VI INTRODUCTION
ne connaît que le contre maître, de même que le soldat ne connaît que le sous-offîcîer. Le contremaître, ancien ouvrier, fait du zèle ; il est souvent plus dur que ne le serait le patron. L'ouvrier doit être bien avec le contremaître, sous peine de voir les rapports les plus défavorables s'accumuler contre lui.
Sous le régime de l'ancien atelier, chaque ouvrier vivait de la même vie, exécutait le même travail que son patron. Il pouvait espérer devenir patron. S'il trouvait que son patron s'enrichissait de son travail, il n'osait protester, il trouvait cela presque légitime, parce qu'il avait l'espérance de faire de même un jour. Les jeunes payaient ainsi une sorte de prime à ceux qui avaient vieilli dans le métier. La situation d'ouvrier était la continuation du rôle d'apprenti et la préparation au rôle de patron.
Aujourd'hui le patron est le plus souvent un homme qui n'a jamais travaillé dans le métier, qui ne le connaît que d'une façon technique.
Il y a eu encore modification en ce qui concerne le contrat de travail. Les ouvriers aujourd'hui sont payés par catégorie et chaque catégorie a le même salaire, alors qu'autrefois le patron, connaissant ses ouvriers, savait qu'un tel était meilleur ouvrier que tel autre et le payait davantage.
On voit donc la nécessité qui incombe aux ouvriers de défendre aujourd'hui leurs intérêts collectivement.