Congrès de Marseille
La question fut reprise au congrès de Marseille et grâce aux rapports de M. Ernest Roche et de M. Isidore Finance, discutée beaucoup plus largement.
Un délégué des tailleurs de Lyon porta la discussion sur le terrain mutualiste et vanta les résultats obtenus par une société de retraites pour les vieillards, qui avait 81 000 francs en caisse. A quoi attribuer ce magnifique résultat? A ce que les intérêts sont < alléchés > répondait Torateur. Et il concluait que les chambres syndicales devaient « allécher » les intérêts et prévenir les grèves, au lieu de les encourager. Le capital pourrait alors servir à créer des bureaux de placement et des écoles professionnelles.
« Les 'syndicats, disait un cocher de Paris, doivent affirmer le droit de tous à la vie, faire disparaître l'idée de patrie qui n'aboutit qu'à la guerre perpétuelle, faire la ligue de tous les peuples contre tous les rois. »
— « Je suis révolutionnaire, s'écriait M. Ernest Roche. Or, deux partis gouvernent le monde, deux, rien que deux. D'un côté ceux qui jouissent de l'ordre de choses établi : moines de toutes robes, politiciens de toutes couleurs, richards de toutes encolures. Ceux-là, quand bien même ils prendraient la blouse de l'ouvrier pour vous tromper, ceux-là sont des conservateurs. La société, telle qu'elle est faite, leur va.
ration conlenant ses statuts, ainsi que le nombre de ses membres.
Cette déclaration devra être renouvelée le premier mois de chaque année.
Art. 6. — A défaut de déclaration, ou au cas de déclaration tardive, le syndicat sera passible d'une amende qui pourra varier de 16 à 50 francs.
« Il y a de l'autre côté, ceux qui souffrent de l'oppression, n'importe sous quelle forme elle se présente : qu'elle vienne de l'autorité, de l'église ou du capital. Eh bien, ceux qui souffrent, ceux qui travaillent tout le jour et qui n'ont quelquefois pas de pain pour le soir, ceux dont la vieillesse est condamnée d'avance au désespoir et à la misère infernale, ceux qui, par tous les moyens possibles légaux ou non, veulent faire cesser cet état de choses si douloureux, qu'il en est qui lui préfèrent la mort même, ceux-là sont des révolutionnaires.
« De cet exposé de principe, il résulte :
€ l® Que le travailleur n'a rien à attendre de la part de ceux qui ont intérêt à lui refuser tout, et qu'il est illogique, immoral, contre-révolutionnaire, stupide, de demander à l'autorité quelque chose et que, par conséquent, les chambres syndicales, si elles proposent sérieusement l'émancipation du travailleur, doivent être d'avance résolues à n'être point autorisées par la loi; parce que, si elles l'étaient, ce serait à des conditions entendues ou sous-entendues, hypocrites, je le sais, recouvertes d'une couche de vernis moelleux, comme l'opportunisme sait en préparer; mais à des conditions cent fois plus désastreuses que leur anéantissement même.
€ 2° Que la question d'affranchissement intéressé l'immense armée des ouvriers. Les chambres syndicales n'en possédant qu'un très petit nombre, ne doivent pas, vis-à-vis de ceux qui ne sont pas dans son sein, faire acte d'autorité ou de scission, mais simplement être le groupe propagateur, le stimulant de la masse, les sanctuaires d'où les questions sociales élaborées rayonnent partout, dans les couches les plus profondes.
« Les chambres syndicales n'existent que de nom. Un
souffle de Tautorité peut les détruire, si cette situation précaire, au lieu de les rendre énergiques et fortes, les fait marcher timidement, sans initiative, tremblant d'être à chaque instant compromises, n'osant se montrer en aucune circonstance, de peur d'éveiller les colères de la préfecture. C'est précisément ce que les bourgeois demandent. Tant que vous courberez la tête sous leurs menaces, tant que, sous le prétexte d'une légalité scrupuleuse, vous serez respectueux et dociles, ils ne ménageront rien pour vous intimider davantage, et ils se montreront d'autant plus arrogants, d'autant plus autoritaires, d'autant plus vos maîtres, que vous serez rampants et soumis. Aussi grâce à cette inaction, grâce à cette indifférence affectée pour la politique, qui est le nerf de tout le reste, nous voyons tous les jours les chambres syndicales diminuer en nombre et en influence.
