‹ Syndrome de Mikulicz et Syphilis: Contribution à l'étude des déterminations de la Syphilis sur les glandesChapitre 27 sur 41 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Observation inédite de MM. Boutavant et Favre.

DraGNoSriG : Ethylisme professionnel, troubles oculaires avec œdème de la papille. — Vomissements à types cérébraux. — Céphalée. — Paralysie faciale gauche. — Polyurie sans albuminurie. — Syndrôme de Mikuliez. — Myosite nodulaire à foyers multiples. — Amélioralion rapide de ces divers symptômes sous l'influence du traitement spécifique.

11 s'agit d’un homme âgé de trente-cinq ans environ, qui a exercé la profession de cabaretier et fait des excès éthyliques.

De 1918 à 1921, ce malade a présenté une série d’accidents que les circonstances n’ont pas toujours permis de suivre très complètement, et qui sont les suivants :

En 1918, le malade est évacué des armées pour congeslion de l'œil gauche.

En 1920, il accuse de la céphalée, des troubles de la vue, et l'examen ophtalmoscopique montre de l’ædème papillaire (Docteur Prieur).

En 1921, le malade consulta le Docteur Boutavant; il se plaint toujours de troubles de la vue, mais surtout de maux de tête. Il présente des vomissements du type de vomissement cérébral, de la polvurie sans albumine. Légère hypertension artérielle.

L'épididyme présente à droite un noyau dur.

En mars 1921, paralvsie faciale gauche, poussée d'iritis subaiguë, œdème des paupières.

L'examen ophtalmoscopique (Docteur Prieur) montre toujours de l’ædème papillaire.

Deux mois avant son apparition, la paralysie faciale avail été précédée d’hypertrophie parotidienne bilatérale, sans relation avec la paralysie survenue postérieurement.

On n'a pas de renseignements sur le début de la tuméfaction des glandes lacrymales. Il est probable qu'elle à

commencé en même temps que celle des parotides, au moment où l’on a constaté de la tuméfaction de la paupière (æœdème des paupières) et de l’exophtalmie.

En juin 1921, apparaissent sur une grande partie du corps des nodosités dont nous aurons à parler plus complètement ultérieurement et pour lesquelles on songe à la maladie de Recklinghausen.

Cet ensemble de troubles très variés fait soupçonner la syphilis, et M. le Docteur Boutavant institue le traitement, qui amène une rapide amélioration de la paralysie faciale, de la céphalée et produit une baisse manifeste de la tension artérielle.

En juillet 1921, le malade consulte M. Favre, qui est, lui aussi, d'avis de continuer le traitement spécifique institué. Les résultats de cette médication ont été excellents, ainsi qu'en témoigne une lettre qu'a bien voulu nous adresser M. le Docteur Boutavant et que nous remercions sincèrement.

En août, alors que le malade continuait son traitement hydrargyrique (sirop de Gibert et pilules de biodure), il sentit une grande amélioration dans sa vue : la clarté était moins gêénante, les papilles redevenaient normales.

Les glandes salivaires et lacrymales, ainsi que les nodosités sous-cutanées, diminuaient.

En ce qui concerne le syndrôme de Mikulicz proprement dit, voici les constatations que nous avons faites sur le malade en juillet 1921.

Nous constatons encore chez ce malade les signes non douteux de syndrôme de Mikuliez en voie de régression sous l'influence du traitement spécifique.

Cependant, les parotides et les glandes lacrymales sont encore nettement perçues et dures.

Nous donnerons quelques détails sur les tuméfactions très particulières que ce malade à présentées en nombre de points et qui ont été rapportées à la maladie de Recklinghausen. Lorsque nous avons examiné le malade, un grand nombre de ces petites tuméfactions étaient en voie de régression. On en trouvait encore, cependant, à la palpation des bras, des avant-bras, des cuisses.

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Ces tuméfactions n’ont aucune topographie péri-nerveuse; elles affectent. la forme de plaques, de pastilles, de traînées moniliformes. Elles n'appartiennent pas aux (erritoires tégumentaires, semblent plutôt siéger dans ou sous l’aponévrose des museles. Leur zone d'élection est la partie postérieure des deux bras.

Sur les avant-bras droit et gauche, on trouve quelques nodules dermiques de teinte violacée, ayant les dimensions d’un petit pois, et dont l’un est excisé pour examen histologique.

Ajoulons, pour compléter celte observation si curieuse à tant d’égard, que l'examen histologique à montré dans le nodule dermique des lésions qui rappellent celles des sarcoïdes et que ces nodules profonds sont en réalité constitués par des foyers de mvosite dégénérative.

On trouve entre les fibres musculaires de la prolifération conjonctive qui tend à les dissocier et, en certains points, des foyers de myosite avec production de larges îlots de cellules géantes et de cellules épithélioïdes, dans la constitution desquels semblent entrer les fibres musculaires en voie de fragmentation et de dégénérescence.

