‹ Syndrome cholécystique et syndrome appendiculaireChapitre 15 sur 33 · LD STE · texte numérisé non relu

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léra, pneumonie, tuberculose, grippe,paludisme, etc.» (1). Dans des cas assez nombreux, la cholélithiase a pu être regardée comme consécutive à certaines maladies au premier rang desquelles il faut citer la fièvre typhoïde, la tuberculose, la grippe, les fièvres intermittentes, la pneumonie (Gilbert et Fournier). Ne peut-on en dire autant de l'appendicite ? M. Merklen (2) signale trois cas, observés par lui, d’appendicite précédée où accompagnée des phénomènes généraux et des manifestations catarrhales de la grippe. Pour lui, la grippe n'est qu'une cause occasionnelle de l’appendicite : elle ne la crée pas de toutes pièces ; elle ne fait qu’exalter la virulence des germes contenus à l’état normal dans l'intestin. M. Faisans admet que la grippe est la véritable cause de l’appendicite, et, la preuve en est dans la fréquence extraordinaire de l’appendicite depuis les épidémies de grippe, et dans sa recrudescence avec chaque nouvelle épidémie (3). Pour M. Kelsch (4) comme pour M. Lucas-Championnière, l'appendicite est la localisation secondaire restreinte d’une infection générale et notamment de la grippe. C'est aussi l'opinion de M. Jalaguier : « Plus j'étudie l'appendicite, dit-il, plus je tends à la considérer, dans certains cas au moins, comme la manifestation locale d'une infection générale. » Et M. Golubow remarque que l’appendicite constitue, souvent une affection franchement épidémique, parmi les internes d'un collège, par exemple (5).

(1) Giuserr, Trailé de médecine, LVy pi 100 (2) Société médicale des hôpitaux, 19 mars 1897. (3) Sociélé médicale des hôpitaux, 24 mars 1899. (4) Académie de médecine, 26 février 1901.

(5) Berlin. klin. Wochenschrifft, & janvier 1897.

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L'on conçoit facilement que le bacille de Pfeiffer puisse se fixer sur l'amygdale intestinale, c'est-à-dire l'appendice, comme il se fixe sur l’amygdale pharyngienne. D'ailleurs l'association de l’angine et de l’appendicite est très nette dans beaucoup d'observations, M. Lejars (1) en rapporte un certain nombre pour montrer que l’amygdalite est l'inoculation première. Il est possible que, selon l'opinion de Kretz, les microbes originaires du foyer amygdalien soient charriés jusque dans l'intestin et provoquent ainsi l'infection d'un appendice prédisposé. Mais Lejars croit plutôt à une infection à distance par voie sanguine. « N’at-on pas vu, dit-il, l'appendicite succéder à d’autres infecüons lointaines, à la pneumonie, par exemple ? » Les relations étiologiques entre la pneumonie et l'appendicite sont assez démontrées, M. H. J. Vetlesen les soutient par un certain nombre d'observations dans lesquelles l'appendicite ou bien compliqua la pneumonie {2 cas), ou bien lui succéda à plus ou moins courte échéance. Cet auteur fait remarquer que le pneumocoque est après le bacterium coli commune le microorganisme qu’on rencontre le plus fréquemment dans les exsudats appendiculaires (2). M. J. Ferrier rapporte l’autopsie d’un sujet mort de pneumonie chez qui il découvrit une appendicite méconnue pendant la vie. L'appendice contenait deux cuillères à café de pus ; pas d’adhérences, pas d’exsudat péritonéal ; le pus était très riche en preumocoques associés au coh-bacille.

Au sujet de cette appendicite méconnue et de l'absence de lésions péritonéales, nous rappelons la loi, énoncée

(4) Semaine médicale, 1904, p. 202.

(2) Norsk Mag. for Lœgevidenskaben, décembre 1905.

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par Tripier, d'après laquelle l'affection d'un viscère abdominal ne se manifeste pas si le péritoine n’est pas atteint. Dans le cas cité, le péritoine ne semblait en effet nullement lésé, ce qui explique Ja latence de l'appendicite. A côté de la pathogénie de la crise appendiculaire, MM. Tripier et Paviot (1) distinguent la pathogénie de l'appendicite proprement dile qui peut exister sans donner lieu à aucune manifestation symptomalique. Cette appendicite proprement dite doit reconnaître le plus souvent une origine infectieuse générale, comme la plupart des lésions de l'intestin. Ces auteurs rappellent comme exemple d'une infection ayant déterminé un foyer secondaire de même nature sur l’'appendice le cas de Gambetta : la plaie fistuleuse produite sur la main et l'avant-bras par une balle de revolver était à peine cicatrisée que déjà apparaissaient les signes de l’appendicite.

