INTRODUCTION VII
Les intérêts des ouvriers ont été défendus par eux de deux façons :
Par la grève, qui est la guerre ;
Par l'association syndicale, qui est la paix armée.
La grève est le premier moyen employé pour peser sur la volonté du patron. « Sans doute, disaient les ouvriers, nous ne pouvons rien sans vos machines, et ces machines nous ne pouvons nous les procurer, à cause de leur prix d'achat. Mais que pouvez-vous sans nos bras? » Et ils refusèrent leurs bras, les machines s'arrêtèrent, et les patrons, pour les remettre en marche, durent souvent passer par les exigences des ouvriers.
La grève est diversement appréciée, et ce n'est pas nous qui recommanderons ce procédé brutal de discussion, dont l'ouvrier est le premier à souffrir. Le patron peut souvent attendre, il perd de l'argent pendant que ses machines ne fonctionnent pas, mais le capital qu'il possède lui permet d'attendre. Car pouvoir attendre, tout est là! C'est celui qui cédera le premier qui sera le vaincu de cette bataille. Et c'est l'ouvrier qui cède souvent, il n'a pas de capital, il vit au jour le jour de ce que lui rapporte son travail, et ce qu'il gagne suffit à l'entretenir, mais ne lui permet guère l'économie. Il faut cependant remarquer ici que