‹ Syndicats, ouvriers, fédérations, bourses du travailChapitre 58 sur 86 · CATÉGORIES · texte numérisé non relu

CATÉGORIES

Loyer

Chauffage et éclairage

Frais de bureau

Bibliothèque

Secrétaire

Trésorier

Dépenses imprévues (secours, grèves).

Cours professionnels (instruments, rétribution des professeurs, livres pour les distributions de prix

Totaux

Recettes. — En principe, les Bourses ne doivent compter pour subvenir à leurs dépenses que su^r leurs ressources personnelles, c'est-à-dire sur les cotisations des syndicats. Une Bourse, dont les dépenses s'élèvent à 1 600 francs et qui compte de 700 à 800 syndiqués, répartis en une quinzaine de syndicats, peut fixer la cotisation mensuelle de chacun d'eux à 20 ou 30 centimes, soit en moyenne 10 francs par syndicat. Ainsi seulement la Bourse conservera dans ses relations avec les pouvoirs publics et les patrons la plus large indépendance. Néanmoins, nous allons examiner rapidement les subventions que doivent exiger et peuvent recevoir les Bourses du travail.

Certaines d'entre elles touchent une subvention totalement payée en espèces et calculée sur le budget établi

soit par le comité général lui-même, soit par la commission municipale des finances. De celles-là nous n'avons pas à nous occuper. D'autres reçoivent leur subvention, partie en espèces, partie en nature.

1® Pour le chapitre de l'immeuble, trois procédés sont en usage. Tantôt l'immeuble est loué par l'administration de la Bourse et le montant du loyer acquitté par la recette municipale; tantôt cet immeuble est loué par l'administration municipale elle-même, quand il ne lui appartient pas, et le prix de location acquitté par l'administration ou par la Boui*se ; tantôt, enfin, la Bourse est placée dans une dépendance de l'Hôtel de Ville.

La Bourse de Saint-Nazaire, par exemple, choisit librement son local et le loyer en est acquitté par la municipalité ; celle de Boulogne-sur- Seine est logée dans une ancienne école, propriété municipale; d'autres, comme Nîmes, ont un immeuble édifié spécialement pour elles par l'administration; les dernières, enfin, comme Le Puy, Narbonne, Saint-Ghamond, Issy-les-Moulineaux, etc., ont leur siège à la mairie.

2® Certaines municipalités paient elles-mêmes les frais de chauffage, d'éclairage et de bureau, sur factures présentées chaque mois par le conseil d'administration de la Bourse. Ce système, qui évite des mécomptes, est fort avantageux pour les Bourses à budget modeste.

3" En outre de la subvention accordée pour le fonctionnement administratif de la Bourse (secrétariat, trésorerie, loyer, chauffage, éclairage), les municipalités peuvent encore accorder des crédits extraordinaires pour le service du placement, les acquisitions de livres, les achats d'instruments, etc.

Voici la moyenne * des subventions accordées en espèces ou en nature, aux Bourses de chacune des quatre catégories précédentes :

1'* catégorie. — De 900 à 1 200 francs ; 2* — Environ 2 000 francs;

3* — De 4 000 à 8 000 francs;

4* — De 10 000 & 20 000 francs. -

Dans la première catégorie entrent les Bourses des villes comptant moins de 30000 habitants; dans la deuxième, celles des villes de 30 à 50 000 ; dans la troisième, celles des villes de 50 à 80 000 ; dans la quatrième les Bourses des villes de population supérieure à 80 000. De cette dernière, il faut excepter Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, dont les Bourses se sont vu retirer ou réduire leur subvention. D'ailleurs, la division précédente souffre des exceptions, déterminées par l'importance plus ou moins considérable de la population ouvrière, laquelle déterminera elle-même l'importance de la Bourse, et surtout par les sentiments que professe la municipalité.

Quel que soit, en tout cas, le montant de leur subvention, les Bourses du travail, pour éviter les fâcheuses conséquences d'un conflit toujours possible et le plus souvent certain avec les administrations municipales, agiraient prudemment en inscrivant dans leur budget des recettes un chapitre dit de réserve, alimenté par une cotisation variant de 2 à 5 francs par syndicat et par mois. De plus, les conseils d'administration des Bourses nouvelles feront bien de s'efforcer d'obtenir que le paie-

1. Vannuaire des syndicats professionnels, publié par le ministère du Commerce indique la subvention reçue par chaque Bourse, soit du conseil municipal, soit du conseil général.

ment de leur subvention soit annuel, ou tout au moins semestriel, et effectué d'avance.

