OBSERVATION I
(Observation inédite recueillie dans le service
de M. le Professeur agrégé Favre.)
DraGosric : Syndrôme de Mikulicz apparu il y a deux ans.
Abolition des réflexes tendineux des membres inférieurs : roluliens, achilléens, plantaires.
Signe d'Argyll-Robertson unilatéral gauche. Troubles légers de la sensibilité tactile el des sensibilités profondes. Léger Romberg.
Tabes fruste non évolutif.
Kératite de l'enfance.
Légère hydarthrose bilatérale.
Syphilis probablement hérédilaire.
Débilité rénale manifestée lors de l'institution de la médication mercurielle ou arsenicale par voie intraveineuse.
Echec des médications antérieures.
Rétrocession progressive des lésions sous l'influence du traitement iodo-hydrargyrique par voie digestive.
Ch... Pierrette, vingt-quatre ans, domestique, entre à l’'Hôtel-Dieu le 16 avril 1921.
La malade entre à l'hôpital pour une tuméfaction bilatérale parotidienne datant de deux ans.
L’affection s’est installée, au dire de la malade, à la suite d'une grippe assez sévère pour laquelle elle reste alitée près d’un mois.
Au moment de la convalescence, la malade remarque une légère tuméfaction qui n’a fait que s’accentuer par la suite pour devenir la réelle difformité que nous constatons aujourd’hui.
L'augmentation des glandes à été lente, progressive, Elle s’est surtout accusée dans les deux premiers mois qui ont suivi son début. Elle a présenté aussi deux poussées survenues sans cause, au Cours desquelles les glandes auraient été sensibles, la peau aurait même rougi. La malade a éprouvé à ce moment des douleurs auriculaires assez vives, Sans aucun écoulement par le conduit auditif. Après ces poussées, les glandes seraient revenues au volume qu’elles avaient avant cette manifestation congestive.
La malade nous dit également qu'au moment des règles le gonflement parotidien augmente légèrement.
Contemporains des modifications parotidiennes, apparaissent des troubles oculaires. Les paupières supérieures étaient gonflées. Par moments, ce gonflement devenait gènant, plus que douloureux. La malade éprouvait la sensation de corps étranger, de sable dans les yeux.
Plusieurs traitements ont été suivis : pansements humides, pommade iodoformée, application locale de teinture d’iode, ingestion de sirop iodotannique. Aucun de ces traitements n’a eu d'influence sur la marche de la maladie.
Tels sont les brefs renseignements que nous donne la malade.
Examen : On est frappé, en l’examinant, par l'intensité des déformations qu’elle présente au niveau du visage.
La partie inférieure de la face est considérablement élargie; elle donne à l’ensemble de la tête une forme grossièrement triangulaire, une véritable « tête en poire ».
Les paupières supérieures sont gonflées. La dépression orbitaire supérieure tend à se combler, surtout dans sa partie externe. Les veux sont mi-clos et l'ensemble de ces déformations donne au visage une expression bien particulière, mal définissable, mais assurément très frappante.
En examinant de plus près les choses, on se rend compte que la tuméfaction du bas du visage est due à une hyper-