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OBSERVATION XXII

(Gilbride).

lièvre typhoïde il y a dix-neuf ans. — Aortile abdominale : crises douloureuses paroxystiques sous-ombilicales avec météorisme. — Amélioration par le strophantus et la théobromine.

Homme, cinquante-huit ans, instituteur. À eu la fièvre typhoiïde à vingt-sept ans. Se plaint de perte des forces, d'amaigrissement (10 kilogrammes), de nausées, de météorisme après les repas avec haleine fétide et de douleurs sous forme de crises paroxystiques à siège abdominal inférieur, Pas de vomissements, mais nausées fréquentes et constipation opiniätre. Céphalée.

Paleur : Pharyngite avec expectoration abondante. Foie déborde les fausses côtes. Aorte abdominale sensible. Radiales dures. Cœur et poumons normaux. Chimisme gastrique, hypoacidité, pas d'acide chlorhvdrique libre ; pas de sang. Pas de sang dans les selles. Urines normales.

Diagnostic : Artério-sclérose avec hypoacidité gastrique.

Traitement : Strophantus, théobromine et acide chlorhydrique. Amélioration, reprise de poids et de force, persistant sept mois après.

Onservariox XXII (Gilbride).

Scarlatine et fièvre typhoïde dans les antécédents. — Artério-sclérose. — Crises de douleurs sous-ombilicales avec météorisme après les repas. — Guérison par la médication vasculaire.

Homme, cinquante ans, courtier. À eu la scarlatine, la fièvre typhoïde et un lumbago. Grand fumeur. Depuis deux ans, souffre de douleurs dans le bas-ventre, survenant une ou deux heures après le repas, avec météorisme dans cette région. La douleur, intermittente au début, a augmenté depuis trois mois : elle est sourde, constante, siège à gauche de l’ombilic; est soulagée dans le décubitus. Malade très affaibli ; appétit augmenté : quelques régurgitations de liquide acide sans nausées ni vomissements. Constipation opiniâtre. Céphalée, insomnie, nervosité. Amaigrissement de 6 kilogrammes depuis un an. Radiales scléreuses ; éclat du deuxième ton aortique.

Ahdomen : Météorisme ; pulsation épigastrique; aorte très sensible.

Diagnostic : Artério-sclérose.

Trailement : Strophantus, théobromine, salicylate de soude. Trois jours après, disparition de la douleur abdominale, retour du sommeil ; amélioration rapide, alors que le traitement des symptômes avait complètement échoué.

OBsERVATION XXIV (Gilbride).

Grippe? Aortile abdominale. — Crises douloureuses avec ballonnement et émission de qaz abondants. — A mélioration par la thérapeutique vasculaire.

Femme,soixante el un ans, ménagere. À eu une bronchite

il y a six mois: quelques mois après, troubles gastriques, brûlure abdominale, ballonnement, malaise sans vomissements mais éructalions et abondantes émissions de gaz par l'anus. Légers vertiges de temps à autre, perte de poids progressive.

A l'examen : Artério-selérose de l'aorte abdominale. Chinuisme gastrique : acidité totale normale, pas d'acide chlorhydrique libre ni d'acide lactique.

Traitement : Strophantus, théobromine et salicylate de soude. Amélioration rapide et persistante.

ORSERVATION XXV (Gilbride).

Artério-sclérose. — Aortite sous-diaphragmatique : crises douloureuses abdominales avec constipation et météorisme.

Femme, soixante-huit ans, mariée, mère de plusieurs enfants.

Fièvre typhoïde à soixante-quatre ans.

Se plaint de faiblesse, de météorisme abdominal après le repas, de douleurs précordiales, d'anorexie, de sensation de plénitude après le repas, accompagnée de nausées, de régurgitations acides, de constipation et de vertiges. Douleurs abdominales et rétrocraniennes. Amaisrissement très marqué depuis six mois. Alitée depuis trois mois.

Paroi abdominale très relâchée ; gastroptose, estomac dépassant en bas l'ombilie. Vive sensibilité de l'aorte abdominale qui peut être déplacée par la palpation ; celle-ci amène un sentiment de malaise et des nausées. Sensibilité localisée à l'aorte. Côlon sigmoïde palpable, rempli de matières.

Radiales et temporales selérosées, Eclat du deuxième bruit aortique.

Urines normales, mais peu abondantes. Chimisme gastrique : hypoacidité ; pas d’hémorrhagies occultes.

Diagnostic : Artério-sclérose et aortite aiguë abdominales avec constipation et gastroptose.

Traitement : Diète, teinture de strophantus, théobromine et salicylate de soude. Amélioration très rapide, persistant encore six mois après, permettant à la malade de reprendre une vie active.

