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SYMPTOMES DE PARACINÉSIE RESPIRATOIRE

Les mouvements respiratoires sont de nature automatique , mais constamment influencés par la volonté, par les passions et par Faction réflexe.

Chaque cycle respiratoire comprend quatre temps : 1° l'inspiration, 2° la pause inspiratoire, 5° Fexpiration, 4° la pause expiratoire.

Dans Y inspiration la poitrine se dilate et attire l’air dans les poumons à la manière d’un soufflet qu’on ouvre. Ce mouvement est exécuté par le diaphragme et par les muscles qui s’insèrent aux côtes ; les poumons eux-mêmes n’y prennent part que d’une manière passive.

Dans Y expiration, au contraire, ils sont actifs, c’est-à-dire qu’ils expulsent l’air à l’aide de leur contractilité propre, alors que les forces qui les dominaient pendant l’inspiration, cessent d’agir.

Le retour des poumons sur eux-mêmes est facilité et accéléré par la gravitation et par l’élasticité des parois du thorax ainsi que par l’expansion réagissante des viscères abdominaux comprimés et refoulés pendant l’inspiration.

Tout n’est cependant pas abandonné aux forces physiques. Indépendamment des muscles abdominaux qui, en se contractant, poussent les viscères abdominaux contre le diaphragme et abaissent directement les côtes inférieures, il en est d’autres, notamment le triangulaire du sternum, le petit dentelé postérieur et le carré des lombes, qui agissent positivement comme muscles expirateurs. Les uns et les autres jouent un rôle considérable surtout dans les mouvements respiratoires forcés.

La pause inspiratoire existant à peine dans la respiration ordinaire, se prononce davantage dans certaines formes de respiration morbide.

La pause expiratoire, au contraire, ne manque que dans la respira-

lion accélérée; à l’état normal sa durée est d’environ la cinquième partie de celle d’une respiration.

Si l’on compare la durée normale de l’inspiration, y compris sa pause, avec la durée de l’expiration, la pause de celle-ci également comprise, on arrive, selon Vierordt, aux rapports suivants :

10 : 14, quand l’inspiration est lente, et 10 : 24, quand elle est brève.

Hutchinson (1) a mesuré la résistance que les muscles ont à vaincre dans une inspiration profonde ; elle égale, selon lui, un poids de mille livres anglaises.

La force de l’expiration est toujours plus grande que celle de l’inspiration ; elle est de beaucoup supérieure quand le thorax a été rempli préalablement au maximum ; elle est moindre, quand il est relativement vide (2). Toutefois, comme elle dépend principalement de l’élasticité des poumons et des parois thoraciques, elle ne peut servir de mesure chaque fois qu’il s’agit d’apprécier les forces organiques ou vitales employées à la fonction ; il faut, dans ces cas, observer et mesurer les inspirations.

Nous comprendrons dans ce chapitre une série de symptômes qui ont de commun entre eux d etre des modifications, des altérations ou des accidents du mouvement respiratoire. Nous les appelons desparacinèsies, de Trapx, impliquant l'idée d’altération ou de trouble, et KÎvyvu;, mouvement.

ARTICLE PREMIER

DE L’ANHÉLATION.

Le mot anhélation a un sens variable, en médecine aussi bien que dans le langage ordinaire. Pour les uns il signifie embarras ou état laborieux de la respiration, pour d’autres haleine courte, et il en est qui l’appliquent à toute respiration extraordinairement fréquente. Blanchard (3) dit : Anhelalio est respiralio diflicilis, parva sed concitata qui sanis evenit in omni vehementi exercitio , etc.

Il faut cependant préciser. Nous croyons nous conformer au senti-

(1) Article Thorax dans Todd’s Cyclopœdia of Anatomy. Vol IV, p. 1055.

(2) Hutchinson, loc. cil., p. 1061.

