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HISTORIQUE

L'infarctus intestinal qui succède à l’oblitération brusque des artères mésentériques, surtout de la mésentérique supérieure, représente le trouble le plus grave que puisse causer une altération des artères destinées à l'intestin; aussi s'est-il, le premier, imposé à l'attention des observateurs, et c’est par les études s’y rapportant que nous commencerons ce chapitre. Nous verrons ensuite ce qui a été publié sur des altérations moins graves ou mieux compensées des artères mésentériques. Puis nous signalerons les travaux où sont étudiés les troubles intestinaux, liés aux lésions de l’aorte sous-diaphragmatique, Enfin, nous terminerons par l’historique des artérites pariétales de l’intestin.

La forme d’infarctus artériel de l'intestin la plus anciennement connue est l’INFARGTUS HÉMORRAGIQUE. Tiedemann, en 1843, et Virchow, en 1847, ayant rencontré une oblitération de lartère mésentérique supérieure sans lésion de lintestin, avaient conclu que la circulation mtestimale pouvait se rétablir par les anastomoses. Mais, dès 1852, Virchow observe un

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cas d’embolie de la mésentérique supérieure ayant entrainé un infarctus intestinal hémorragique.

Kussmaul (1864), puis Lereboullet (1875), fixent les grands traits de l’évolution clinique de l’affection. Citons aussi les travaux de H. Mollière (1871) et de Faber (1875) sur l’embolie de la mésentérique supérieure.

Vers cette époque, se placent les recherches experimentales de Lillen, qui aboutissent à la conception suivante : l’artère mésentérique supérieure est anatomiquement anastomotique, mais elle se comporte comme une artère physiologiquement terminale. Malgré les résultats opposés obtenus par Beckmann par Cohn et par Cohnheim (1885), les conclusions de Litten furent à peu près universellement acceptées et sont restées classiques jusqu’à ces dernières années.

Après les publications de Pillet (1890) et d’Elliot (1895), Watson, en 1897, cite 52 cas d’infarctus intestinal par embolie mésentérique.

En 1901, une excellente revue générale de Gallavardin, sur l’oblitération des vaisseaux mésentériques. constitue une mise au point de la question : l’auteur ne signale que cinq cas d’infarctus par thrombose mésentérique et un grand nombre d’infarctus emboliques. Jackson Porter et Quinby (1904) réunissent plus de 120 observations d’oblitération artérielle mésentérique. De nouveaux cas d’embolie de la mésentérique supérieure sont rapportés par Lindner, Claisse et Abrami, Fischer, Leclerc et Beutter, N ydegger (1905), par Valadao, Coon, Edelmann, Haegel, Syms (1906).

L'année suivante (1917), nous trouvons, avec deux

nouvelles observations Iyonnaises de Mollard et Monod et de Piéry et Dumas, celles de Lichtendorf et Rodyer: cette même année, Morisset consacre sa thèse à l’enibolie mésentérique et Funke publie un cas de thrombose de la mésentérique supérieure ayant entrainé une perforation intestinale.

En 1908, Mauclaire et Jacoulet font, dans les Archives de Chirurgie, une revue générale sur l’infarctus hémorragique de l’intestin ; Touraine et Macé de Lépinay publient une observation où l’mfarctus donnait lieu à la formation d’une tumeur perceptible à la palpation abdominale. Dans le cas de Chatin et Chèze, on peut discuter sur l’origine thrombosique ou embolique de infarctus, mais Ravenna, Parmentier et Chabrol (1908) apportent de nouvelles preuves en faveur de loblitération par thrombose des artères mésentériques athéromateuses.

Sokoloff, Mériel (1909), Sauvé (1910) relatent des cas personnels; Zesas, dans un très important travail allemand, en 1910, rassemblant tous les cas publiés, donne une hibliogranhie très étendue ; Patel (1910) et son élève Taravellier (1911), Collins, Merkel, Wakefield, Hines, Hurnet, Stieda (1911) consacrent des études à l’imfarctus intestinal à propos de cas personnels.

Thévenot et Rey (1911) msistent sur la forine luineur de cette affection. Enfin, les expériences de Souligoux et Lagane, reprises par Lagane dans sa thèse (1911), en précisant le mode circulatoire dans les artères intestinales, mettent en évidence la possibite d'une circulation anastomotique suffisante dans

les obltérations mésentériques haut situées, contrarement à l’ancienne théorie de Latten. Lagane, dans sa thèse, fait une remarquable étude de plusieurs cas cliniques et d’un certain nombre de cas expérimentaux d’oblitération mésentérique, et 11 suit pas à pas l’installation des lésions anatomiques consécutives au niveau des parois intestimales.

Mais l’oblitération d’une mésentérique peut entrainer la production d’une NÉCROSE ÉTENDUE d’un territoire intestinal sans donner lieu à l’infarcissement hémorragique habituellement signalé. C’est ce qui se produit dans le cas d’Adenot, où on voit une gangrène du côlon succéder d'emblée à une thrombose de l’artère mésentérique supérieure. Sprengel (1902) attribue à l’oblitération simultanée des artères et des veines la production de ces infarctus anémiques, mais cette opinion n est pas généralement admise. Les cas d’infarctus anémique sont d’ailleurs rarement observes, peut-être aussi rarement Imterprétés : citons ceux de Neumann, de Niederstein (1906), de Cotte et Arnaud (1910), de W.-R. Meyer (1911), de Melnikoft Ruzvedenkoff (1911), Leclerc et Cotte (1911) expliquent l’infarctus anémique par l’oblitération des artères audessous des arcades anastomotiques du mésentère.

Lagane rejette l'expression d’infarctus anémique; il fait rentrer ces cas soit dans le cadre de « l’œdème intestinal avec infiltration leucocytaire », où peuvent se rencontrer des cas curables, soit dans les «nécroses primitives », étendues, de la plus haute gravité. Boinet (1912) présente à l’Académie de Médecine une étude à propos d’un imfarctus anémique ; il signale

la possibilité de cas curables, d'un très grand intérêt clinique.

En dehors des cas où l’existence d’un mfarctus intestinai impose l’examen des mésentériques, 1l est rare qu’on examine ces artères au cours des autopsies et les opinions les plus contradictoires sont soutenues sur la fréquence de leurs altérations. Cruveilhier, dans son atlas d'anatomie pathologique (1830-1832), signale leur ossification. Lobstein (1833), Rokitansky (1852) considèrent l’athérome des mésentériques comme une rareté. Hasenfeld (1898) soutient au contraire la fréquence de leur atteinte, mais ce ne sont là que des documents purement anatomiques, sans données cliniques. E. Chauffard trouve un anévrysme de la mésentérique supérieure chez un malade qui avait présenté des hémorragies intestinales pendant un mois.

Les premiers et les plus nombreux travaux anatomo-cliniques sur l’ATHÉROME MÉSENTÉRIQUE sont des publications allemandes ou autrichiennes : leurs auteurs s'occupent principalement des crises intestinales paroxystiques liées au rétrécissement ou à l’oblitération des artères mésentériques ; 1ls comparent, et certains assimilent ces crises à la claudication intermittente des membres inférieurs décrite par Charcot et Erb dans l’athérome des iliaques ou des fémorales. C’est l” « intermittierende ischämische Dysperistaltik » de Schnitzler (1901), la « Dyspragia intermittens angiosclerotica intestinalis » d’Ortner (1902); Moritz (1901), van Schrôtter (1901), Breuer (1902) et Neusser (1902) étudient cette claudication

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