CHAPITRE II
ÉTIOLOGIE ET SYMPTOMES
La sinusite sphénoïdale peut se rencontrer seule, mais le plus souvent elle est associée à la sinusite ethmoïdale postérieure, quelquefois aussi aux polysinusites. :
L'infection peut être de causes locale ou générale, Nous les résumerons rapidement.
Causes locales. — L’infection peut être due à la pénétration de corps étrangers dans le sinus (Vilhelm et Jacques de Nancy) ou à desirrigations nasales mal aites,les moindres effractions de la muqueuse étant une cause d'infection.
Le Coryza présente à lui seul la cause essentielle de l'infection sinusienne, toutes les cavités nasales participant à l'infection de la pituitaire.
1° L’Ozène présente également une cause très fréquente de l'infection sinusienne ; tons les rhinologisles considèrent l’odeur ozéneuse comme sy mptomatique de lésions sinusiennes.
L'Amygdalile est une source d'infection par la voie des veines ptérigoïdiennes.
Pas 2 u
Le furoncle de la lèvre est une voie d'infection directe par les veines angulaires.
Causes générales. -— Toutes les maladies infectieuses peuvent être une cause de sinusite, mais Ja grippe par la rhinopharinite intense qu'elle détermine est certainement la cause la plus fréquente de sinusite.
Nous pouvons ensuile noter par ordre de fréquence la diphtérie, l’érisipèle, la scarlatine, la pneumonie el la fièvre typhoïde et la syphilis (Morax).
Toutes ses causes sont secondaires ; la rétention du pus comme partout ailleurs dans l'organisme, quelle que soit la manière dont elle se produise, que ce soit l’hypertrophie de la muqueuse, la présence de polypes ou d’une tumeur qui oblitère l’ostium sphénoïdal comme dans un cas de Morax, amène les accidents foudroyants et comme il est facile de le concevoir dans ce cas, la rhinoscopie donne le plus souvent des résultats négatifs.
Les symptômes oculaires constituent donc le plus souvent les premierssignes de l’infection sphénoïdale.
La sinusite sphénoïdale dans les cas aigus est caractérisée par la céphalée tenace siégeant au vertex et dans la région de la nuque. Larmoÿez et Moure ont attribué à ce symptôme une grosse valeur clinique. On voit en même temps apparaître des douleurs rétro-oculaires souvent exagérées par la
pression et les mouvements du globe.
ps 18 — .
La température est quelquefois élevée et l’état général grave.
La pituitaire est congestionnée, le cornet moyen également, obstruant ainsi la fente olfactive dont la muqueuse est souvent douloureuse à la pression. On trouve quelquefois du pus dans le nasopharynx, mais ces formes sont en général rares et dans la pratique on a le plus souvent affaire à de vieilles infections réchauffées.
Dans les cas anciens et chroniques c’est encore la céphalée profonde localisée à la nuque qui attire l'attention, il y a souvent des névralgies tenaces dans la sphère du trijumeau ; ces douleurs dues à la rétention du pus dans le sinus sont souvent soulagées par le cathétérisme.
La présence du pus liquide est relativement rare, ce que l’on trouve le plus souvent c’est du pus dessé-. ché que le malade expulse le matin sous forme de croûtes. L’haleine est souvent fétide et l’état général mauvais.
Dans les vieux empyèmes l'infection est très atténuée, l’examen rhinoscopique est plus souvent néga-
tif et ce n’est que par des troubles oculaires que se manifeste l'infection.