(3) Blancardi Lexicon mcdicum. Art. Anhelalio .

ment le plus général en définissant l1 anhélation , Y état haletant , anhelitus , une respiration de forme normale mais de fréquence visiblement augmentée. Elle est à peu près synonyme d'essoufflement, car la respiration s’accélère nécessairement quand le souffle manque, quand on est hors d’haleine.

A l’auscultation on constate que la respiration est puérile, mais complète, sans râles sibilants. L’anhélation correspond donc assez bien à la première espèce d'asthme de Laennec. Elle correspond aussi à ce que Marshall Hall a appelé hyperpnée (panting).

Le mot dyspnée convient mieux que celui d’anhélation pour désigner les cas où la respiration accélérée et courte est en même temps laborieuse, incomplète et à rythme inégal.

L’homme adulte respire 42 à 20 fois par minute, à l’état de santé. On compte une inspiration pour quatre pulsations. Mais il suffit que le malade se sente observé, ou qu’il porte lui-même l’attention sur ses mouvements respiratoires, pour que ceux-ci se succèdent plus rapidement. Puis, la moindre excitation du moral , le moindre exercice du corps, un simple changement de position ont ici de l’influence. On respire plus vite debout qu’assis et plus vite dans la position assise que quand on est couché horizontalement. A part ces circonstances, les enfants ont la respiration plus fréquente que les adultes, les femmes plus que les hommes.

Dans l’état haletant le nombre des inspirations peut s'élever jusqu’à GO par minute. Plus elles sont fréquentes, moins elles sont profondes. C’est une loi applicable à l’état de maladie aussi bien qu’à l’état de santé, applicable même aux cas où la fréquence est déterminée par l’augmentation du besoin d’air. Toute respiration haletante est donc en même temps une respiration courte. La durée des expirations est d’accord avec celle des inspirations et la pause expiratoire finit par devenir nulle.

Quand la respiration est fréquente , les poumons se vident moins bien que quand elle est rare, lente et profonde. Ensuite, plus l’air inspiré reste longtemps en contact avec les courants sanguins, plus il se charge d’acide carbonique. La respiration haletante devient donc promptement insuffisante.

En général la fréquence de la respiration est en raison directe de la vitesse de la circulation et de l’excitabilité du système nerveux , et en raison inverse de la quantité d’oxygène introduite réellement dans les

poumons , de l’étendue de la surface respiratoire et de la profondeur des inspirations.

1° Anhélation 'privative ^

Quand le volume d’air est insuffisant ou ne contient pas la quantité voulue d’oxygène, l’organisme cherche une compensation en multipliant le nombre des inspirations. Cela arrive dans les cas suivants : 1° le rétrécissement des voies aériennes; 2° l’affaiblissement des muscles respiratoires ; 3° un obstacle mécanique à l’expansion pulmonaire créé par l’immobilité des côtes, les déformations du thorax, les épanchements pleurétiques, le pneumo-thorax, les tumeurs médiastines, l’hypertrophie du cœur, l’hydropéricarde, ainsi que la distension de l’abdomen par des gaz, des liquides, des tumeurs ou des viscères hypertrophiés; 4° la raréfaction de l’air, tant celle qui s’accuse par une diminution de la pression barométrique que celle qui résulte de sa saturation hygrométrique. On respire plus vite et l’on est plus tôt essoufflé en été, dans un atmosphère corrompu et quand le sang est échauffé.

2° Anhélation congestive .

Tout ce qui augmente la consommation de l’oxygène dans les capillaires généraux, augmente en même temps le besoin respiratoire. Le sang afflue alors dans les capillaires pulmonaires en plus grande quantité pour se débarrasser de l’acide carbonique, pour se rafraîchir au contact de l’air frais et pour y puiser de nouvelles provisions d’oxygène.

La physiologie enseigne que l’acide carbonique exhalé du sang est l’excitant normal constant des mouvements respiratoires. Ce gaz excite les fibres du nerf pneumogastrique qui enveloppent les alvéoles pulmonaires ; l’excitation est transmise au centre nerveux et réfléchi de là sur les nerfs moteurs.

