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tion grave et même morteile, lorsqu'elle réalise des désordres trop étendus pour un âge où lorganisme n’a plus que des moyens de suppléance très limités.
Ce premier point étant acquis — l’origine ancienne des lésions — reste à se demander si la tuberculose sénile n’est que la continuation banale, la suite sans originalité de la tuberculose de l’adulte ou les circonstances de ses accidents, de son activité, de son évolution ont quelque chose de particulier qui la place vraiment dans un chapitre à part de la pathologie des vieillards.
Peut-on, passée la cinquantaine, retrouver les causes ordinaires des poussées évolutives de la tuberculose ?
À cet âge, les contaminations externes, qui n’ont guère d’importance que chez les sujets jeunes, ont peu de chance de jouer un rôle important.
La fatigue, le surmenage, les émotions semblaient jadis jouer un rôle modeste. Mais les conditions de la vie d’après guerre sont différentes.
De cinquante à soixante ans, c’est dans les professions libérales, dans les classes aisées, l’âge de la grande activité professionnelle, généralement refusée aux jeunes gens, l’âge des « jeunes » de la politique, de l’armée et de bien d’autres carrières.
Dans d’autres classes sociales, bien des vieilles gens, dépouillés par les fluctuations financières des dernières années, sont astreints à de dures privations, et
de tous les facteurs qui favorisent la tuberculose la
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restriction alimentaire apparaît bien comme le plus constant.
La soixantaine, c’est encore l’âge des grands soucis familiaux et des dernières émotions amoureuses, les plus profondes.
Aussi n'est-il pas une des grandes circonstances favorisantes de l’évolution tuberculeuse —— surmenage, alimentation insuffisante, facteurs moraux, dont on ne saurait méconnaître la haute importance — qui ne soit fréquente à ces confins de la vieillesse, où se marque une recrudescence de la tuberculose pulmonaire : de cinquante à soixante-cinq ans.
Et si la tuberculose évolutive devient bien moins fréquente après soixante-cinq ans, n’est-ce pas parce que fous ces facteurs d'énergie disparaissent alors ? Quelle que soit sa condition sociale, l’homme doit restreindre son activité.
Dans les hospices de vieillards, les travaux d’ETIEN- NE, de COMBES, de GEisr, de MOURETON font ressortir le contraste entre la fréquence et l’importance des lésions constatées à l’autopsie et la rareté des accidents évolutifs.
Et pourtant la contagion nosocomiale pourrait être mise en cause si le rôle des facteurs externes n’était pas très réduit chez le vieillard.
Aussi peut-on facilement expliquer la recrudescence des évolutions tuberculeuses vers la cinquantaine et leur nombre moindre après soixante-cinq ans, par des facteurs comparables à ceux qui entrent en
jeu chez l’adulte.
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Certains auteurs pourtant, comme BURNAND, a la suite de SAYÉ, invoquent une explication spéciale : la notion de crise physiologique de la cinquantaine, anergisante dans les deux sexes, responsable de poussées cachectisantes, très comparables à celles que déclanchent la puberté, la menstruation, l’accouchement.
Dans la tuberculose des vieillards interviendrait une notion de « retour d’âge », d’involution sénile. Et, de fait, les poussées évolutives de la ménopause sont bien connues chez ia femme. Chez l’homme, vers 45, 50 ans, semble se produire un état analogue, caractérisé non pas par des phénomènes évidents dans la sphère génitale, mais par un certain déclin et en particulier par lapparition possible des maladies de la sénescence : diabète, artériosclérose, néoplasmes.
Est-il nécessaire de faire appel à cette hypothèse d’une anergie due à des transformations endocriniennes latentes ?
Nous avons vu que d’autres facteurs suffisent à expliquer la tuberculose sénile. Il est possible que cette « invoiution » joue un rôle, mais on ne peut s’empêcher pourtant de noter ce fait curieux, relevé par LUMIÈRE, JULLIEN et WIGNOLLE : alors que la ménopause féminine est beaucoup plus évidente, importante, que ce qu’on peut appeler la ménopause masculine, la tuberculose est beaucoup plus fréquente dans le sexe masculin à la cinquantaine ; à l’âge de 25 ans, hommes et femmes payent le même tribut à la maladie.