Constitution de la Bourse. — Le budget ainsi établi et le local loué, la commission rédige un avant-projet de statuts. Cela fait, l'assemblée plénière des syndicats adhérents est convoquée pour nommer un comité général composé d'un certain nombre de délégués par syndicat (deux ou trois si la Bourse ne compte que 1 à 10 syndicats, un par syndicat au-dessus de ce nombre).

Le comité général, ou conseil d'administration, nomme à son tour, et dans son sein, une commission executive, chargée de veiller à l'exécution de ses délibérations, et élit les fonctionnaires : le secrétaire, le trésorier, le bibliothécaire (s'il y a lieu) et leurs adjoints. Après quoi, il ne reste plus qu'à déposer à la préfecture (ou, dans les chefs-lieux d'arrondissement, à la mairie), en double exemplaire et signés de deux membres du conseil d'administration, la liste nominative des membres de conseil, celle des syndicats adhérents et les statuts de la Bourse.

Activité de la Bourse. — L'activité d'une Bourse se manifeste par le placement, qui se fait parfois par correspondance et par une entente entre les Bourses des diverses régions. Une Bourse du travail, celle de Marseille place par an 21 000 ouvriers.

Une des formes les plus intéressantes, sous lesquelles se manifeste l'action d'une Bourse est, sans contredit,

le viaticum ou secours de route, qui est emprunté au compagnonnage. Ce viaticum est délivré moitié en nature, moitié en argent. Tout voyageur non syndiqué secouru doit prendre l'engagement de se syndiquer dans les six mois, faute de quoi il est exclu des secours. Pour faire la guerre aux < trimardeurs » de profession, le voyageur ne doit avoir quitté la localité où il résidait que par manque de travail; il doit se présenter dans chaque Bourse, le < brûlage > d'une Bourse faisant présumer qu'il n'est pas sans ressources, et dans ce cas le viaticum^ qui est proportionnel aux distances parcourues *, ne sera payé que pour la distance qui sépare la Bourse de la Bourse la plus voisine ; il doit se munir, auprès du secrétaire du syndicat de sa profession, des adresses de tous les ateliers et faire constater son passage dans chacun de ces ateliers par un syndiqué désigné à cet effet.

Chaque Bourse administre sa caisse, alimentée par une capitation mensuelle de 10 centimes imposée à tout syndiqué, mais à la fin de chaque trimestre, le comité de la fédération des Bourses rétablit l'égalité des charges et fixe le quantum afférent à chaque Bourse.

Une autre forme de l'activité d'une Bourse du travail est l'enseignement professionnel.

Certaines Bourses se sont limitées à l'enseignement professionnel théorique et pratique; d'autres y ont joint

1. Le vialicum est de 2 francs pour les 40 premiers kilomètres, ou par fraction de ces 40 kilomètres à partir de chaque Bourse visitée et de 75 centimes par 20 kilomètres ou fraction de 20 kilomètres au delà, l'addition des kilomètres étant interrompue par la rencontre d'une Bourse ou, à son défaut, par un total de 200 kilomètres. La perception d'une somme de 150 francs suspendrait le droit au viaticum pendant dix-huit mois, sauf le cas improbable où le voyageur n'aurait pu trouver un emploi.

CRÉATION d'une BOURSE DU TRAVAIL 217

un enseignement éclectique, touchant aux connaissances les plus diverses. La Bourse de Toulouse, qui reçoit une subvention annuelle de 10 820 francs, a créé seize cours et ouvert un atelier typographique. Des prix sont décernés, et leur distribution est précédée d'une exposition publique des travaux des élèves. La Bourse de Paris s'est entendue avec l'association polytechnique, qui fournit les professeurs des cours d'électricité industrielle, de comptabilité commerciale, de sténographie, de dessin, de mécanique et de chimie appliquées, de géométrie pratique et d'algèbre, de droit commercial et industriel, de construction des automobiles, de langues allemande et anglaise.

D'autres Bourses peu fortunées offrent à leurs adhérents de simples conférences faites gratuitement par des professeurs de l'Université.

Les Bourses du travail ont en général comme but, non pas de former des apprentis, mais de perfectionner les ouvriers adultes et les jeunes gens qui sont déjà entrés dans l'atelier ou dans l'usine.

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