L’anhélation congestive s’observe à l’état de santé, quand on monte rapidement un escalier ou une montagne, quand on se livre à l’exercice de la danse, quand on fait des efforts quelconques. Il est clair qu’elle sera plus prompte à se déclarer, plus forte et plus lente à se dissiper quand d’autres causes, telles que l’embonpoint général, l’estomac rempli, le volume du ventre, une hypertrophie du cœur, entretiennent une prédisposition particulière.

L’acte d’oxydation étant augmenté dans toutes les maladies aiguës,

l’anhélation dite fébrile , qui est souvent extrême, trouve son explication, selon nous, dans la même cause. Elle n’est de mauvais augure que dans les cas où elle est en disproportion avec le pouls artériel.

Dans la médecine des enfants on se guide mieux d’après la fréquence de la respiration que d’après celle du pouls, surtout lorsqu’il s’agit d’apprécier la présence ou l’intensité de la fièvre.

5° Anhélation douloureuse.

La dilatation inspiratoire du thorax et, par conséquent, l’expansion des poumons sont empêchées parfois par des points de côté pleurétiques ou pleurodyniques, par des douleurs rhumatismales ou névropathiques du thorax, ainsi que par les douleurs de la péritonite. Le malade, dans ces cas, arrête l’inspiration à mi-chemin, volontairement ou instinctivement; il supplée par la fréquence à ce qui manque à l’étendue.

On dit que cette forme d’anhélation prend des proportions excessives dans le rhumatisme et l’inflammation du diaphragme.

4° Anhélation organopathique.

A côté des lésions d’organes thoraciques et abdominaux signalées plus haut, qui opposent des obstacles mécaniques à l’expansion pulmonaire, il en est d’autres qui accélèrent la respiration soit en diminuant l’étendue de la surface respiratoire, soit en retenant le sang dans les poumons. Telles sont les infiltrations, les engouements et les phlegmasies pulmonaires, les dégénérescences tuberculeuses, les obstructions des bronches, les emphysèmes et les sténoses cardiaques.

Il est remarquable que, même dans des maladies aiguës, tout un lobe pulmonaire puisse être mis hors de fonction, sans qu’il s’en suive de l’anhélation aussi longtemps que le malade observe le repos. Dans beaucoup d'états chroniques également le malade ne devient haletant ou essoufflé que quand il se met en marche ou quand il parle.

5° Anhélation asthénique.

L’anémie vraie et l’hydroémie, y compris la chlorose, entretiennent un état haletant remarquable. L’épuisement nerveux ou sanguin , notamment celui qui est amené par des excès vénériens et par la spermatorrhée, agissent dans le même sens. Enfin, la débilité extrême qui précède l’agonie, soit à la fin des fièvres, soit après une lente consomption dans les maladies chroniques, se reconnaît surtout aux inspirations précipitées très-courtes et très-petites.

6° Anhélation toxique.

La plupart des intoxications narcotiques, particulièrement celle par la belladone, l’inébriation alcoolique, et plus encore l’intoxication par la strychnine , rendent la respiration singulièrement haletante. Marshall Hall (1) explique l’action de cette derrière substance par une augmentation de l’irritabilité de la moelle allongée.

7° Anhélation nerveuse.

Certains troubles, directs et réflexes, de l’appareil central du système nerveux respiratoire, mais par-dessus tout les modifications qu’y déterminent les émotions morales, accélèrent à leur tour la respiration et la rendent haletante. Chez les femmes hystériques, ainsi que chez les hommes dits nerveux ou hypochondriaques, le besoin de respirer est parfois excessif, incessant, sans qu’il y ait la moindre lésion ni aux poumons, ni au cœur. Le docteur Elliotson cite une jeune femme nerveuse qui respirait 98 et même 106 fois par minute, pendant que le pouls n’était qu’à 104 (2).

