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Les extraits antéhypophysaires alcalins seraient surtout lutéinisants. L'hormone gonadotrope peut être obtenue en épuisant le lobe antérieur en milieu acide.
Les travaux d’Ascheim, de Zondek, de Wiesner et de Collip confirment cette dualité hormonale.
Zondek, après avoir isolé de l’urine de femme enceinte les deux principes à action ovarienne, appelle «prolan A » l'hormone gonadotrope ou de maturation folliculaire, « prolan B » l'hormone lutéinisante.
Hisaw démontre que le prolan B ne peut pas agir sur le follicule ovarien non préparé à subir son action.
Brindeau et Hinglais individualisent une troisième hormone dont le temps d’action se place entre ceux de deux autres hormones. Ce principe de «pré-lutéinisation » est sans effet propre apparent sur le follicule, mais est indispensable pour sensibiliser celui-ci à l’action ultérieure du prolan B.
La notion de la pluralité des hormones antéhypophysaires n’est pas admise par tous les auteurs.
En réalité, on pourrait admettre qu'il n’existe qu’une hormone sexuelle dont l’action serait gonadotrope ou lutéinisante, suivant sa quantité dans les humeurs et suivant le degré de développement du follicule au moment où il subit l’action de l’hormone ; un follicule jeune achève.rapidement sa maturation, un follicule proche de la maturité réagit par la formation d’un corps jaune.
Champy, Aron et Evans se sont faits défenseurs de cette manière de voir.
Après les expériences très concluantes de Courrier et Kehl, Crew et Wiesner, qui sont parvenus à dissocier deux principes à action génitale dans le même extrait, il nous semble logique d'admettre l'existence d’au moins deux hormones préhypophysaires en vue de la régularisation du fonctionnement ovarien. La difficulté de séparer les deux hormones vient probablement du fait que leur poids moléculaire est approximativement le même (environ 800).
L’hormone gonadotrope (prolan A de Zondek, hormone æstrogénique de Crew et Wiesner) détermine la maturation du follicule, l’ovulation, la formation de points hémorragiques et l’évolution de corps jaunes vrais. Chez la souris femelle impubère elle entraîne le rut, 96 heures après l’imjection d’une unité-souris, avec congestion des ovaires et des cornes utérines. Chez la souris mâle impubère l’hormone
gonadotrope reste sans action macroscopiquement apparente (Brindeau et Hinglais).
L’hormone lutéinisante (prolan B de Zondek) détermine la lutéinisation massive des follicules. Elle n’agit que sur les follicules qui ont atteint un certain degré de développement. Son administration entraîne la lutéinisation des follicules renfermant encore un ovule d’où formation de corps Jaunes atrétiques et stérilité temporaire consécutive.
Chez la souris femelle impubère cette hormone ne provoque aucun phénomène de maturation ou de lutéinisation. Agissant seule elle n’a donc chez la femelle impubère aucune action directe. Chez la souris mâle impubère elle détermine une congestion rapide du tractus génital, surtout marquée au niveau des vésicules séminales qui, normalement transparentes et minuscules, sont ici énormes et gorgées de sécrétion blanchâtre.
D'après Lipschütz le prolan A et le prolan B sont antagonistes entre eux, de même que la folliculine et la lutéine le sont entre elles. Les principes gonadotropes antéhypophysaires et ceux qui ont été extraits des humeurs de l’organisme gravide ne sont pas absolument identiques malgré leur analogie d’action physiologique, bien démontrée par Zondek et plus récemment par Hisaw, Brindeau et Hinglais.
Les extraits placentaires ou l'urine de femme enceinte injectés à des animaux hypophysectomisés ne déterminent à peu près aucune modification ovarienne, alors que les extraits hypophysaires ont la même action sur les animaux sans hypophyse que sur les animaux intacts. La présence de l’hypophyse est donc indispensable pour que l’action des prolans puisse s'exercer.
| C’est une inactivité providentielle puisque, dans l’organisme de la femme enceinte, les énormes quantités de prolans circulant dans les humeurs ne peuvent pas produire la reprise de maturation des follicules ovariens, ni s'opposer à l’atrophie du corps jaune au cinquième mois. Les modifications hypophysaires pendant la grossesse ne permettent pas aux prolans de produire leur action ovarienne.
| Les gonado-stimulines hypophysaires sont probablement sécrétées par les cellules chromophiles, la formation de prolans paraît être particulièrement liée à l'existence du placenta ou d’un produit de dégénérescence des villosités choriales.
