SN. ES
La vésicule biliaire était normale. On ne put y découvrir aucune trace d'inflammation. La région iliaque droite et le cæcum ne présentaient aucune lésion, mais l'appendice ne put être trouvé. Il y avait une grande accumulation de sérosité dans le flanc droit, L'abdomen fut lavé à l'eau chaude et refermé sans qu’on eut pu découvrir la cause des accidents. La malade mourut quatre jours après l'opération.
L'autopsie montra une appendicite perforante. L'appendice long de 3 pouces remontait directement en arrière du cæcum et du côlon, appliqué contre les parois du gros intestin entre les deux lames du méso-côlon. Son extrémité était perforée et communiquait avec un petit abcès contenant à peine une cuillerée de pus mélangé de quelques matières fécales.
On constate, en somme, comme lésion anatomo-pathologique une lésion appendiculaire, mais contrairement au diagnostic il n'y a rien à la vésicule. Cependant le bord gauche du foie est uni au côlon par des adhérences récentes. Il y a là une réaction péritonéale et ce fait est important car c’est cette péritonite localisée qui peut expliquer, comme nous le verrons plus loin, l'existence du syndrome cholécystique.
Nous avons assisté en clientèle M. le D' Rousseau, chirurgien de l'hôpital Péan, dans l'opération d’une malade de 68 ans ayant des antécédents cholélithiasiques et chez laquelle six mois auparavant M. Rousseau avait déjà fait le diagnostic d’appendicite. L'opération pratiquée le 23février 1907 consista dans l’ablation de l’appendice qui semblait sain macroscopiquement. Par contre, la vésicule était perdue dans une masse d’adhérences qui s’étendaient également sur le côlon ascendant. Le foie était abaissé.
Cette dernière observation est un exemple de l’associa-
MLD LE
tion des deux syndromes, mais apparaissant successivement, la malade ayant eu plusieurs crises de coliques hépatiques avant d'avoir sa « crise appendiculaire » qui ne laisse pas de traces dans l’appendice.
M. le D’ Fiessinger a eu l’amabilité de nous rédiger de mémoire l'observation suivante prise dans sa clientèle, et signalée par M. Le Gendre dans le Journal des Praticiens :
OBSERvATION XI
Due à l'obligeance de M. le D' FtESSINGER, rédacteur en chef du Journal des Praticiens.
Péricholécystite avec syndrome appendiculaire.
Mme X..., 46 ans, a été atteinte à plusieurs reprises de coliques hépatiques suivies de subictère.
En novembre 1905, elle est prise de vomissements, de douleurs vives dans la région de la vésicule, avec irradiation vers la fosse iliaque droite. L'abdomen est ballonné et très douloureux. La douleur à la pression est intense dans la région vésiculaire et plus intense encore au point de Mac Burney.
Température : 398. Pouls : 100.
Diète hydrique.
Le lendemain la température est à 39°. M. Le Gendre appelé hésite et se demande s'il n’y a pas une appendicite. Cependant en raison des antécédents biliaires, on opine plutôt pour une péricholécystite.
Les jours suivants la température baisse progressivement pour retomber à la normale le 4° jour.
La malade va bien actuellement.
H s’agit bien ici de l'association des deux syndromes appendiculaire et cholécystique apparaissant simultanément el après une série de coliques hépatiques.
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La vésicule paraît nettement dans les observalions précédentes être l'origine des lésions, c'est elle qui la première manifeste des phénomènes d'inflammation. Le syndrome cholécystique est le premier en date ; les antécédents cholélithiasiques sont parfaitement constatés. Il n'en est pas de même dans le cas suivant.
OBSERVATION XII (inédite) Due à l'obligeance de M. le Dr LE GENDRE.
Syndrome appendiculaire et syndrome cholécystique.
M. Le Gendre est appelé par un confrère auprès d’une malade âgée de 50 ans, à la période de la ménopause, obèse, sujette à la constipation et avec de temps en temps un peu d’entéro-colite muco-membraneuse. Antécédents arthritiques. Cette femme est prise un soir de douleur subite dans la fosse iliaque droite : syndrome de Mac Burney. La malade est à peu près apyrétique. Le médecin appelé diagnostique un début d'appendicite et institue le traitement à la suite duquel l’accalmie se produit rapidement. Moins de 48 heures après, reprise des phénomènes douloureux, mais à localisation vésiculaire avec irradiations dans la région latérale hépatique et postérieure ; alors que le point de Mac Burney a disparu. Quelques heures après, apparition d'ictère conjonctival et de subictère de la face. Les urines prennent la teinte acajou.
Endolorissement persistant de la région hépatique.
Au bout de 2 ou 3 jours, disparition des différents symptômes.
Le médecin reconnaît avoir été trompé par les signes du début.
Ici, c’est le syndrome appendiculaire qui commence pour laisser place peu après au syndrome cholécystique. On trouve le même ordre de succession des syndromes dans l'observation suivante que nous avons prise étant dans le service de M. Le Gendre à Lariboisière :
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