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SYMPTOMES DE DÉTRESSE RESPIRATOIRE

Par la respiration le sang est mis en contact avec l’air atmosphérique, dans le triple but :

1° D’être rafraîchi continuellement, ou maintenu à une température normale;

2° D’être débarrassé de l’excédant d’acide carbonique qu’il contient après avoir servi aux fonctions ;

3° De prendre l’oxygène nécessaire à l’hématose et à l’entretien de l’activité nerveuse et musculaire.

La nature a placé cette fonction, comme celle de la nutrition, sous l’empire d’un instinct ou d’un sentiment de besoin dont la satisfaction fait plaisir, tandis que sa non-satisfaction crée promptement de la gêne et même de l’angoisse. C’est ce sentiment qui détermine le nombre et la profondeur des inspirations, avec une telle régularité qu’il se mesure exactement à ces dernières.

Il réside dans les rameaux pulmonaires du nerf pneumogastrique (I) et non dans les muscles respiratoires, qui, loin de là, ont même la propriété remarquable de ne se fatiguer jamais, ou, pour parler plus .exactement, de ne donner lieu au sentiment de lassitude que quand on accélère la respiration volontairement, c’est-à-dire au delà du besoin.

De même qu’à propos de l’instinct alimentaire, nous avons eu à distinguer la faim réelle ou légitime d’avec la fausse faim ou faim morbide , de même nous devons établir ici une différence entre le sentiment qui répond à un besoin réel et celui qui

(t) Volkman (Miiller’s Archiv f. Physiol.j 1841, p. 354), il est vrai, a combattu l’opinion de Brachet. Nous nous permettrons cependant de douter encore que ses expériences soient suffisamment probantes.

est purement subjectif. Ce dernier dépend d’une hyperesthésie des nerfs correspondants et peut exister alors meme que la respiration est pleinement suffisante. D’un autre côté, une anesthésie des nerfs pulmonaires peut faire passer inaperçu un grand besoin respiratoire réel, ltomberg (I) cite l’exemple remarquable d’un malade qui succombait à l’asphyxie sans éprouver la moindre soif d’air. Le narcotisme et le coma fournissent d’ailleurs des preuves banales de cette anesthésie.

Le besoin réel est augmenté par tout ce qui active l’oxydation dans le sang et les tissus ou, en d’autres termes, la consommation de l’oxygène et la production de l’acide carbonique; donc spécialement parle travail musculaire, par l’excitation nerveuse et par la fièvre. Il est diminué par les causes contraires, et réduit au minimum dans la syncope, la léthargie et l’apnéosphyxie ou mort apparente.

En général, le besoin respiratoire est plus grand chez le sexe masculin que chez l’autre, ce qui fait que les hommes s’asphyxient plus vite que les femmes (2). Il est très-faible chez l’enfant nouveau-né.

Quand le besoin respiratoire, réel ou subjectif, n’est pas satisfait, il donne lieu à ce que nous appelons la détresse respiratoire .

C’est d’abord une véritable soif d’air, un sentiment pénible et progressif, se répandant dans toute la poitrine ; c’est de l’oppression et de l’anxiété; c’est, à la fin, un sentiment d’étouffement ou de suffocation. Les muscles inspirateurs travaillent avec énergie, la respiration devient laborieuse et le sentiment de l’insuffisance, au lieu de diminuer, augmente avec les efforts musculaires.

La détresse respiratoire procède donc, selon les circonstances : 1° de l’air, 2° du sang, 5° de la surface respiratoire, 4° des nerfs.

L’air l’amène par sa corruption, par son insuffisance ou par des obstacles qui s’opposent à la ventilation pulmonaire, tels qu’un défaut de mobilité du thorax, un spasme des bronches ou du larynx, etc.

Le sang la crée quand il arrive en trop grande abondance aux poumons, quand il ne suffit plus aux actes chimiques qui se passent, dans les muscles, enfin, quand il est trop pauvre en globules.

La surface respiratoire est diminuée dans l’emphysème et dans la

(1) Ncrvcnhrankheitcn , t. I, p. 231.

(2) Klose ( Gcrichllichc Physiologie , p. 390) cite le cas d’une salle d’ccole qui s’était remplie de vapeurs de charbon ; les garçons étaient asphyxiés tandis que les filles avaient conservé l’usage do leurs sens. Voyez Stark Allgcmeine Pathologie , p. 1285.

plupart (les autres maladies pulmonaires, ainsi que dans celles de la plèvre et du cœur.

Les nerfs , nous l’avons dit, sont sujets parfois à des anomalies qui créent une détresse subjective, alors meme que l’échange des gaz continue d’avoir lieu comme à l’ordinaire.

ARTICLE PREMIER

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