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INTRODUCTION IX

aux exigences qui lui sont exprimées, s'il sait que ses concurrents seront également forcés de céder. Au contraire il opposera un refus absolu, s'il voit que ses concessions le mettent en état d'infériorité vis-à-vis de ses concurrents.

Dans les métiers même, où le machinisme n'est pas développé, dans ceux où n'existe que le travail à main, la facilité des transports et l'âpreté de la concurrence ont résolu cette centralisation de la main-d'œuvre sous une unique et puissante direction. Ce n'est plus le machinisme qui amène la création du grand atelier, mais les conditions modernes du commerce.

Le commerce ne trouve plus une clientèle stable, assurée. L'industriel fait un peu comme le soldat qui, avec les armes à longue portée, tire sans voir l'objet qu'il vise. Il fabrique au hasard sans savoir d'avance où iront les objets qu'il fabrique.

Auparavant le cordonnier prenait mesure et fabriquait sur commande les chaussures de ses clients. Aujourd'hui des fabriques immenses fabriquent des milliers de souliers, sans s'inquiéter de savoir à qui serviront ces énormes approvisionnements.

Seul, le chef de fabrique a le souci de leur placement. Mais souvent il lui faut attendre un long espace de temps, avant que ses objets fabriqués soient écoulés. Il lui faut des capitaux pour attendre. Et voilà que là aussi, où le machinisme n'a pas pénétré, l'instru-

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