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SYMPTOMES D'EXPECTORATION

Les voies respiratoires, abstraction faite des qualités de l’air qui les traverse, sont maintenues humides par la sécrétion des glandules mucipares qui garnissent la muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches grosses et moyennes. On sait quelles manquent dans les vésicules pulmonaires et dans les bronchioles dont le calibre est inférieur à 3 ou 4 millimètres.

A l’état parfaitement normal le produit de ces glandes est du mucus pur, sans addition de cellules ou corpuscules quelconques. Sa quantité est très-faible; une partie s’évapore, une autre partie est résorbée, le reste s’étend d’une manière uniforme sur la muqueuse des bronches en s’avançant continuellement vers les canaux supérieurs et le larynx.

Néanmoins, cet état parfaitement normal existe rarement; il y a peu d’hommes qui ne rejettent régulièrement, avec le mucus, des cellules d’épithélium et des globules d’exsudat. Dans les maladies la desquammation de l’épithélium devient encore plus active, ainsi que la production des globules d’exsudat auxquels beaucoup d’observateurs continuent de donner le nom de globules de mucus; il s’y ajoute, à la moindre irritation, des globules de pus et divers éléments naissants des épithéliums. C’est ainsi que se forment les crachats.

La muqueuse du larynx, de la trachée et des bronches est susceptible, en outre, d’une transsudation morbide, d’une espèce de larmoiement. Des quantités plus ou moins grandes de sérosité s’épanchent dans les bronches à la moindre irritation et se mêlent aux crachats proprement dits. Cette sérosité est encore plus abondante dans le catarrhe véritable, dans l’engouement et surtout dans l’œdème pulmonaire. Enfin, dans des circonstances extraordinaires, du sang, du pus, de la

matière tuberculeuse ramollie et meme des fragments de tissu pulmonaire peuvent encombrer les canaux aériens.

Les actes qui servent à vider et à déterger les voies respiratoires portent les noms d’excréation et d’expectoration.

ARTICLE PREiMIER.

DE L’EXCRÉATION.

La muqueuse des voies respiratoires, jusqu’aux dernières bronchioles et alvéoles exclusivement, est tapissée d’un épithélium ciliaire. Les cils se meuvent dans la direction de bas en haut et font avancer constamment, des petites aux grosses bronches et des grosses bronches à la trachée et au larynx où elles s'accumulent, les matières qui peuvent s’y trouver accidentellement, notamment les corpuscules introduits avec l’air : grains de poussière, particules de charbon, sporules, infusoires desséchés. On a pu constater que la vitesse de la propulsion est de trois millimètres environ par cinq minutes de temps (I).

Les efforts expiratoires ordinaires et la contractibilité des petites bronches viennent en aide à ce mouvement, surtout quand les matières à expulser sont quelque peu abondantes.

Ainsi des mucosités s’amassent dans le larynx au bout d’un certain temps; elles viennent s’ajouter à celles qui y sont sécrétées, principalement dans les poches de Morgagni, et rendent la voix rauque ou inégale, en s’opposant aux vibrations des cordes vocales. Elles passent dans le pharynx de deux manières : par une expiration forcée ou par ce qu'on a appelé l’acte de l’excréation. L’une et l’autre sont entièrement volontaires.

Dans le premier cas, la colonne d’air, venant des profondeurs de la poitrine, est poussée rapidement et énergiquement à travers le larynx et la glotte ouverte; elle entraîne les masses de mucus en meme temps que les bords de l’ouverture du larynx aident à les détacher en exécutant des vibrations plus ou moins bruyantes.

Dans le second cas , qui porte plus particulièrement le nom d’excréation (scrcatus , excreatus ), il n’y a pas d’expiration proprement dite ; le tout se passe dans les voies supérieures. L’acte commence par

(1) Voyez Biermer dans Vcrhandlungcn cler Wiirzburger phijsik. mcdicin. Gcsellschaft. T, I, p. 212.

l’occlusion de la glotte et par l’abaissement de l’épiglotte sur l’ouverture du larynx; ensuite l’air contenu dans cette dernière cavité et dans la trachée-artère est poussé brusquement et sous forme explosive dans le pharynx. La glotte s’ouvre forcément, surtout sa portion comprise entre les cartilages, et livre passage aux matières à expulser; l’épiglotte reçoit un choc qui la déplace un peu en arrière sans la redresser; elle aide de cette manière à faire glisser les mucosités sur le bord postérieur du larynx, entre les cartilages aryténoïdes, dans le pharynx. Immédiatement après, la glotte se referme pour quelques instants avant de revenir à l’état de repos (I). Le larynx en totalité est porté en haut, à la distance d’un centimètre environ, sous l’impulsion de la colonne d’air. Le bruit qu’on entend est dû aux vibrations des cordes vocales qui, cependant, ne sont pas tendues activement, et à celles de l’épiglotte et des ligaments ary-épiglottiques.

Quand l’acte d’excréation ne réussit point, soit qu’il y ait de la maladresse ou de la résistance organique, soit que les mucosités soient trop épaisses et collantes, alors il entraîne aisément, à sa suite, de la toux ou des vomituritions.

Une excréation fréquente et bruyante est l’accident ordinaire de l’irritation du larynx, de l’engorgement de l’épiglotte et du catarrhe chronique des voies respiratoires supérieures. Les personnes prédisposées en sont tourmentées après l’ingestion d’aliments échauffants ou secs, ou de substances irritantes quelconques.

Elle est excitée aussi par le chatouillement continuel que font éprouver au pharynx et à l’orifice du larynx, l’hypertrophie de la luette, la tuméfaction des amygdales, la présence de polypes du pharynx ou les polypes du nez quand ils s’étendent dans cette autre cavité.

Les matières rejetées par excréation ne sont pas seulement du mucus ; ce dernier est aussi parfois mélangé de pus et de sang.

ARTICLE II

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