€ Les hommes actifs, débordés par les trembleurs, s'en éloignent, les caisses se vident, et, petit à petit, on arrive à n'être que 20 ou 30 dans une corporation composée de 2 ou 3 000 ouvriers, alors que l'on a quelquefois commencé, pleins de projets nouveaux et d'enthousiasme, au nombre de 500 ou de 1 000. Ce n'est pas une mort glorieuse, c'est un suicide honteux.
« Il y a une autre cause. C'est l'indifférence du prolétaire, son insouciance impie pour ce qui l'intéresse le plus au monde.
« Puis c'est la femme, qui dit en minaudant à son mari :
« Que vas-tu faire à cette société? Tu ferais bien « mieux de rester avec moi. Et puis l'argent que tu vas « donner, si peu que ce soit, fait faute à notre ménage. € Dis-moi, en vérité, à quoi cela t'avance-t-il? A rien du « tout. Tu travailles, n'est-ce pas? Tu es dans un bon « atelier; que ceux qui n'ont pas d'ouvrage fassent
< comme toi * au lieu de s'occuper de politique, qu'ils € s'en procurent. — Ah ! certes, quand tu manquais de
< travail, personne n'est venu voir si tu avais besoin € d'argent; nous aurions bien pu mourir de faim, sans « que nul s'en fût inquiété. Fais comme moi, crois-moi, € ne nous occupons que de nos affaires ! »
€ Les récriminations finies, l'ouvrier, plus faible qu'un enfant répond : « Ma foi, je crois que tu as raison.
< Qu'ils aillent se promener avec leurs chambres syndic cales! »
c Voici la vérité prise sur nature ! Eh ! ne nous plaignons pas d'être dans la misère, on serait en droit de nous dire : c Qu'avez-vous fait pour en sortir? »
€ Que seriez-vous, si vos pères avaient parlé ainsi, si, au lieu d'affronter mille dangers pour conquérir nos libertés civiles, les grands citoyens de 93 avaient répondu à leurs femmes : < Qu'ils aillent se promener € avec leurs réformes ! »
€ Où nous en serions? Après une journée de travail, exténués de fatigue, il nous faudrait aller passer la nuit, frapper tout le long d'un étang avec des bâtons, pour empêcher les grenouilles de troubler le repos du seigneur.
€ Les chambres syndicales, conclut M. Ernest Roche, n'ont qu'un rôle à jouer : être le foyer de l'idée révolutionnaire.
€ On ameutera contre vous la bande policière, tant mieux! Soyez résolus à soutenir tous les assauts; n'y allez pas si vous avez peur, et, si vous y allez, acceptez d'être l'avant-garde.
« Vous étiez l'Internationale hier; on vous a détruits; mais l'idée a marché. Vous êtes chambres syndicales aujourd'hui, on vous détruira encore, mais l'idée marchera toujours, faisant de nouveaux apôtres, recrutant
de nouveaux soldats. Vous serez cercles, demain sociétés anonymes, sous la protection de la formation d'un journal, n'importe, vous reparaîtrez toujours pour la lutte. On tue des hommes, on n'écrase pas une idée.
« Ou bien, les chambres syndicales seront révolutionnaires, fédérées, arborant par toute la France le même drapeau, propageant la même idée, visant le même but. Et alors elles seront efficaces à la cause du peuple, même par leur mort.
c Ou bien, elles mendieront à l'autorité la permission de vivre, se réfugiant dans un sentimentalisme bourgeois qui préconise l'aumône et le secours, à la place du droit et de la justice, et elles seront un instrument de servitude, au lieu d'être une arme d'affranchissement; dans ce cas, elles s'étioleront, misérables, inaperçues, méprisées et méprisables. »
A cet appel à la révolution, à cette attaque violente contre toute législation, M. Isidore Finance répliquait par une éloquente démonstration de la nécessité qui s'imposait d'accepter une législation protectrice.
