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VIII INTRODUCTION

l'argent dépensé dans les grèves est souvent largement regagné par les augmentations de salaires. Mais il n'est pas moins évident que le temps, pendant lequel l'ouvrier ne travaille pas et par suite ne gagne pas, est un temps de tristesse et de privations.

L'association syndicale est un moyen bien plus sûr et beaucoup plus facile pour l'ouvrier de défendre ses intérêts. Il y a un vieux proverbe qui dit : « Si vis pacem, para bellum. Si tu veux vivre en paix, sois prêt à la guerre. »

M. Paul Leroy-Beaulieu, dans son essai sur la répartition des richesses, dit : u On se tromperait en croyant que, considérée en soi, la grève ait nui à la classe ouvrière. Elle a certainement contribué à faire respecter davantage les ouvriers par les patrons, à prévenir beaucoup d'abus de détail... A vrai dire, ajoute- t-il, ce sont moins les grèves effectives qui ont eu ces résultats, que la simple crainte^ la simple possibilité des grèves, »

La concurrence commerciale a produit un effet extrêmement curieux. Elle a créé au-dessus du groupement de l'usine un groupement plus étendu : celui des ouvriers d'une même industrie. Les ouvriers d'une usine ne forment plus des unités isolées. 11 ne dépend plus de la volonté d'un manufacturier seul de consentir les modifications de salaire que demandent ses ouvriers, il lui faut tenir compte des salaires qui sont payés dans les industries similaires. Souvent il cédera

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