Cycle menstruel normal et intervention de la préhypophyse dans ce cycle.
La menstruation est dans le cycle génital de la femme un phénomène extérieur, facile à contrôler, qui peut donner des renseignements précieux sur le fonctionnement des glandes sexuelles. C’est une manifestation de la vie génitale commune à la femme et à certaines femelles d’anthropoïdes.
Les deux menstruations successives délimitent le cycle œstral dont le cours normal et régulier dépend de la sécrétion antéhypophysaire. |
Il serait tout à fait inexact d’assimiler la menstruation de la femme au rut des animaux ; le rut a lieu à la phase où le follicule est mûr, prêt à éclater pour laisser échapper l’ovule ; la menstruation présente avec l’ovulation des rapports très variables. Ces deux phénomènes, malgré leur signification physiologique différente, sont liés intimement à la sécrétion sexuelle préhypophysaire. Le rut se produisant au moment de l’ovulation, l’hormone folliculo-maturatrice seule suffit à le provoquer ; pour qu’une menstruation normale se produise, il faut que l’action des deux hormones gonadostimulantes soit associée.
L'enduit vaginal des animaux présente des modifications microscopiques qui varient cycliquement et permettent de déterminer avec précision lemoment du cycle où le prélèvement a été effectué. Le cycle œstral chez les animaux, comme l'ont démontré Long et Evans sur le rat et Allen sur la souris, se compose de phases suivantes :
1° L’œstrus ou rut coïncidant avec la maturation folliculaire complète ; à l'examen de l’enduit vaginal on ne constate que des cellules anucléées, kératinisées et les ovaires montrent
des follicules à cavité distendue.
20 Le métaæstrus où on trouve, dans le vagin, à côté des cellules kératinisées, de nombreux leucocytes ; les ovaires présentent des corps jaunes actifs et pas de follicules en développement.
30 Le diæstrus, état de repos ; l’enduit vaginal est principalement composé de mucus et dans l'ovaire on trouve des corps Jaunes.
49 Le proæstrus correspond à la maturation folliculaire intense, cette phase est caractérisée par sa durée éphémère et par la présence dans le vagin des cellules à noyau dégénératif.
Cette évolution cyclique est entièrement subordonnée au fonctionnement de la préhypophyse. Il suffit d’injecter des quantités importantes d'extrait antéhypophysaire pour voir les follicules se lutéiniser sans ovuler ; d’où la nécessité pour la sécrétion hypophysaire d’une régulation physiolo-
ique. L
: He la femme normale le cycle menstruel se reproduit en moyenne tous les vingt-huit jours et fait subir des modifications périodiques importantes à tout le tractus génital. Il nous semble plus simple d'étudier séparément le cycle ovarien et le cycle utérin, quoique ces deux phénomènes se passent simultanément.
L’ovaire de la femme est en perpétuel remaniement depuis la puberté jusqu’à la ménopause. La maturation folliculaire commence peu de temps après la fin des règles précédentes. Elle se fait sous l’influence de l’hormone hypophysaire de aaturation qui apparaît dans l’urine en petite quantité dès le cinquième ou sixième jour du cycle menstruel. Les follicules appelés à müûrir augmentent très rapidement de volume aux dépens des cellules de la «granulosa ». A l’intérieur de cette agglomération cellulaire on voit apparaître une lacune occupée par un liquide de plus en plus abondant, le «liquide foliculaire ». Le follicule ainsi distendu fait saillie à la surface de l’ovaire et se rompt brusquement laissant échapper l’ovule. L’hormone préhypophysaire de lutéinisation apparaît en ce moment dans les humeurs. Sous son influence le follicule vide subit une série de transformations qui donnent naissance au corps jaune. Cette véritable glande endocrine temporaire, devenue mûre cinq à six jours avant le début des règles, sécrète la lutéine qui s'oppose à la croissance d’un nouveau follicule. Si l’ovulation est suivie de fécondation, le corps jaune dure très longtemps et tient sous sa dépendance la nidation de l’œuf ; si la fécondation n’a pas lieu, il entre en régression à peine arrivé à sa période d'état, à cause de l'arrêt de la sécrétion d’hormone lutéinisante.
