DU RALEMENT
La respiration est ici accompagnée de gros râles humides qu’on entend à distance. Ces râles constituent une espèce de ronflement humide (slertor Inimidus) et se produisent chaque fois que l’air, entrant ou sortant, doit se frayer un chemin à travers des quantités notables de liquides contenues dans les voies respiratoires.
Le râlement est donc en général le signe :
1° De la réplétion des bronches, de la trachée ou du larynx par du mucus, de la sérosité, des exsudais plastiques, du sang ou du pus;
2° De la suppression de l’expectoration, soit que le malade ne puisse pas tousser, soit que la présence de ces liquides ne lui cause aucune gêne.
Les enfants en bas âge et les idiots râlent souvent par simple négligence ou insensibilité.
1° Râlement organopathique .
Dans le catarrhe bronchique humide, dans la bronchorrhée , dans l'hémorrhagie pulmonaire, ainsi que dans les cas où un abcès s’est ouvert dans les bronches, le râlement est faible et exempt ordinairement d’oppression et de dyspnée.
Dans le croup, au contraire, il est violent et dyspnoïque. Quand il succède au sifflement, on le considère comme un signe plutôt favorable que défavorable.
2° Râlement paralytique .
La sensibilité des bronches est déjà faible à l’état normal. Elle est nulle dans les cas de compression et de paralysie du tronc du nerf pneumogastrique ou de ses rameaux pulmonaires. Le malade fait alors entendre., à distance, des râles humides très-bruyants, sans toutefois en être incommodé.
Tel est aussi le râlement des apoplectiques, des comateux, des hommes ivre-morts et des narcotisés, qui s’accompagne de bradypnée. Tel est enfin le râlement des agonisants qui s’accompagne d’ataxiopnée.
Quand le râlement survient vers la fin des attaques convulsives, épileptiques, éclamptiques, tétaniques, il est de mauvais augure en tant que signe de la paralysie et de l’épuisement.
ARTICLE IV