OBsERvATION XX VI (J. Rosengart, Münch, med. Woch., 1906),

Crises de douleurs abdominales avec hallonnement et gaz, alternant avec crises d'angine de poitrine vraie.

Homme, vient, en 1896, se plaignant de troubles abdominaux. Il a été soigné pour uleère d'estomac ; il a fait une cure pour engraisser {Mastkur) et une cure de bains à Carlsbad.

Depuis un an et demi, perte de poids régulière, perte de l'appétit, nausées et renvois. Tous les jours et bientôt même après chaque repas, il souffre de coliques abdominales violentes, suivies de renvois sans saveur et d'émission de gaz ; douleurs avant et après les selles, au niveau de l'abdomen et de la région lombaire. Le sommeil est défectueux ; après trois ou quatre heures de sommeil, le malade est réveillé par des douleurs abdominales suivies de nausées et d'émission de gaz.

On constate, chez ce malade très amaigri, une légère atonie gastrique et un rein droit mobile, Repas d'épreuve normal. Pas d’albumine: rien au cœur. Amélioration.

En 1899, après une légère fatigue corporelle, le malade souffre à nouveau ; vomissements, troubles généraux, alternant avec une sensalion de très grande faiblesse et de poids derrière le sternum, Augmentation de volume du

cœur. À la pointe et vers la base, petit souffle systolique : éclat du deuxième ton aortique ; pouls rapide { 104) et un peu irrégulier. Cure de repos prolongée ; amélioration. Cure à Nauheim, n'amène pas de changement dans l’état du cœur.

On impose le changement de genre de vie, de grands ménagements avec un peu d'exercice ; Le malade se maintient dans un état de santé meilleur qu'il n'en avait eu depuis longtemps. Mais chaque fatigue et chaque émotion furent dès lors suivies des phénomènes suivants : courbature de tous les membres, faiblesse et lassitude des jambes, ballonnement du ventre, émission de gaz et, enfin, le plus souvent, pendant plusieurs jours, sensation de poids derrière le sternum et sous l'omoplate gauche. Etat cardiaque stationnaire ; pouls à 84.

En octobre 1904, un accès d'angine de poitrine vraie vint apporter une clarté évidente dans ce cas.

OBsEeRvATION XXVII

(J. Rosengart, Münch. med. Woch., 1906).

Arlério-sclérose : crises nocturnes de ballonnement abdominal avec qaz ; intolérance remarquable pour l'alcool. — Hémiplégqie,

Homme, cinquante ans, se plaint de ballonnement du ventre et de gaz douloureux. Ces accès surviennent surtout la nuit, ils s'accompagnent d'une rapide augmentation de volume du ventre et de refoulement considérable du diaphragme en haut.

Ce furent les seuls symptômes pendant des années. Son entourage remarquait que des quantités d'alcool modérées, qu'il aurait parfaitement supportées auparavant, l’excitaient fortement et le portaient à des actes qu'il n'aurait pas acecomplis de sang-froid. Durée : plusieurs années, sans signe cardiaque ni modification du pouls. Plus tard, une apoplexie avec hémiplégie confirma l'existence d’artério-selérose

ancienne,

OgservaTion XX VIII

(J. Rosengart, Münch. med. Woch., 1906).

Crises de ballonnement abdominal avec coliques et gaz. — Accès de slénocardie ; aortite.

Un autre cas, avec ballonnement, coliques et renvois fut soigné pour catarrhe gastrique, puis pour dyspepsie nerveuse, Le cœur était normal, les efforts tolérés. Un accès nocturne sévère de sténocardie vint éclairer ce cas; depuis lors, autres signes d’artériosclérose ; aortite ; tension, 120 au Gäürtner, Pas d’albumine.

OgsEervaTION XXIX

(J. Rosengart, Münch. med. Woch., 1906).

Crises gastriques et intestinales douloureuses, avec ballonnement, alternant avec crises de sténocardie. — Sialorrhée pendant les accès.

Homme, soixante-quatre ans, vient en septembre 1904, se plaignant de « crampes d'estomac ». Ces crampes surviennent peu de temps après les repas; au cours de ces crampes, vomissements contenant les aliments ingérés et une grande quantité de liquide âcre et acide. Salivation très abondante. Amaigrissement de 10 kilogrammes en six mois. L’appétit serait conservé si le malade avait le courage de manger. Constipation. Sommeil défectueux ; après quelques heures de sommeil, le malade est éveillé par les douleurs abdominales, qui augmentent jusqu'à devenir insupportables. Au cours de ces coliques violentes, le malade a l'impression « que ses intestins s'entortillent ».

