LE SYNDICAT OUVRIER TEL QU'IL EXISTE AUJOURD'HUI
Une des attributions' essentielles des syndicats, dit M. Keûfer, est l'élaboration et l'application d'un tarif de main-d'œuvre, dans lequel sont fixées les conditions du travail à la journée (le travail aux pièces étant de plus en plus combattu par les ouvriers), les conditions de l'apprentissage, la durée quotidienne du travail. Les syndicats doivent résister contre l'abaissement des salaires qu'entraîne trop souvent l'exploitation du travail de la femme, veiller à l'application des lois sociales, à la création de conseils de prud'hommes et de cours professionnels, réaliser l'indépendance et la dignité des ouvriers, leur assurer le placement. Le syndicat a une influence décisive, en ce sens qu'il est l'instrument au moyen duquel les travailleurs peuvent faire valoir leurs revendications, étudier en commun les moyens de résis. tance, unir leurs efforts, se soutenir mutuellement.
La seule perspective de la défense du salaire et de l'amélioration des conditions du travail ne suffit pas
toujours à convaincre les travailleurs; ils ne restent des sociétaires fidèles qu'autant que des avantages immédiats leur sont assurés. C'est ce qu'ont très bien compris les organisations ouvrières anglaises^ allemandes, autrichiennes, suisses, alsaciennes, danoises, belges, italiennes. Ces associations ont institué,' comme point d'appui pour la défense des salaires, des caisses de secours aux chômeurs et aux malades, des secours de voyage, des secours d'invalidité, des caisses de retraites. Déjà un certain nombre de syndicats français les ont suivies dans cette voie.
Nous allons donner quatre brèves monographies de syndicats dans des industries très diverses, pour montrer comment sont organisés ces services.