‹ Syndromes intestinaux d'origine artérielleChapitre 33 sur 52 · AS G · texte numérisé non relu

AS G

d'aortite abdominale : Crises de coliques avec diarrhee vaso-molrice ; hypertension de la pédieuse.

Femme, quarante-cinq ans. Pas d’antécédents pathologiques. En 1904, grippe avec détermination pleuro-pulmonaire gauche. Après plusieurs semaines, la malade se lève ; la fièvre est tombée : persistance de crises douloureuses en demi-ceinture du côté droit du thorax, prédominance à la pointe de l’omoplate, irradiée en avant dans la région précordiale, en arrière le long de la colonne vertébrale jusqu à la région lombaire ; pas d'irradiation dans les bras. Pendant ces crises violentes, qui se répètent plusieurs fois par Jour, pileur de la face. Entre les crises, angoisse et sensation de constriction de l’hémithorax droit.

25 mai 1904. — Submatité aux sommets; frottements à la base gauche.

Cœur : Pointe dans le V° espace, double souffle aortique sur le bord gauche du sternum.

Double souffle crural de Duroziez. Pas de pouls de Corrigan. Radiale : Tension, 17.

Radioscopie : Sommets gris. Dilatation de la portion ascendante de l’aorte.

Evolution : Alternance des crises d’angor et des crises d'oppression.

10 novembre 1904. — Radioscopie : Dilatation diffuse de toute la portion ascendante de l’aorte.

28 janvier 1905. — Douleur spontanée, violente, à l'épi-

gastre, ressemblant plus ou moins à des coliques, s'accompagnant de diarrhée abondante (dix selles dans la nuit).

5 février. — On note : battements épigastriques manifestes; la palpation de l'aorte à ce niveau éveille une douleur très intense. La contracture des droits rend l'examen de l'aorte difficile : quand il est possible, on constate l’ectasie du vaisseau et sa déviation à droite de la colonne.

Tension artérielle :

À la radiale, 13; à la pédieuse 16.

Traitement : Révulsion énergique sur la région de l'aorte abdominale (pointes de feu) ; en une semaine, sans modification du régime; la diarrhée et les douleurs cessèrent.

OBservATION LIII

(Lœper).

Aortite abdominale : Crises de diarrhée. — Accidents abdominaux mortels (infarctus intestinal ou anévrysme disséquant de l'aorte abdominale).

Homme, soixante-sept ans: bonne santé habituelle. Cependant gros cœur, éclat du deuxième ton aortique; hypertension (21). À eu des crises de spasme des fémorales, analogues à la claudication intermittente. A eu en 1908 des crises de polyurie pendant lesquelles la cireulation générale était meilleure et la tension artérielle abaissée.

Subitement, une nuit, 1l ressentit l'envie impérieuse d'aller à la selle et, après des crampes intestinales assez douloureuses, se présenta près de huit à dix fois à la qarderobe en douze heures, pour rendre une quantité considérable de liquide séro-muqueux contenant à peine trace de matières fécales. Cet état persista pendant quatre mois avec des alternatives d'aggravation et d'amélioration. Pendant toute cette période, à part une certaine hyperesthésie abdominale, la santé générale était peu altérée. La tension était même plus basse, la montée des escaliers plus facile.

Il semble que tout soit rentré dans l'ordre par l'administration de teinture de gui et de digitale pendant un mois.

Huit mois après cette crise, survinrent les accidents graves qui emportèrent le malade: vers 2 heures de l'après-midi, il fut pris de douleurs pongitives, au creux épigastrique, avec irradiations dans les lombes ou vers l'épaule, tout à fait analogues aux crises d'angor abdominal

et accompagnées d’une formidable diarrhée séreuse. La morphine seule calmait les douleurs et les troubles intestinaux. Le ventre se ballonna, le pouls devint incomptable, les extrémités froides. L'examen des selles montra une certaine quantité de sang et la palpation de l'aorte permettait de percevoir une sorte de thrill au-devant du promontoire. Mort dans une syncope au troisième jour. Pas d'autopsie. On émet deux hypothèses : infarctus intestinal ou anévrysme disséquant de l’aorte abdominale.

OgsEervaTion LIV (Sgalitzer).

Aortite abdominale : Diarrhée grave simulant le choléra.

Femme, soixante-quatre ans, lingère. Depuis deux jours, malaise, perte des forces, vomissements et diarrhée violente persistante. La veille de l'entrée, douleurs crampoides dans tous les muscles du corps : crampes des mollets si violentes que la malade ne peut se tenir debout. Malade amaigrie ; cyanose légère sans œdèmes.

Cœur un peu dilaté à la radioscopie; bruits sourds. Pression 70 (tonomètre). Radiales dures et sinueuses.

Abdomen mou, météorisé, douloureux à la pression. Vifs mouvements péristaltiques des anses intestinales augmentant encore par une percussion légère. Raideur : exagération des réflexes rotuliens. Albuminurie légère avec cylindres granuleux : urines très rares.

On pense au choléra, puis à un typhus anormal; la baclériologie fait écarter ces deux hypothèses. On fait alors le diagnostic d’artério-sclérose généralisée, prédominant aux mésentériques.

Traitement: Bains tièdes, froids etiodylidine. La diarrhée se calme. Les urines restent rares. La malade meurt cinq Jours après son entrée, de faiblesse cardiaque.

AuUropsiE. — Sur l'aorte, principalement à là partie infé-

rieure de l'aorte abdominale et sur l'orifice des artères mésentériques, plaques d’athérome. Intestin : Lésions banales de catarrhe aigu.

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