Cette curieuse affection musculaire aurait été, nous a dit le malade, beaucoup plus généralisée.

Elle était en voie de régression, comme l’ensemble des accidents, sous l'influence du traitement spécifique.

OBsERrvATION VII M. le Docteur Debierre et M. le Professeur Panas. (Revue générale d'Ophtalmologie, Paris, n° 10, 31 octobre 1893).

Un cas de tuméfaction symétrique des glandes

lacrymales el parotidiennes.

Le malade qui fait le sujet de cette observation est un jeune homme de vingt-sept ans, cocher dans une maison bourgeoise, qui a toujours joui d’une excellente santé et n’a jamais accusé aucun antécédent diathésique,

Cependant, il présente un développement variqueux exagéré des veines des membres inférieurs, des taches de pytiriasis versicolor sur la poitrine; sa dentition s’est faite d'une façon tardive et irrégulière : ce qui nous permet de le ranger dans la catégorie des arthritiques.

Au mois de mars dernier, il vient me consulter pour une tuméfaction de la paupière droite survenue sans douleur depuis quinze jours (tuméfaction de la fossette lacrymale indolore, dureté osseuse; à gauche, même tumeur, mais plus petite).

Les parotides sont dures, bosselées, indolores.

Sur les conseils de M. le Docteur Meyer, le malade est soumis à un traitement à l’iodure de potassium à doses progressivement croissantes.

Pendant deux mois, ce jeune homme suivit ce traitement jusqu'à 8 grammes par jour et ne cessa que lorsqu'il se produisit des phénomènes d’iodisme.

Sous l'influence de ce traitement, nous avons vu peu à peu, mais très lentement, ces tumeurs orbitaires abandonner leur dureté osseuse, pour devenir plus rénittentes, diminuer de volume et surtout se mobiliser de façon telle que « l’on peut actuellement les repousser dans l'orbite » (S20)

Du côté de la parotide, à droite, l'empâtement à disparu complètement; à gauche, la tumeur parotidienne a, elle aussi, diminué notablement de volume.

M. Debierre ajoute : Comme ce cas m'a paru intéressant, j’ai voulu présenter le malade à M. le Professeur Panas pour avoir son avis éclairé. Il à conclu, lui aussi, à des tumeurs de la glande lacrymale. Il à bien voulu me citer que, depuis six mois, il donnait ses soins à une dame arthritique qui avait présenté des tumeurs qui avaient suivi une marche identique à celle observée sur son malade; toutefois, les parotides n'avaient jamais présenté aucune altération. Il regarde cette concordance des altérations de la glande parotidienne et des glandes lacrymales, non pas comme une condition nécessaire, mais comme une simple coïncidence.

Le traitement qu'il appliqua fut l'usage alternatif d'i0-

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dure de potassium à faible dose et d’arsenic. Sous l’influence de ce traitement, les tumeurs ont suivi une marche régressive et, actuellement, elles ont presque totalement disparu; il reste à peine d’un côté un petit point dur et sensible.

Voilà donc deux cas de syndrôme de Mikulicz fruste dont l’un est très amélioré par l'iodure de potassium à hautes doses et l'autre guéri par une médicalion arsenicoiodurée.

OBSERVATION VIIT

Külbs (résumée) (Semaine médicale, 1908, 18 août, p. 389).

Sur La maladie de Mikulicz.

Jeune homme de vingt et un ans, reçu à la clinique médicale de Kief, à cause de la tuméfaction des glandes parotides sous-maxillaires et des glandes lacrymales. Il n'avait pas d’'adénopathie ganglionnaire, spécialement aux alentours des glandes salivaires.

Ses organes internes étaient intacts. L’urine ne contenait pas d’albumine. La rate était normale.

L'examen du sang, tant au point de vue des globules rouges qu'à celui de la formule leucocytaire.

Sous l'influence de l’iodure de sodium, administré à la dose de 3 grammes par jour et associé aux frictions locales avec l’onguent gris, la tuméfaction des parotides à diminué graduellement et, sept semaines après le malade à quitté le service, considérablement amélioré.

Six mois après il succomba à la suite d’une intoxication par le Iysol. A l’autopsie, on constate l'intégrité de lappareil lymphatique.

Du côté de la rate, on a trouvé quelques allérations ayant un caractère aigu (dilatation des veines el des capillaires) explicables par le fait de l'absorption du poison.

Par suite, on doit exclure toute idée de pseudoleucémie.

Au niveau des glandes lacrymales et salivaires, on constate : infiltration lymphocytaire diffuse ou en foyers, dégénérescence épithéliale, des formations semblables aux

cellules géantes et prolifération considérable du tissu conjonctif.

L'absence de tubercules miliaires, de bacilles de Koch, des cellules géantes et des foyers caséifiés écartent le diagnostic de la tuberculose.

Syndrôme de Mikulicz très amélioré par l’iodure de sodium el les frictions d’onguent. gris. Le malade meurt accidentellement.

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