L’anhélation est à peu près ce que ITyde-Salter a appelé asthme subjectif , en y comprenant toutefois aussi la dyspnée provoquée par l’anémie et l’urémie.

ARTICLE IL

DE LA BRADYPNÉE.

Nous appelons bradypnée , de fipccèvç, lent, tardif, et mcy, respiration, le ralentissement morbide de la respiration. Elle comprend les deux états que les anciens pathologistes avaient distingués sous les noms de respiratio larda ou lenta quand le ralentissement concerne les mouvements, et de respiratio rara quand il concerne les pauses.

Pathogênie. — La physiologie expérimentale a démontré que la respiration est ralentie : 1° dans la paralysie du nerf pneumogastrique; 2° dans l’excitation de la moelle allongée; et 3° dans la compression du cerveau.

Quand on pratique sur un animal la section des deux nerfs pneumogastriques, le nombre des respirations descend à l’instant à la moitié, plus lard au tiers et même au quart. Il peut par la suite augmenter de

(1) Aperçu du système spinal , p. 85.

(2) Carpenter, Human physiolugy.ie édit., p. 518.

nouveau , mais sans jamais revenir à l’état normal. Les inspirations sont profondes, traînantes, laborieuses et sibilantes, les expirations très-courtes ; les pauses expiratoires deviennent de plus en plus longues, ce qui revient à dire que les respirations sont à la fois lentes et rares.

Schiff a démontré que le prolongement des inspirations dépend, mais en partie seulement, de la paralysie du larynx, c’est-à-dire du rétrécissement de la glotte qui en est la conséquence. Les pauses se prolongent alors même qu’on a pratiqué la trachéotomie.

La compression du cerveau peut abaisser le nombre des respirations de moitié et plus ; mais ici les inspirations sont rapides et les expirations relativement prolongées, de même que les pauses expiratoires.

1° Bradypnée cérébrale.

Un ralentissement de la respiration se constate même dans le sommeil normal. Wilson Philip (1) l’avait attribué, à tort, à une diminution du besoin de respirer qui aurait lieu , selon lui, dans cet état.

Dans l’assoupissement produit par l’apoplexie et dans tous les autres cas de compression cérébrale et de carus,il prend des proportions considérables. Il précède parfois les convulsions et le délire et s’observe dans les périodes avancées de l’hydrocéphale aigu des enfants. Souvent, dans l’apoplexie et l’hydrocéphale, le rapport entre la circulation et la respiration est détruit; les pulsations deviennent plus fréquentes tandis que les respirations sont ralenties et irrégulières.

F. Hegelmeier (2) a démontré expérimentalement que si une compression modérée du cerveau peut diminuer de moitié le nombre des inspirations, celles-ci s’accélèrent au contraire quand la compression excède certaines limites. Dans le premier cas non-seulement les inspirations sont plus rares, mais en même temps les expirations deviennent plus longues.

2° Bradypnée nerveuse.

La respiration est remarquablement lente et rare chez les mélancoliques ; elle est presque supprimée chez les extatiques et les léthargi-

(1) Philosophiccil Transactions . 1853. Part. Cette opinion a été réfutée par Joh. Müller dans son Archiv für Physiologie. 1834, p, 137.

(2) Voyez Vierordt, Die Athembcwegungen beim IUrndruch. Heilbronn 1859, p. 16.

ques, et pendant quelque temps aussi chez les individus qui sont en proie-à une passion violente, surtout à l’exaltation amoureuse.

La bradypnée est souvent le signe précurseur d’une syncope ou d’une attaque de convulsions. Celle qui accompagne les attaques hystériques est exempte de danger malgré la gravité apparente des autres troubles qui peuvent se joindre à elle.

3° Bradypnée sympathique .

