OBSERVATION II
Guttmann (Berliner klinische Wochenschrift, 9 sept. 1907.)
Syndrôüme de Mikulicz et syphilis.
Jeune homme de vingt-sept ans qui, trois ans auparavant, avait été soigné pour une pneumonie; à peu près à la même époque, il eut un chancre induré et, un mois el demi après la guérison de sa pneumonie, une éruplion de roséole.
Quelques jours avant de se présenter à la clinique ophtalmologique de la Faculté de Médecine de Berlin, le palient commença à éprouver au niveau de la conjonctive une sensation assez vive de brûlure et de picotements, accompagnée de sécrétion; en même temps, il remarqua l'existence d’une tuméfaction progressivement croissante des deux joues et de la région de l'oreille.
A l'examen, les deux fentes palpébrales paraissaient rétrécies, surtout du côté de l'angle temporal. Au même endroit et des deux côtés, la palpation révélait la présente
d'une saillie arrondie et tendue, qui correspondait évidemment à la glande lacrymale.. Les canaux excréteurs des deux glandes en question étaient également perceptibles à la palpation. La conjonctive palpébrale très injectée était le siège d’une sécrétion muqueuse assez abondante. D'autre part, au niveau des joues, on remarquait une tuméfaction très accenltuée des deux glandes parotides, qui étaient d’une consistance pâteuse et, tout comme les glandes lacrymales tuméfiées, complètement indolores. Les deux glandes sous-maxillaires avaient le volume d'une noix et les glandes subinguales se trouvaient également hypertrophiées.
Les unes et les autres étaient d’ailleurs indolores. L'examen du sang donna les résultats suivants :
HÉROS Eee, ce A RER RCE 5.400.000 ÉEUCOËVIES CE M en TR nie 6.000 HÉMOSlODINERRE ESS RP PRE 7. 4087/4100 Polynucléaires neutrophiles ............... 6 Polynucléaires éosinophiles ....=....... 4 % EYMDNROC VIE Me TPE RER ET EE 32 % Gros imOononucIeaiTes RE 2 %
Plaquettes normales.
En résumé, légère lymphocytose.
L'auteur prescrivit un régime tonique et de l’iodure de potassium à hautes doses. Sous l'influence du traitement, la sécrétion conjonctivale ne larda pas à diminuer, en même temps que la tuméfaction de la parotide allait en s'atténuant.
Deux mois après le gonflement des glandes salivaires avait complètement disparu. Seules les glandes lacrvmales restaient quelque peu tuméfiées, et le malade se plaignait toujours d’un léger degré de conjonctivite.
Un mois plus tard, tous les symptômes morbides finirent par se dissiper.
Nous sommes en présence d'un syndrôme de Mikulicz chez un spécifique (chancre, roséole) quéri avec l’iodure de potassium à hautes doses.
OBSERVATION IIT
Vennin et Worms (Société de Médecine mililaire française, 18 juin et 2 juillet 4914).
Hypertrophie symétrique des glandes salivaires et lacry-
males (maladie de Mikulicz) d'origine syphilitique.
Malade sans antécédent héréditaire morbide.
Il y à dix-huit mois, apparition de plusieurs ulcérations indurées au niveau de la verge : syphilis.
Réaction de Wassermann positive. ;
Injections intramusculaires d'huile grise. Au bout de trois semaines, disparition des accidents primitifs.
Un mois plus tard, syphilides papuleuses; plaques eczématiformes au cuir chevelu.
Nouvelle série d’injections d'huile grise. Disparition des accidents.
Un an sans traitement.
Il y à trois mois, gonflement symétrique des régions parotidiennes droite et gauche, qui se dessinent progressivement sur la peau, sans s'accompagner d’ailleurs de la moindre douleur.
11 y à un mois, légère difficulté dans l'élévation des paupières : sensation de cuisson du côté de la conjonctive oculaire.
A son entrée au Val-de-Grâce, on constate les symptômes suivants
Les deux régions parotidiennes droite et gauche sont occupées par une tuméfaction formant un relief moyennement accusé, dépassant en bas l'angle de Ia mâchoire, s'étendant en avant sur la face externe du masséter, débordant en somme les limites du creux parotidien, comme la parotide elle-même.
Les téguments soulevés ont conservé toute leur mobilité et leurs caractères normaux.
A la palpation, la tuméfaction est dure, absolument ligneuse, indolente, sans adhérences à la mâchoire ni au masséter. Elle semble infiltrer toute la glande. On ne peut
très exactement préciser les limites. La surface n'offre aucune bosselure. L'ensemble de la glande ne présente qu'une obscure mobilité. Aucune atteinte du facial.
A l'ouverture de la bouche, qui s'effectue sans la moindre gêne, on ne remarque aucune trace d'inflammation de l’orifice du canal de Sténon, mais la pression sur le trajet de ce canal ramène un liquide blanchâtre, filant, très salé, désagréable au goût. La salivation n’est pas modifiée en quantité.
Du côté des paupières : tuméfaction symétrique, tumeur dure à la partie supéro-externe de l'orbite, du volume d’une amande. Les glandes sous-maxillaires sont aussi augmentées de volume. Les sublinguales forment une forte saillie sous la langue.
Traitement mercuro-iodé. Réduction notable des tuméfactions au bout de quelques semaines.
Conclusions : syndrôme de Mikulicz chez un spécifique (ulcérations indurées de la verge, Wassermann positif, syphilides papuleuses, plaques eczématiformes au cuir chevelu); amélioration notable par le traitement mercuroiodé.