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CHAPITRE IV

Renaissance des syndicats avant la loi de 1884.

Malgré les obstacles à l'expansion de l'idée syndicale, les rapports des délégués de Lyon et de Paris, à l'Exposition universelle de Londres, en 1862, montrent assez à quel point le spectacle des Trade-Unions avait frappé les ouvriers français. Ils n'osaient cependant prendre encore un titre, qui les eût désignés aux rigueurs du gouvernement.

Mais, sous leurs statuts de sociétés de crédit mutuel et de solidarité, perçait nettement l'idée syndicale *.

1. Voici quelques extraits des statuts revisés en 1864, de la Société du crédit mutuel et de solidarité des ouvriers du bronze:

Préambule : Les ouvriers de l'industrie du bronze, résolus à résister, par tous les moyens que leur donne la loi, contre Favilissement toujours croissant des salaires, et décidés à maintenir la limite de dix heures de travail, au plus, afin de donner plus de temps à leur famille et à la culture de leur intelligence, ont décidé de fonder une Société dans le but de soutenir ces conditions.

Art. 16. — Les sociétaires quitteront l'atelier dans les cas suivants : i® Lorsque le patron voudrait ramener la journée à plus de dix heures; 2** Chaque fois que Ton diminuera le salaire d'un homme à la journée, qui travaillera depuis deux mois au moins

En 1867, les ouvriers cordonniers sont les premiers à donner le nom de Chambre syndicale à leur association professionnelle.

Cette même année, une commission d'encouragement, pour les études des ouvriers de l'Exposition universelle fut nommée et fixa le nombre des ouvriers, délégués par chaque profession. — - 316 délégués furent nommés, par 112 professions. Ils formèrent une Commission ouvrière^ qui se réunissait dans un local scolaire du passage Raoul, mis à sa disposition par le maire du XI® arrondissement. Le but de cette commission était de mettre de l'unité dans les divers rapports qu'elle devait présenter. Mais ces rapports étaient depuis longtemps déposés, que la Commission ouvrière se réunissait encore. — Les séances ne prirent fin qu'au 14 juillet 1869.

Une délégation de cette Commission avait été reçue, le 19 janvier 1868, par le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, M. Forcade de la Roquette, et lui avait soumis les vœux de la classe ouvrière, pour l'organisation des chambres syndicales, ainsi que pour les modifications réclamées dans le mode d'élection des Conseils de prud'hommes, pour la suppression des livrets et l'abrogation de l'article 1781 du Code civil *.

dans Tatelier et, qu'en outre, la majorité de cet atelier affirmera qu'il vaut cette journée.

Art. 16. — L'indemnité accordée dans les cas prévus par le règlement, est fixée à 3 fr. 30 par jour de travail, soit à 20 francs par semaine.

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