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DE LA TOUX

La toux ( tussis , /lyj'f) est une secousse expiratoire convulsive, violente, bruyante, par laquelle l’air contenu dans les poumons est brusquement et fortement comprimé et chassé à travers la glotte rétrécie. Elle a pour effet d’expulser des voies aériennes le mucus et d’autres matières qui peuvent s’y trouver accidentellement.

Mécanisme. — La toux est rarement bornée à une seule secousse expiratoire; deux, trois, cinq ou six coups se succèdent et constituent ce qu’on appelle un accès. Chaque accès est précédé d’un sentiment de besoin, d’un chatouillement ou d’une sensation de chaleur ou de douleur dans un point quelconque des voies aériennes.

(i) Lehrbuch dcr speciellen Pathologie und Thérapie ,6e édition. Berlin, 1865, I, p. 150.

Le mouvement débute par une inspiration rapide, mais profonde, à laide de laquelle les poumons attirent le volume d’air qui est nécessaire. Les muscles abdominaux se contractent ensuite violemment et communiquent aux viscères une pression énorme qui se transmet au diaphragme et aux poumons. Les autres muscles expirateurs ne concourent à l’acte que comme auxiliaires.

Au moment meme où l’expiration commence, la glotte se resserre. L’air des poumons est ainsi fortement comprimé et tend à dilater les parois élastiques des voies aériennes qui lui opposent une contre-pression égale. Il fait donc explosion à travers la glotte, en chassant devant lui tout ce qui se trouve sur son passage.

Merckel (1) a étudié, à l’aide du laryngoscope, ce qui se passe dans la glotte et dans le pharynx. Il distingue deux temps :

Pendant le premier temps, où la glotte est fermée, le pharynx est rétréci par le rapprochement des piliers postérieurs; l’épiglotte est abaissée, quoique moins que dans l’acte d’excréation; les cordes vocales ne sont pas tendues au delà de la moyenne ; la trachée est dilatée.

Pendant le second temps la glotte s'ouvre brusquement sous l’explosion de l’air, l’épiglotte est soulevée, le pharynx dilaté; les cordes vocales sont tendues d’une manière passive par la colonne d’air, sans que leurs muscles se contractent; la trachée-artère revient sur ellemême.

Le larynx, en totalité, est soulevé de un à deux centimètres, par la colonne d’air qui s’échappe par la glotte ; immédiatement après, il revient à son niveau habituel. La luette ne se contracte pas dans la toux.

Son de la toux. — Il se forme dans l’ouverture glottique. Il est ronflant et tremblant dans l’état ordinaire de cette ouverture ; il devient métallique et sifflant quand les cordes vocales sont tendues, et grave lorsqu’elles sont extraordinairement relâchées.

Le timbre éprouve cependant encore des modifications au passage du son à travers les cavités pharyngienne, nasale et buccale, ainsi que par les vibrations de la luette et du voile du palais, lesquels organes sont poussés en avant dans toute expiration forcée. C’est ainsi que le coryza et l’angine tonsillaire rendent le son de la toux plus sourd ou voilé.

(1) Loc. cit., p. 68.

La toux est, à proprement parler, éteinte, aphone ou inarticulée lorsque les cordes vocales sont devenues incapables de tension, ce qui arrive dans la laryngite chronique, dans l’œdème de la glotte, le croup , la laryngite ulcéreuse (phthisie laryngée) et dans certaines névroses. Il existe alors tout au plus un sifflement expiratoire suivi parfois d’une inspiration sibilante.

Variétés et degrés. — La véhémence de la toux dépend d’une part de l’intensité de la cause, et, d’autre part, de l’excitabilité du malade. Sa fréquence est déterminée par la persistance de la cause.

On distingue la toux pleine, la toux laryngée, la toux quinteuse et la toux superficielle :

I. La toux pleine, bronchique ou pulmonaire est celle dont nous venons de décrire le mécanisme. Elle sort des profondeurs de la poitrine et donne un son grave ou creux.

IL La toux laryngée est aiguë, stridente, accompagnée d’un chatouillement ou d’une douleur à la gorge; l’inspiration est souvent sifflante ;

III. La toux quinteuse forme des accès composés, des quintes . Une série plus ou moins longue d’accès simples, fatigants et bruyants est suivie d’un temps de repos plus ou moins long.

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