‹ Syndrome de Mikulicz et Syphilis: Contribution à l'étude des déterminations de la Syphilis sur les glandesChapitre 20 sur 41 · HO ES · texte numérisé non relu

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mixte de la parotide du syndrôme de Mikuliez au début, bien que ces deux affections aient beaucoup de caractères communs.

Nous citerons au passage des lésions rares, telles que l’actinomycose, les sporothichoses des glandes salivaires, dont les caractères sont très différents de la maladie qui nous intéresse.

Le caractère d'habitude mou, fluctuant, la tendance à la suppuration et aux fistules des tuméfactions parotidiennes fuberculeuses rendent quelquefois le diagnostie facile au début. La recherche du bacille de Koch, l’inoculation au cobaye pourront être d’une aide certaine.

En somme, le diagnostic, quelquefois un peu malaisé dans les formes incomplètes, où l’on peut se trouver en présence d’un syndrôme de Mikuliez au début, est plus facile en cas de syndrôme complet.

En présence de ces tuméfactions glandulaires multiples, indolentes, chroniques, évoluant sans fièvre, sans réaction ganglionnaire, sans altération de l’état général, on est conduit tout naturellement au diagnostic de syndrôme de Mikuliez.

ÉTIOLOGIE

Nous arrivons maintenant à l’objet de notre travail. Ne peut-on pas considérer la syphilis comme une des causes principales du syndrôme de Mikuliez ?

Quelques mots d'abord sur les différentes théories étiologiques émises jusqu’à maintenant.

1° La théorie de Mikulicz lui-même, qui considère l'hypertrophie symétrique des glandes lacrymales et salivaires comme une entité morbide due à une infection localisée du rhino-pharynx.

2° Les théories nouvelles, qui lui donnent une origine infectieuse générale : leucémie, pseudoleucémie, tuberculose et syphilis. Dans notre étude du diagnostic, nous avons éliminé les deux premières. Nous verrons quelle est l'hypothèse la plus plausible quant aux deux autres, en nous appuyant sur les observations, sur l'étude clinique, l'anatomie pathologique et le traitement du syn-

drôme.

1° - THÉORIE DE MIKULICZ

En ce qui concerne donc l’étiologie du syndrôme de Mikulicz, on en a été réduit à des hypothèses. Au début, la plus communément acceptée fut émise par l’auteur qui, le premier, le décrivit.

D'après le professeur de Breslau, la tuméfaction symé-

Ce trique des glandes lacrymales et salivaires reconnaîtrait comme origine une infection; reste à savoir pourquoi cette infection se localise exclusivement aux glandes susmentionnées, en épargnant tout le reste de l'organisme.

Mikuliez était porté à admettre que l'agent infectieux arrivait à ces glandes, non pas par la voie sanguine ou lymphatique, mais par les muqueuses, et notamment par la conjonctive, puisque généralement la maladie débute par la tuméfaction des glandes lacrymales.

D'autre part, le fait de la participation des glandes salivaires s’expliquerait, suivant le même auteur, par les rapports anatomiques étroits qui existent entre la conjonctive et la muqueuse buccale, les deux étant, en quelque sorte, en continuité par l'intermédiaire des voies lacrymales et de la muqueuse du rhino-pharynx. Cette communauté de réactions des glandes salivaires et orbilaires a été signalée vis-à-vis des processus néoplasiques eux-mêmes.

Ajoutons que d'autres arguments pourraient également être invoqués pour faire comprendre la raison de celte coexistence qui, à première vue, paraît si surprenante, des lésions des glandes lacrymales et salivaires.

Dans sa thèse sur les tumeurs des glandes lacrymales, Tondeur consacre tout un chapitre au parallèle entre ces Lumeurs el celles des glandes salivaires. Après avoir rappelé de nombreux points communs que présentent l’anatomie et la physiologie des glandes lacrymales et des glandes salivaires — les unes el les autres naissent d'un bourgeon plein et cylindrique de l'épithélium profond d'une muqueuse, et cette analogie se retrouve dans la structure des organes adultes — l’auteur en conclut :

«Il semble & priori que des organes liés par de telles affinités doivent subir les mêmes déviations pathologiques et, formés de semblables éléments anatomiques, souffrir aussi de semblables dégénérescences. » Les glandes lacrymales et salivaires subissent les mêmes réactions sous de mêmes influences pathologiques.

En faveur de sa théorie, Mikuliez fait remarquer la coexistence chez son malade de l'hypertrophie des glandes en question et de lésions de la conjonctive. Dans le cas de M. Haltenhoff, il y avait altérations des muqueuses pharyngienne et nasale et rhinite hypertrophique chez un malade de Kümmel.

Aucun de ces auteurs ne parle de la nature des lésions et ne précise la cause de l'infection locale. Il est à remarquer qu'à part ces trois cas de syndrôme de Mikuliez concomitants d’une infection localisée, aucun fait de ce genre n'a été relaté depuis.

D'autre part, l'analyse de la salive à la sortie des canaux excréteurs, faite dans différents cas, n’a jamais montré l'existence d'agents microbiens particuliers.

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