Rien d'objectif à l'examen de l'abdomen : pas de point douloureux gastrique, lombaire, ni vésiculaire,

Hémorrhoïdes, grosse prostate,

Nu

Cœur élargi, surtout à gauche. Pouls à 94, régulier, mou,

Pendant l'examen, flux de salive très claire.

Repas d’épreuve : un peu d’hyperacidité; pas de sang, même au microscope.

Quelques jours après, vomissement abondant renfermant du sang noir digéré. Aucun symptôme en faveur de l’ulcère de l'estomac. Peu de sang dans les selles. Repos au lit: diète d'ulcus et thérapeutique d'ulcus. Peu d'amélioration. La morphine seule calme les douleurs abdominales.

Pendant les accès douloureux, je pus souvent observer un gonflement net de l'estomac et du météorisme dans la région de l’angle gauche, mais jamais de raideur de l'intestin. Une émission de gaz abondante, accompagnée de sensation douloureuse, marque la fin de l’accès ou, du moins, amène une amélioration. Pas de sclérose des artères périphériques. Pas d'albuminurie.

L'atropine, employée longtemps, amène une amélioration des symptômes gastriques et de la salivation. Repos prolongé.

Un jour, douleur violente derrière le sternum; dans les nuits suivantes, accès net de sténocardie.

Les symptômes gastriques et la salivation s'installent à nouveau. À plusieurs reprises, dans la nuit, vomissement de liquide abondant avec sang. Malgré cela, médication iodurée qui est remarquablement supportée. La salivation cède plusieurs fois à l'atropine.

Cœur : Elargi: souffle présystolique rude, exagération des deux tons aortiques. Pouls rapide, 146 au Güärtner.

Amélioration par l’iodure.

Aggravation. On essaie la diurétine, qui semble améliorer les phénomènes gastriques, mais une douleur violente, apparue derrière le sternum, me décide à abandonner la diurétine,

OBsERvATION XXX

(De Rombeerg, citée in Rosengart).

Artério-sclérose : crises de douleurs épigastriques et ombilicales après les repas; vomissements; constipation ; selles sanglantes. — Alhuminurie. — Plus fard, infarctus intestinal.

Homme, vingt-cinq ans, raboteur de fer, n'a jamais touché de plomb. A souffert de céphalée, de vertiges et de lassitude générale. Puis il eut des douleurs épigastriques et ombilicales survenant une heure ou une heure et demie après le repas. Plus tard, il eut des vomissements après chaque repas; les selles étaient rares et contenaient du sang. Toutes les artères périphériques étaient scléreuses. Albuminurie. Apparition de symptômes péritonéaux. Opération. On trouve un amas d’anses grèles en partie accolées, avec plusieurs points gangrenés et perforés.

AuTopsiE. — Reins scléreux. Artério-selérose à un haut degré, surtout sclérose et rétrécissement de toutes les artères de l'intestin.

OrsERrvATION XXXI

(Friedmann, Berlin; klin. Woch., n° 43, o1 octobre 1912. Analyse in Arch, des maladies du cœur, avril 1913, par P. Brette.)

Syphilis. — Coexistence de claudication intermittente et de crises douloureuses intestinales. — Traitement spécifique. — Guérison.

Homme, quarante-sept ans, syphilitique.

Depuis quelques années, présente, tous les quatre mois environ, des douleurs abdominales terribles survenant, en général, le soir et durant quelques heures: dans l'intervalle, quelques vagues troubles digestifs.

Depuis quinze mois, la jambe droite devient lourde, comme paralysée le soir et le malade boite.

Examen viscéral absolument négatif. Pression artérielle, 118-120 millimètres. Un peu d’exagération du réflexe plantaire. Ne trouvant, pour expliquer ces douleurs, ni ulcère, ni calcul vésiculaire et surtout aucun symptôme de tabes, l'auteur admet qu'il s'agit d'artérite ayant frappé à la fois le membre inférieur et l'intestin.

Traitement mereuriel, puis salvarsan, En quelques semaines, tout disparut.

OBsERvATION XXXII

(Schnitzler).

Crises de douleurs abdominales d’abord épigastriques, puis

sous-ombilicales. — Constipation. — Laparotomie. — Mélæna. — Mort.

AUTOPSIE. — /nfarctus intestinal. — Oblitéralion ancienne

partielle des artères mésentériques supérieure et inférieure.

Femme, cinquante-cinq ans. Pleurésie dans le jeune âge. Iritis droite ancienne suivie de cécité. Glaucome gauche.