La physiologie expérimentale a démontré qu’une forte excitation mécanique de divers nerfs sensibles a pour effet de ralentir et d'arrêter même entièrement les mouvements respiratoires. C’est le cas quand on agit sur les nerfs auriculaires antérieur ou postérieur, sur l’un des nerfs cervicaux, sur une branche du plexus axillaire ou même sur le nerf sciatique. Mais, de tous les nerfs celui qui agit le plus fortement dans ce sens, plus fortement encore que le pneumogastrique, c’est le nerf laryngé supérieur (i).

4° Bradypnée adynamique .

On connaît le ralentissement de la respiration qui accompagne la syncope et les autres formes de lipothymie.

Dans les lésions des organes respiratoires et circulatoires, le symptôme ne survient qu’à la fin, c’est-à-dire à l’approche de l’agonie; la respiration est alors en même temps troublée dans sa forme et dans son rythme. Dans l’épuisement extrême par des pertes de sang, outre quelle est rare, la respiration est petite au point qu’on voit à peine le thorax se soulever.

b° Bradypnée hèmalosique .

Toutes autres circonstances égales, la fréquence des inspirations dépend toujours de la quantité d’oxygène contenu dans l’air. On respire moins souvent quand les inspirations suffisent davantage aux besoins de l’hématose. Rosenthal, dans ses expériences, a reconnu qu’une trop grande quantité d’oxygène contenue dans l’air inspiré affaiblit et à la fin supprime entièrement les mouvements respiratoires.

(1) Voyez J. Rosenthal, Die Athembcivcgungen und ihre Bczichungcn zum Ncrvus vagus. Berlin 4862, p. 435 ; Budgc, dans Ilenlc et Pfeufcr’s Zeitschrift fur rationette Medicin , 3e série, 4864. T. XXf, p. 289; Valentin, Versuch ciner phrjsiologischen Pathologie der Ncrven. Leipzig et Heidelberg, 4864. T. II, p. 442.

ARTICLE III

DE l’aTAXIOPNÉE .

Nous proposons le nom d’ataxiopne'e, de ar xê-tog, déréglé', et moy j, respiration, pour désigner ensemble les divers désordres existant soit dans le rythme, soit dans la forme de la respiration.

Quant au rythme , il a été dit plus haut qu a l’état normal le temps de l’inspiration est un peu plus court que celui de l’expiration, et que la pause expiratoire occupe à peu près le cinquième de la durée totale de chaque cycle. Pour ce qui regarde la forme, nous ajouterons ici que la respiration normale est celle où les deux côtés de la poitrine se meuvent ensemble d’une façon égale, et où les mouvements inspiratoires et expiratoires sont francs et continus.

Voici les modes principaux de la respiration abnorme :

1° Respiration suspirieuse : l’inspiration est très-prolongée, l’expiration courte ;

2° Respiration saccadée : l’inspiration ou l’expiration se font sous forme de chocs ou secousses ;

3° Respiration entrecoupée (: respiratio intercepta ) : au lieu d’être continues, l’inspiration ou l’expiration sont interrompues une ou deux fois;

4° Respiration intermittente : la pause entre deux inspirations est tellement longue par moments qu’une ou plusieurs inspirations auraient dû avoir lieu pendant sa durée si le rythme était observé ;

b° Respiration oblique ou unilatérale : un côté de la poitrine se soulève seul ou se soulève moins que l’autre ;

6° Respiration inégale : les mouvements, en se succédant, diffèrent entre eux tant en durée qu’en étendue.

Quand ils sont passagers , ces divers troubles n’ont aucune valeur pathologique. Ils peuvent succéder à des pleurs, à des efforts de toux, à des bâillements répétés, ou dépendre soit d’une accumulation ou d’un déplacement des gaz de l’estomac et de l’intestin, soit d’émotions de lame ou d’une contention de l’esprit; du chagrin, de l’étonnement, de l’anxiété, de la frayeur, d’une attention trop longtemps soutenue, d’une fatigue intellectuelle.

