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CONSIDERATIONS SUR L’ÉTUDE CLINIQUE

Il s’agit donc d’une forme spéciale de méningite tuberculeuse de l'adulte, et il est de règle, comme c’est le cas chez notre malade, de trouver des lésièns de tuberculose pulmonaire en évolution ou apparemment éteinte à l’origine de ces accidents méningés, ainsi qu'en témoigne la statistique relevée par MM. Flatau et N. Zilberlast-Zand

qui comprend soixante-deux cas.

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L'une des caractéristiques cliniques de notre observation est l'apparition brusque, comme première manifestation de la maladie d’une hémiplégie droite avec contractures, s’accompagnant de phénomènes infectieux qui au début, ne permettaient pas d’incriminer la tuberculose. On se trouvait en présence de phénomènes surtout cérébraux, en l’absence d’une réaction méningée très nette. (signe de Kernig négatif et dans le liquide céphalorachiden 6 lymphocytes seulement par mm3 et 0 gr. 25 d’albumine).

D'autre part, l’apparition d’une hémiphlégie avec exagération des réflexes d’emblée devait éveiller l’idée d’une irritation corticale, et il n’existait chez notre malade d’aphasie sous aucune forme.

Plus tard, cette hémiplégie, après une phase d’exagération des réflexes, se transforma en une hémiplégie flas-

que, contrairement à l’évolution normale.

L'apparition de crises de contractions musculaires rythmées tout en constituant un fait anormal au cours de la tuberculose des méninges. n’est cependant pas exceptionnelle, Elle peut même constituer le mode de début de la maladie, lorsque celle-ci à évolué pendant longtemps d’une manière latente. (Cas de Mollard et Cade).

« Des convulsions cloniques se produisent dans un membre ou dans une moitié du corps avec ou sans perte de connaissance. Les hémiparésies ou les hémiplégies peuvent aussi ouvrir la marche sans convulsions ». Flatau).

Le type des contractions musculaires observées est

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d’ailleurs variable : épilepsie bravais-jacksonienne, hémispasmes, chorée, hémichorée avec troubles psychiques (cas d’Oppenheim où il y avait un tubereule solitaire dans la région des tubercules quadrijumeaux, avec méningite tuberculeuse au niveau du lobe frontal droit).

Récemment, MM. J. Rieux et Fribourg-Blanc ont signalé un cas de méningite tuberculeuse à forme granulique au cours de l’évolution duquel apparurent des « secousses myocloniques ». Il s'agissait d’un soldat de 21 ans de bonne constitution, sans antécédents maladifs, et dont la maladie débuta par une angine érythémateuse. Trois jours après le début apparaissait une dysarthrie totale, sans paralysie du voile du palais, ni de la face, ni des membres, ni de troubles de la rétflectivité.

Le septième jour, au matin, une torpeur profonde succédait à une agitation violente pendant la nuit précédente, Le malade ne répondait plus aux questions, On notait une hypersalivation abondante, nuque un peu raide. Pas de signe de Kernig manifeste, des reflexes nor- Maux, mais ( on est frappé par l'existence de secousses myocloniques très nettes, en particulier à l'épaule gauche, aux deux mains et au niveau des quadriceps cru- Taux )).

Etat stationnaire le lendemain... puis la torpeur s’ac- | centua, et le malade mourut le 9° jour.

L'autopsie p atiquée ne révéla en dehors de quelques adhérences méningées et de quelques points de suffusions | sanguines, au pourtour de la zone rolandique gauche(

que,;sur la pie-mère blanchâtre d'assez nombreuses granu-

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lations gris-perle de la grosseur d’un petit grain de mil, éparses sur la moitié antérieure des deux hémisphères, mais plus confluentes au niveau de la zone rolandique

gauche, et surtout des deux lobules paracentraux.

Les coupes ne montrèrent qu’une dilatation assez prononcée du troisième ventricule et des ventricules laté-

Faux.

Cette observation présente avec la nôtre de nombreux points communs : rapidité d’évolution, phénomènes de localisation précoces, apparition à la phase-terminale de contractions musculaires à type myoclonique. Cette dernière ressemblance fit penser dans les deux cas à l’encéphalite léthargique à forme myoclonique.

La définition des caractères physiologiques et cliniqués des myoclonies vraies est de date récente, et il semble permis de supposer qu'avant que ce point de séméiologie nerveuse fut précisé, nombre d’auteurs aient déjà décrit sous le vocable plus général de « contractions cloniques » ou de « spasmes musculaires cloniques », ce que l’on a accoutumé actuellement de décrire sous le nom de « myÔclonies » comme manifestation motrice de certaines for-

mes de méningite tuberculeuse.

M. Sicard donnait déjà en 1920, la définition suivante des secousses musculaires de l’encéphalite myoclonique. « Secousse musculaire, tantôt rapide, explosive, à type de rythme électrique, tantôt plus lente, qui siège sur la museulature des membres, de la face, et du diaphragme, parfois localisée à un segment du corps fréquemment à la

région abdomino-diaphragmatique, assez souvent à ten-

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dance de généralisation. Il ne s’agit dans le type pur, ni de spasme, ni de contracture, ni de véritable chorée, ni d'athétose, mais de secousses véritablement myocloniques frappant un muscle ou un groupe de muscles, et ne S’accompagnant pas de contractions fibrillaires. »

M. Krebs et Mile G. Lévy signalent au surplus dans leurs thèses comme nouveaux caractères de la contraction musculaire dans la myoclonie ;

Le rhytme : absolument constant et typique pour un même cas et sans cause d’excitation extérieure.

La fréquence : 60 à 80 à la minute et plus fréquemment 20 à 30 à la minute.

L'intensité — qui paraît augmenter sous l'influence de l'émotion, de la fatigue, de l'excitation psychique, du

- froid, et qui paraît diminuer sous l'influence de certaines variations de la tension du muscle et des conditions mécaniques des différentes attitudes du corps.

Ces contractions s’accompagnent en outre souvent de douleurs extraordinairement intenses, à topographie radiculaire, constituant le syndrôme algo-myoclonique.

Le fait que les contractions à type myoclonique observées chez notre malade, ainsi d'ailleurs que dans le cas de MM. Rieux et Fribourg-Blance, étaient entrecoupées de longues phases de repos, de même que leur caractère épisodique à la phase terminale de la maladie dans les deux cas, ne nous permettent pas de les faire rentrer avec certitude dans” le cadre des myoclonies vraies, telles qu'elles ont été définies par les auteurs précédemment

cités.

Il ne semble cependant pas qu'on puisse non plus par-

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ler chez notre malade de crise convulsives jacksoniennes franches, On n'observe pas en effet de phase tonique, puis clonique, la contraction paraissant purement clonique, aussi aurons-nous recours à l'étude anatomo-pathologique du cerveau de notre malade pour tenter l'explication

des troubles observés.

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