La préhypophyse, par son action gonado-stimulante,
déclanche la sécrétion des deux hormones sexuelles ovariennes, folliculine et lutéine. Celles-ci ont une action directe sur la paroi utérine et font subir à cet organe des modifications profondes évoluant d’une façon cyclique.
La première phase de ce cycle, qui correspond à l’apparition de la folliculine sécrétée par le follicule de de Graaf en voie de maturation, est caractérisée par la prolifération de la muqueuse utérine au dépens des culs-de-sac glandulaires. Elle dure du cinquième au quinzième jour après la fin des règles. L’épaississement de la muqueuse devient considérable cinq à six Jours avant le début des règles. L’endomètre prolifère et s’œdématie, les culs-de-sac glandulaires sont gorgés du mucus : c’est le stade prémenstruel ou prégravidique. Ce développement énorme de l'utérus est dû à la lutéine, qui exerce son action sur l’endomètre, préparé antérieurement par la folliculine. Si l'œuf est fécondé, la prolifération se poursuit pour préparer la nidation et pour former les caduques et le placenta. Dans le cas contraire, la présence dans les humeurs d’un excès d'hormones ovariennes détermine un ralentissement de la sécrétion génitale hypophysaire et à défaut de cet excitant physiologique l’ovaire n’est plus capable de sécréter la folliculine et la lutéine. En conséquence l’édifice endométrial prémenstruel s'écroule et la menstruation apparaît. Quelques jours après l'hormone hypophysaire de maturation revient dans les humeurs et ainsi le cycle continue, interrompu temporairement par les grossesses.
Chez la femme, le cycle des menstruations peut se poursuivre très rarement sans ovulation et sans formation de corps jaune. Corner, en étudiant dans ces cas l’évolution de la muqueuse utérine, démontre que ces anomalies ne sont pas équivalentes à des règles véritables.
Troubles de la menstruation par perturbation hormonale hypophysaire.
La préhypophyse étant «le moteur de la fonction sexuelle », ses dérèglements dans le sens d’hypo ou d’hyperfonctionnement retentissent considérablement sur le cours
du cvcle menstruel. Les règles peuvent se traduire par un flux sanguin insignifiant (hypoménorrhée), ne survenir qu'à des intervalles très espacés (oligoménorrhée), manquer complètement (aménorrhée), ou au contraire elles peuvent devenir trop fréquentes et trop abondantes (polyménorrhée et hyperménorrhée). :
L'hypophyse malade peut cesser la production du prolan. Il en résulte une diminution ou absence de flux menstruel. L’aménorrhée chez les basedowiennes ressort fréquemment de l’hypofonctionnement hypophysaire.
En 1904, Madelung était un des premiers à démontrer en clinique humaine que de la destruction de l’hypophyse s'ensuit des troubles génitaux importants. Il apporte le cas d’une fillette de 9 ans, dont une balle vint détruire l’hypophyse et entraîner un arrêt de croissance, une certaine adiposité, l’absence de développement des organes génitaux et des caractères sexuels secondaires. Dans les cas de destruction de l’antéhypophyse par une tumeur, on trouve presque toujours des troubles menstruels. L’adénome chromophobe formé de cellules peu sécrétoires s'accompagne du syndrome clinique d’hypopituitarisme. Il entraîne très précocement, et d’une facon constante, une atrophie des ovaires avec aménorrhée et stérilité.
L’adénome éosinophile formé de cellules à caractères sécrétoires marqués se manifeste en clinique par le syndrome d’acromégalie. L’aménorrhée est fréquente mais nullement constante. Hirsch constate que dans l’acromégalie les règles sont supprimées dans 94 ® des cas. Il considère que les tumeurs éosinophiles, quoique composées de cellules à type sécrétoire, ne sont pas capables de remplacer la sécrétion de l’hypophyse normale au point de vue génital,
L'insuffisance hypophysaire s'accompagne presque toujours d’oligoménorrhée ou d’aménorrhée. Eidelsberg cite quinze cas d’hypopituitarisme chez les femmes à l’âge d’activité génitale, dont huit n'étaient jamais réglées et quatre présentaient des règles insuffisantes et irrégulières. Les femmes atteintes de cachexie hypophysaire (maladie de Simmonds) présentent, à côté d’amaigrissement, d’hypotension et d'hypoglycémie, les signes d'insuffisance ovarienne : menstruations irrégulières et atrophie des organes génitaux.