« Les chambres syndicales, disait- il, se fondent, végètent, tombent, se relèvent, brillent d'un éclat passager et retombent : c'est un fait qui s'est assez souvent répété pour être connu de tout le monde et assez grave pour qu'on en recherche les causes exactes.
c I. Appel aux intérêts et déceptions. — Généralement on a conclu que la chambre syndicale n'offrait pas assez d'avantages immédiatement réalisables et qu'elle ne faisait pas suffisamment miroiter, aux yeux des adhérents, tout ce que l'avenir de l'association pouvait leur procurer. Partant de là, on est entré dans la voie la
plus funeste qui puisse exister, à mon avis, pour le succès des associations ouvrières.
c On a dit que l'intérêt social n'était que la résultante des intérêts individuels et que c'était à ces intérêts individuels qu'il fallait s'adresser pour attirer un grand nombre d'adhérents.
« Pour allécher les intérêts, la chambre syndicale fait alors flèche de tout bois : tour à tour ou à la fois, bureau de placement, société de secours mutuels, caisse de prévoyance et de crédit, caisse de retraites, enfin association coopérative de production, rien n'y fait. Ce dernier moyen est le plus ordinairement employé par les chambres syndicales en détresse. Si les adhérents ne paient plus, disent les administrateurs, c'est que nous ne leur offrons pas un appât suffisant; proposons-leur de se transformer en entrepreneurs, c'est tout ce qu'ils peuvent espérer de plus complet comme émancipation, et ils ne manqueront pas d'accourir. — Erreur! Les adhérents paient moins que jamais, et il ne reste, pour faire l'essai, que les auteurs de la proposition. C'est ainsi que, plus d'une fois, nous avons vu une chambre syndicale impuissante à soutenir une revendication de salaire, achever de s'effondrer sur une tentative de coopération.
< Cependant on s'y était laissé prendre au début, et il a suffi pour cela du boniment tant rabâché : Versez un franc par mois, vous êtes 10000, cela vous fait 10 000 francs; au bout d'un an, 120 000 francs, etc., etc. Les 120 000 francs faisaient oublier que cela ne faisait jamais que 12 francs pour chacun. La foule est entrée, pour ressortir bientôt après désappointée, mais ne se rendant pas bien compte des motifs de la déroute. « Bien loin de s'ingénier et de consumer leurs forces
à fonder de petite groupes ayant pour but de rendre des services à leurs seuls adhérents, les chambres syndicales ne doivent poursuivre de réformes matérielles, intellectuelles ou morales, que celles dont pourra bénéficier, en même temps, toute la corporation, qu'elle soit ou non ralliée à la chambre syndicale. Que celle-ci, ne fût-elle composée que d'une minorité, mais d'une minorité de citoyens actifs et surtout dévoués, ait toujours en vue l'amélioration générale, et ce procédé, en couvrant de honte les ouvriers égoïstes ou indifférents, fera plus pour attirer à elles que des promesses irréalisables.
« Pour ce, il est nécessaire de concentrer nos efforts sur un petit nombre de points fondamentaux et de ne pas éparpiller nos forces sur un trop grand nombre de questions. — Qui trop embrasse mal étreint!
c II. Les écoles socialistes dans les chambres syndicales. — Notre régime actuel repose tout entier sur un grand phénomène naturel, qu'on ne peut ni empêcher, ni commander. C'est la séparation spontanée et persistante du monde producteur en simples travailleurs d'une part, en entrepreneurs de l'autre. Est-ce un bien ? Est-ce un mal? En fait, il y a du bien et du mal comme dans toutes les choses naturelles. Nous sommes en face d'un fait, sur la durée duquel nous ne pouvons que faire des conjectures. 11 y a de bons esprits qui le croient temporaire; mais il y en a d'autres qui le croient définitif. Ce qu'il a de certain, c'est qu'il durera et 'que, par conséquent, il faut le perfectionner. Perfectionner pratiquement le présent, tout en construisant théoriquement l'avenir, voilà la base d'action des chambres syndicales, que nous avons totalement négligée, car à peine nous sommes-nous créé un idéal social, que
nous croyons déjà toucher le but, en' négligeant ce grand facteur de toutes les réformes : le temps.
