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DE LA PNEUMO-DYSOSMIE

Le mot est dérivé de ni/sv/za, haleine, et àuvoçfju'cc, fétidité. On sait que la fétidité de l’haleine peut avoir sa source dans la bouche, dans

(i) Goeschcn’s Deutsche Klinik; 1861, N° 12.

le pharynx et dans l’estomac. Ici, nous n’aurons à nous occuper que de la fétidité qui s’exhale réellement des bronches.

L’air expiré peut-il prendre le caractère de fétidité en l’absence de toute affection des poumons et indépendamment des crachats? Nous ne le croyons pas. Plusieurs médecins cependant admettent le fait surtout comme accident constitutionnel. Dans notre conviction, il y a toujours décomposition putride soit des produits sécrétés dans les bronches, soit du tissu pulmonaire ou bronchique.

L’haleine fétide est un accident de la bronchite chronique, de la bronchorrhée, de la bronchiectasic, des cavernes et abcès pulmonaires, de la gangrène des poumons.

Traube a signalé spécialement la bronchite putride. Il est à remarquer néanmoins que dans la bronchite chronique ordinaire, les matières sécrétées et exsudées peuvent se décomposer et communiquer une odeur désagréable à l’haleine et aux crachats, quand elles séjournent un certain temps dans les petites bronches.

On sait que jamais le produit morbide n’est évacué entièrement. Une partie est résorbée, une autre est soumise à la métamorphose régressive, et pour peu qu’il y ait stagnation, elle favorise la fermentation putride. Celle-ci a lieu dans les petites bronches qui, dans la bronchite, perdent fréquemment la contractilité sans laquelle ni les efforts expiratoires ordinaires, ni les accès de toux ne parviennent à déplacer les matières qui s’y amassent. L’épithélium ciliaire ne saurait y être en jeu, puisqu’il est naturellement absent dans les extrémités des bronches, et qu’il est détruit par l’inflammation dans les points où il existe normalement.

La fétidité est constante dans les cavernes bronchiectasiques ; elle est plus rare dans les cavernes tuberculeuses et dans les abcès du poumon. Dans la bronchiectasie diffuse , les crachats deviennent également fétides, parce que, ainsi que nous venons de le rappeler, la toux n’a que peu d’influence sur le dégorgement des petites bronches ; il y a stagnation et putréfaction. La paralysie des muscles bronchiques est à ce point essentielle à la dilatation des petites bronches, qu’avec plusieurs pathologistes nous sommes portés à la considérer comme la véritable cause de la lésion.

Dans la gangrène des poumons , les crachats sont verdâtres, noirâtres, grisâtres, liquides, sanguinolents et répandent, ainsi que l’haleine, une odeur de cadavre, empestant l’air autour du malade.

Laycock, dans un mémoire sur la bronchite fétide (1), admet trois espèces de mauvaises haleines : 1° l’odeur fécale; 2° l’odeur de la punaisie (ozène); 3° l’odeur gangréneuse. 11 rapporte que Gregory a constaté dans i’haleine fétide la présence de la méthylamine, de l’acide butyrique et de l’acide acétique. Selon Bamberger, l’odeur est due à un mélange d’acide butyrique, d’acide acétique, d’acide formique, d’ammoniaque et d’hydrogène sulfuré.

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