M. Simonin (2) signale une série de cas d’angines infecüeuses, de scarlatines, d'érysipèles, de grippe,d'oreillons, de rougeole, de variole, suivis d'une inflammation de l'appendice iléo-cæcal. Le streptocoque était l'agent le plus fréquent de ces appendicites par infection générale. M. Karrenstein (3), s'appuyant sur des statistiques, trouve que l’appendicite est plus ou moins fréquente suivant la fréquence plus ou moins grande des maladies infeclieuses, grippe, amygdalites, etc. Gigon (4) divise les causes de l’appendicite d'origine cæcale en deux chapitres : 4° les

(1) Semaine médicale, 1899, ps:

2) Soc. méd. des hôp., 27 décembre 1901.

3) Deutsche medezinische Wochenschrifft, 9 août 1906. 4) Gicon, Thèse de Paris, 1900.

25) — appendicites par propagation d'une lésion cæcale : entérites de toute nature, fièvre typhoïde ; 2° les appendicites provenant d’une infection sanguine ayant d’abord frappé le cæcum : fièvre éruptive, angine, grippe, etc.

Ces exemples prouvent suffisamment que les deux affections que nous étudions peuvent être l'effet d’une cause générale, d'une infection agissant par l'intermédiaire de la voie sanguine.

Il ne semble pas que la veine porte puisse être considérée comme une voie susceptible de transporter des infecüons de l’appendice à la vésicule. En fait de complications hépatiques de l’appendicite la veine porte peutsurtout donner lieu à des abcès du foie.

Le système nerveux peut-il être le lieu d’une relation entre l’appendice et la vésicule ? Cela est possible. Il nous suffit de rappeler la pathogénie de l’entéro-colite mucomembraneuse signalée plus haut. Chez un prédisposé, chez un neuro-arthritique, un réflexe à point de départ vésiculaire peut déterminer l'entéro-colite muco-membraneuse qui, elle, pourra donner lieu à une appendicite. La vésicule dans ce cas est analogue à une zone hystérogène dont l'excitation provoque la névrose intestinale, l’entéropathie muco-membraneuse. De même l'appendice peut être le point de départ d’un réflexe dont la résultante sera l’entéro-colite et celle-ci pourra retentir sur la vésicule comme nous l’avons montré.

Enfin la cholélithiase et l’apoendicite ont des causes prédisposantes communes, d’une part, la diathèse neuroarthritique ; d'autre part, le régime alimentaire carné.

M. Dufourt {de Vichy) rapporte deux observations de

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LR hthiase biliaire manifestement due à la suralimentation et à l'abus du régime carné. Sous l'influence de ce régime « la bile devient plus abondante, mais aussi plus riche en matière colorante ; Îa bihirubine, s'il y a excès de chaux, se précipitera d'autant plus facilement pour former ces noyaux qui sont le point de départ habituel des concrétions » (1). M. Lucas-Championnière fait une remarque analogue au sujet de l'appendicite (2). L'appendicite même lorsqu'elle est due à la grippe, se développe avec une fréquence particulière dans les pays où l'on consomme le plus de viande.

L'influence du régime alimentaire sur l’état de l'appendice n’est peut-être pas seulement une influence générale, d'ordre diathésique, mais une influence beaucoup plus directe, car Wiliam Mac Even (2) démontre que le cæcum et l'appendice ont des fonctions bien définies dans la diges tion intestinale et que, si ces fonctions sont troublées, il peut y avoir une véritable indigestion cæcale qui doit jouer un certain rôle dans l'éliologie de l’appendicite. Le régime carné ne peut-il suffire à déterminer le trouble de ces fonctions et bientôt des altérations organiques ?

Nous nous sommes étendu un peu longuement sur l'étiologie de l'appendicite et de la cholélithiase, afin de bien montrer les causes communes à ces deux affections el de nous permettre de voir si l'association des deux affections est possible. Cela paraît évident, car une même

(1) Presse médicale, 1902, p. 497.

(2) Académie de médecine, 19 février 1901 et 5 juillet 1904. (3) The Canadian Practitioner and Review, janvier 4905.

RTE cause morbide peut produire simultanément les altérations de deux organes différents.

Il nous reste, et c’est la partie principale de ce travail, à voir si l'association cholélithiase-appendicite non seulement est possible, mais si elle est réalisée en clinique.

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