« Quelle que soit l'opinion qu'on partage, qu'on' soit communiste, collectiviste, coopératêur ou positiviste, on ne devrait pas oublier qu'une longue période d'éducation est nécessaire, pendant laquelle se fera lentement mais sûrement, l'infiltration de la doctrine définitive.
« Chaque chambre syndicale devrait donc, au lieu de prendre parti dès maintenant, rester un terrain neutre et devenir un cercle d'études sociales, où chaque doctrine serait soumise à tour de rôle à une discussion franche et loyale, d'où on éliminerait les passions violentes et les rancunes personnelles, car c'est là l'écueil de nos discussions.
« Aucun système ne doit avoir la prétention de dominer les chambres syndicales et de les pousser à la réalisation de son objectif propre. C'est donc un grand tort que de pouvoir en faire l'antichambre de la coopération. Et les chambres syndicales ont raison, qui refusent d'admettre les coopérateurs. Leurs intérêts ne sont pas les mêmes. Ils ne sont pas les salariés d'un patron ; c'est directement avec le consommateur qu'ils traitent de la valeur de leur produit, de leur salaire .
« ni. Sociétés de résistance. — Fédération. — A quoi sert de déclarer la guerre lorsqu'on n'est pas prêt? Il est ridicule de montrer les dents quand on ne peut pas mordre. Bien souvent la résistance des patrons à nos réclamations provient uniquement de ce qu'ils n'ont pas été avertis assez longtemps à l'avance, pour modifier les conditions de leurs engagements avec leurs clients. Suivant les métiers, il faut fixer le laps de temps qui s'écoulera entre l'avertissement et la mise en pratique du nouveau régime demandé. Pour le bâtiment, une
période de six mois est suffisante. Et il arrive que, pendant ce délai, Tentente peut s'établir.
« Toutefois il peut arriver qu'on se heurte à un refus brutal d'un patron et qu'on se trouve acculé à la grève. Ici, il faut reprendre l'idée des sociétés de résistance que l'on a eu tort d'abandonner, lorsqu'on s'est entiché de la coopération. Il faut remettre en honneur la grève que l'on a trop dénigrée, sans s'apercevoir qu'on affadissait ainsi les caractères.
€ Sans doute ce moyen n'est pas infaillible; mais peut-on dire que, chaque fois que nous avons échoué, nous avions eu soin de bien choisir le moment opportun, ou que nous avions trouvé la juste mesure pour nos réclamations?
c Enfin il est nécessaire de lier entre elles les chambres syndicales d'une même corporation et de les engager à publier un bulletin trimestriel, une sorte de circulaire relatant le chiffre exact des ouvriers de chaque corporation, le nombre des adhérents de chaque chambre syndicale sur tout le territoirefrançais, l'état de la caisse, l'emploi des fonds, un résumé des discussions et les résolutions votées dans les assemblées générales, enfin des renseignements sur la marche du travail, les salaires, les loyers, les subsistances. Nous serions sûrs alors des forces dont nous pourrions disposer, la solidarité s'exercerait d'abord dans la corporation, avant de s'adresser à côté.
« IV. Législation des chambres syndicales. — Attendre de nos députés, tels que nous les connaissons, la liberté complète de réunion et d'association, c'est risquer de rester, — combien d'années encore? — perchés sur le bon plaisir de nos administrateurs préfectoraux, variés et variables .
€ Il faut donc accepter une législation, pourvu qu'elle n'empêche pas le libre développement de nos associations.
€ Une simple déclaration à l'autorité devrait suffire, avec le dépôt des statuts. A la rigueur, on exigerait qu'à la fin de chaque année, chaque association remît, ou rendît public un résumé de ses opérations. Nous n'avons rien à cacher et ne sommes pas des conspirateurs.
