DU GÉMISSEMENT
Nous faisons abstraction ici du gémissement volontaire et du gémissement passionnel. Celui qui nous occupe a une cause pour ainsi dire mécanique; il est involontaire dans tous les cas. L’expiration est accompagnée d’un son plaintif, monotone.
Selon Beau, le gémissement, la plainte , comme il dit, se rencontre aussi souvent que la toux dans les maladies de la poitrine, surtout chez les enfants; il s’entend à chaque expiration, tandis que la toux ne se montre que par intervalles (I).
(1) Traité à’ auscultation. Paris, 1856, p, 49.
Le gémissement fait, à proprement parler, partie du soupir; il s’observe donc dans les fièvres et en général dans toutes les affections qui produisent cet autre symptôme. Il est particulièrement fréquent, pendant le sommeil, chez ceux qui souffrent de maladies du ventre. Selon toute apparence, il est ici la conséquence d’une douleur que le malade ne ressent que d’une manière confuse.
Dans Y effort ordinaire qu'on fait, soit pour soulever un poids, soit pour pousser à la selle, il y a occlusion de la glotte. L’air est retenu dans les poumons pendant qu’il peut encore passer librement par la bouche et le nez ; mais au moment où la glotte se rouvre, il s’échappe en donnant lieu à un bruit sensible, à une sorte de gémissement.