeuses et même, dans des cas rares, se pénétrer de sels calcaires et devenir ainsi de véritables concrétions nasales : des rhinolühcs.
Lorsque le flux nasal n’a lieu que dans certaines positions de la
tête, ou lorsqu’il se présente sous la forme d’un jet qui soulage après qu’on s’est mouché, on conclut à une affection des sinus nasaux.
ARTICLE III