< V. Administration des chambres syndicales. — Au nom de l'égalité qu'on a prise pour une réalité, tandis que ce ne peut être tout au plus qu'une aspiration, et sous prétexte qu'il fallait que tous les adhérents pussent passer à l'administration et se mettre au courant, on a donné aux syndics un mandat d'une très courte durée. De président fixe, on n'en a pas voulu, de crainte qu'il n'abusât de son autorité. Cependant, comme on ne pouvait pas supprimer la fonction de président, qu'on voulait bien réconnaître nécessaire, au moins pour mettre de Tordre dans les discussions, on a décidé que, pour éviter les abus de ce fonctionnaire et l'empêcher d'acquérir une prépondérance inévitable, cette fonction serait remplie à tour de rôle et par ordre alphabétique par chacun des administrateurs. Mais c le mieux est l'ennemi du bien » et l'on s'est heurté à un double écueil : d'abord la fonction de président exige, pour être bien remplie, des qualités que, n'en déplaise aux partisans des principes égalitaires, un petit nombre seulement possède naturellement; et ces qualités, si à un certain degré on peut les acquérir par l'exercice, ce n'est certes pas un exercice suffisant que de présider tous les trois mois une séance de deux heures. — En second lieu, les abus que l'on avait voulu empêcher en supprimant la
présidence, peuvent se reproduire d'un autre côté. L'influence prépondérante, que le président finit toujours par acquérir, grâce à une connaissance plus parfaite des hommes et des choses de l'association, cette influence légitime s'acquiert bientôt par le secrétaire, en raison de ses rapports multiples avec les adhérents et avec tous ceux qui peuvent avoir affaire à l'association. Quant à soumettre le secrétaire au renouvellement hebdomadaire, on ne peut guère y songer, sous peine de tomber dans le plus profond gâchis.
€ Ce n'est pas en confiant une fonction à plusieurs individus qu'on peut espérer la voir mieux remplir ; au contraire. Ce n'est qu'un moyen pour les mandataires d'échapper à la responsabilité de leurs actes; les commissions sont toujours irresponsables. Ce qu'il faut faire, c'est de bien déterminer les attributions d'une fonction et en surveiller l'exercice,
€ Une minorité d'ouvriers de chaque corporation a actuellement assez de sentiment social pour se dévouer à l'amélioration générale ; mais en outre, parmi ceux-ci, ce n'est encore qu'une minorité qui possède les aptitudes nécessaires à la direction.
€ Donc, que le nombre des syndics choisis avec soin, parmi les citoyens habitant la commune depuis^ plusieurs années, et par conséquent parfaitement au courant des besoins, des us et des coutumes de la corporation, ne dépasse pas le chifl're absolument nécessaire à l'administration, un président, un secrétaire, un trésorier et leurs adjoints, en tout sept membres au plus. Qu'ils soient nommés au moins pour trois ans, toujours rééligibles, et qu'ils ne puissent résigner leurs fonctions avant d'avoir préparé leurs successeurs, afin de maintenir toujours dans l'association l'unité de vue et de direction, si néces-
saire pour en faire une force sérieuse et respectée. Toute force sociale n'acquérant d'efficacité qu'en se condensant en un individu chargé d'agir en son nom, le président choisi par ses collègues, pour toute la durée de son mandat, représentera la société dans tous les cas, sous sa responsabilité propre et le contrôle permanent de tous les membres de l'association*
€ Ainsi organisées, les chambres syndicales ne perdront pas, comme à présent, les trois quarts du temps consacré à leurs assemblées, en nominations de syndics, et ces fonctions, moins nombreuses, n'en seront que plus recherchées par tous ceux que n'effraie pas la responsabilité de leurs actes. »
Enfin, M. Fournière, délégué des groupes indépendants socialistes de Paris, concluait que les ouvriers sont hors la loi et qu'ils doivent y rester.
€ Une liberté obtenue par la loi leur imposerait lé respect d'une légalité, non librement consentie par eux et leur créerait des obligations morales.
€ Les chambres syndicales ne peuvent être que des centres de propagande, tendant vers un but commun — et cela au moyen de leur fédération — afin de faire la Révolution dans les idées, qui doit précéder la Révolution sociale, laquelle remettra les choses à leur place en rendant : la terre au paysan et l'outil au travailleur. »
Et le congrès votait encore l'abrogation complète de toutes les lois restrictives et oppressives contre la liberté de réunion et d'association.