Depuis cinq ans, constipation opiniâtre; depuis quatre ans, accès de douleurs violentes «à rendre presque enragé », localisées tantôt à l’épigastre, tantôt à l’hypocondre droit, tantôt à l'hypogastre. Jusqu'à ces six derniers mois, les douleurs apparaissaient toujours après les repas, étaient suivies de vomissements et avaient un caractère crampoiïde. Il y aurait eu, après ces accès de douleurs, un peu de subictère.

Depuis six mois, cessation des vomissements ; les douleurs siègent au-dessous de l'ombilic, sont encore plus violentes: elles surviennent sans relation avec les repas, sous

forme de crampes: la malade les compare à des nouures de l'intestin. Ces accès se prolongent parfois jusqu à trente heures, avec de courtes rémissions. Constipation de plus en plus opiniâtre. Miction impossible pendant huit ou dix heures au moment des accès. Deux cures de Carlsbad sans amélioration. La morphine ne procure qu'un soulagement incomplet.

A l'examen : Malade très pâle, très amaigrie. Pas de fièvre.

Radiales sinueuses, pas très dures. Pouls de tension normale à 90.

La pression dans la région hypogastrique est douloureuse, Pas de péristaltisme. Foie un peu gros.

La malade réclame une opération: pensant à de la hthiase biliaire ou à un obstacle intestinal par bride, on fait une laparotomie. On trouve quelques adhérences lâches reliant la vésicule à l'intestin; calculs vésiculaires assez nombreux. On ne trouve rien d’anormal au niveau de l'intestin.

Persistance des accès douloureux violents, avec constipation opiniâtre. La malade meurt après avoir rendu une selle noire.

AUTOPSIE. — Cœur dilaté, sans lésion des coronaires. Peu d’athérome au niveau de l’aorte thoracique.

Dans le péritoine, épanchement de sang fluide, suflusions sanguines sous-péritonéales sur tout l'intestin grêle, sauf le duodénum, et sur le côlon ascendant. Muqueuse brun sale, décolorée par places.

Aorte abdominale peu modifiée : quelques foyers d'’athérome, Embouchure du tronc cœliaque normale. A la naissance de l'artère mésentérique supérieure, épaississement de l’endartère et rétrécissement considérable de la lumière. Un peu plus loin, celle-ci est oblitérée par un bouchon fibreux blanc, conjonctif, puis elle redevient libre. Mêmes altérations de l'artère mésentérique inférieure. IL devait donc y avoir oblitération depuis de longs mois, bien qu'on

FES M ré

eut des lésions analogues à celles qui succèdent à une oblitération récente.

Ogservarion XXXIII (Rossbach).

Douleurs abdominales crampoïdes, à maximum hypogas-

trique. — Constipation. — Néphrite chronique avec hypertension. — Hémorrhagie cérébrale. — Mort. — Autopsie : athérome de l'aorte abdominale. — Calcifi-

calion de la mésentérique supérieure.

Femme, quarante-trois ans. Souffre depuis trois ans de douleurs crampoïdesabdominales, à maximum hypogastrique au moment des règles, absolument indépendantes de Ja période digestive. Vertiges répétés, angoisse profonde. Constipation marquée, appétit bon. Sensation de lourdeur dans les jambes. Crises sudorales.

Gros cœur ; souffle systolique et clangor du deuxième bruit au fover aortique.

Pas de sclérose des artères périphériques.

Pression artérielle très élevée (28 au Recklinghausen).

Traces d’albumine.

Morte d'hémorrhagie cérébrale un mois apres.

Auropsi£. — L'aorle sous-diaphragmalique est transformée en un tube rigide : les tuniques moyenne et interne sont fortement calcifiées. La calcification se prolonge dans l'artère mésentérique supérieure et les iliaques; elle cesse au niveau des fémorales. Aucune sclérose microscopique des ramifications secondaires des vaisseaux abdominaux.

OBsErvATION XXXIV (De Thorowgood!}).

Athérome de l'aorte el des mésentériques. — Crise d'occlusion intestinale. — Mort.

« À son degré le plus accentué, l'entérospasme détermine la crise coprostatique simulant l'obstruction et même l’occlusion intestinale la plus franche. Je n’en ai pour ma part jamais observé, mais on en peut trouver un bel exemple dans un travail déjà ancien de Thorowgood. Le malade atteint de spasme intestinal grave fit une crise d'occlusion dont il mourut. L'autopsie permit de constater l’athérome de l'aorte et des artères mésentériques, lésions que l’auteur n'hésite pas à incriminer dans la production des accidents » (Lœper).

D. SYNDROMES INTESTINAUX LIÉS À LA PÉRIAORTITE ABDOMINALE

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