TROUBLES DE L’INTELLIGENCE
Comme nous l’avons dit plus haut, dans la majorité des cas, les troubles de l’intelligence se développent à la suite des troubles de la sensibilité morale. Cependant, il est hors de doute qu’ils peuvent se présenter primitivement, sans qu’on ait remarqué antérieurement aucun état morbide du sentiment; bien plus, les désordres de la sensibilité morale peuvent venir les compliquer consécutivement, et revêtir, d’après la nature des idées délirantes un caractère triste ou gai, déprimé ou excité. A en juger d’après les symptômes apparents, cette association des désordres de l’intelligence et de la .sensibilité morale, présente, dans son développement, beaucoup d’analogie avec la réunion des désordres de la sensibilité morale et de l’intelligence dont nous avons parlé dans le chapitre précédent; il y a cependant entre eux une différence très-réelle, surtout sous le rapport du pronostic et du traitement, car les premiers cas ont un pronostic beaucoup plus favorable que l’affection dont il est question ici.
Nous pouvions donc, ici aussi, distinguer deux espèces de troubles de l’intelligence qui, dans leur développement complet caractérisent le délire triste et gai ( Irrsinn ). Nous ne traiterons pas séparément ces deux divisions; nous nous contenterons de les réunir dans une description commune.
Parmi les troubles primitifs de l’in telligence, il faut ranger, à part l’aliénation mentale proprement dite, cette faiblesse cl cette abolition graduelles de toutes les facultés de 1 esprit, qui peuvent se convertir en affaiblissement des lacultés intellectuelles et en démence (Blodsinn).
Nous commencerons par les idées erronées.