Chez beaucoup de personnes, ils sont habituels sans que la santé en souffre, c’est-à-dire sans qu’ils indiquent la présence d’un processus morbide actif. Leur cause, dans ce cas, est tantôt dans des habitudes

nerveuses, tantôt dans des particularités d’organisation. On les constate le plus souvent chez les sujets rachitiques ou contrefaits.

1° Ataxiopnée organopathique.

La bronchite partielle, la pneumonie, "'les épanchements pleurétiques, le pneumothorax, l’obstruction d’un rameau bronchique et la tuberculose circonscrite empêchent la partie dégénérée, comprimée ou interceptée de se dilater; les mouvements sont par conséquent plus énergiques et plus étendus dans les parties restées intactes. C’est ainsi que se produit surtout la respiration oblique ou unilatérale.

Quand l’expiration est constamment et visiblement prolongée, eu égard à l'inspiration, on conclut soit à un obstacle s’opposant à la sortie de l’air, soit à une diminution de l’élasticité des parois thoraciques ou des poumons, comme dans l’emphysème.

2° Ataxiopnée douloureuse.

Quand les inspirations provoquent une douleur, elles sont entrecoupées ou saccadées. C’est le cas dans la pleurésie aiguë, surtout dans la pleurite diaphragmatique, dans l’inflammation du diaphragme même, dans le rhumatisme aigu de la poitrine, dans la fracture des côtes, dans l’hépatite aiguë et dans la péritonite.

3° Ataxiopnée paralytique.

Dans l’atonie ou paralysie incomplète du diaphragme, les inspirations sont très-prolongées, les expirations courtes ; les muscles intercostaux élèvent davantage le thorax, et les muscles abdominaux exécutent un jeu énergique qui, pourtant, n’est pas coordonné avec celui des intercostaux.

Dans la paralysie du grand dentelé , le côté correspondant se soulève moins que l’autre et, à la longue, la poitrine se déforme ets’enfonce. On se rappelle que Stromeyer (1) a basé sur cette paralysie sa théorie de la scoliose paralytique. Pour assurer le diagnostic, on fait comprimer le ventre et l’on force ainsi les muscles du thorax à se contracter plus visiblement.

La paralysie des muscles intercostaux se rattache aux lésions des vertèbres cervicales inférieures (fracture ou spondylarthrocace) dans les cas ou le diaphragme, le grand dentelé, le sterno-mastoïdien et le

(1) Ueber Paralyse der Inspirations- Muskcln, 1856.

trapèze continuent d’agir. L’inspiration est brève et courte, l’expiration est imparfaite, parce qu’alors la paralysie s’étend nécessairement aux muscles abdominaux.

4° Ataxiopnée cérébrale.

La respiration est ralentie, intermittente et inégale, dans l’inflammation et la compression du cerveau, ainsi que dans la suffusion séreuse de l’arachnoïde. Quand elle prend ce même caractère dans le cours de certaines maladies du cœur ou des poumons, cela vient de ce que l’encéphale est lésé secondairement.

5° Ataxiopnée nerveuse.

La respiration est inégale ou entrecoupée pendant le frisson de la fièvre, à l’approche des crises, des convulsions et du délire. Une semblable ataxiopnée persiste souvent après les grandes attaques convulsives.

Dans les attaques hystériques, la respiration est parfois suspendue pendant quelque temps et devient précipitée quand elle reprend ensuite.

6° Ataxiopnée adynamique.

Une respiration inégale, composée d’inspirations très-prolongées et d’expirations courtes, est un signe de la chute des forces et de l’épuisement. Elle constitue donc un signe très-fâcheux dans la période de déclin des maladies aiguës. La respiration intermittente, quand elle survient dans les maladies de poitrine, indique par la même raison un grand danger. Dans l’agonie, les pauses se prolongent de plus en plus jusqu’à ce que la respiration s’arrête entièrement.

ARTICLE IV

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