Les signes cliniques peuvent donner souvent des indications précieuses pour déceler, à la base d’anomalie menstruelle, un trouble hypophysaire. Ce sont surtout des petites femmes obèses, avec prédominance du tissu adipeux à
l'abdomen et au bassin, à organes génitaux mal développés et à pilosité de type masculin, sujettes souvent aux migraines, qui présentent le dérègiement de la sécrétion gonado-stimulante. À l’examen des yeux on peut constater le rétrécissement des champs visuels, parfois la papillite, révélant un adénome hypophysaire silencieux. La radiographie peut montrer les anomalies des formes et des dimensions de la selle thurcique dans le cas de tumeur hypophysaire.
Le dosage des gonadostimulines dans le sang et les urines est d’un secours précieux pour dépister les perturbations de la sécrétion hormonale. L'absence du prolan A dans les urines d’une femme atteinte d'aménorrhée sera en faveur de lésion hypophysaire, puisque, à défaut de cette hormone, la maturation folliculaire ne peut plus avoir lieu.
Une tolérance anormalement forte au glucose serait aussi en faveur d’une cause hypophysaire.
Une insuffisance ovarienne peut être facilement distinguée par le dosage de l'insuffisance hypophyso-gonadique, puisque la teneur des humeurs en hormones gonado-stimulantes augmente dans le cas d'aménorrhée ovarienne.
Lipschutz a démontré que la préhypophyse du cobaye qui a subi une castration partielle semble être plus active ou plus riche en prolan A, que l’hypophyse normale. Ainsi activée elle déterminerait un fonctionnement exagéré et irrégulier du fragment ovarien qui provoque à son tour un cycle sexuel troublé.
Hoffbauer a remarqué que les lésions de l’endométrite hyperplastique ressemblent beaucoup aux altérations que présente la muqueuse utérine de l’animal, chez lequel on a implanté à plusieurs reprises le lobe antérieur de lhypophyse. D’autre part, cette affection a été observé dans quelques cas ou il y avait hypertrophie du lobe antérieur avec acromégalie. Il en conclut que l’endométrite hyperplastique est due à l’exagération de la sécrétion antéhypophysaire. Hoffbauer évoque la même cause dans la formation de kystes folliculaires qui s’observent souvent en cas d’hyperplasie de l’endomètre.
Rivoire prétend que l’hypophyse est à la base de plus de la moitié des aménorrhées non inflammatoires. La plupart des polyménorrhées, qui n’ont pas à leur origine une cause locale utérine, sont dues, d’après cet auteur, à une hypersécrétion d’hormone gonadotrope.
Ainsi, une insuffisance d’hormone de maturation sera la cause d'aménorrhée ou d’oligoménorrhée.
RPC UE
L’insuffisance d’hormone lutéinisante, très rarement rencontrée et difficile à identifier, entraîne en général une longue période d'aménorrhée entrecoupée par des ménorragies souvent inquiétantes. La biopsie d’une parcelle de muqueuse utérine, examinée microscopiquement, la montre dans la phase de prolifération endométriale, le stade prémenstruel ne pouvant être obtenu sans lutéine.
L’exagération de la sécrétion hypophysaire d’hormone de lutéinisation détermine en général une aménorrhée par persistance anormale du corps jaune, soit par lutéinisation massive de l’ovaire avec atrésie folliculaire. Certains adénomes hypophysaires et les tumeurs placentaires s’accompagnent très fréquemment d’hypersécrétion lutéinisante ; le placenta sécrète en effet une hormone de lutéinisation très voisine de celle de l’hypophyse. Dans ces deux cas il y a apparition de prolan B dans les urines, qu’on met en évidence par les réactions biologiques.
Une hypersécrétion d’hormone hypophysaire de maturation est souvent à l’origine des polyménorrhées. C’est à la puberté et à la ménopause que les polyménorrhées sont les plus fréquentes, puisque à ces deux époques extrêmes de la vie génitale l’activité hypophysaire est irrégulière.
Le rôle du lobe antérieur dans le déclanchement de la puberté.
La première menstruation survenue à l'aurore de la vie
génitale de la femme est la plus évidente manifestation de la puberté. C’est une période pendant laquelle apparaissent ou s’accentuent les caractères sexuels secondaires. L’ovaire se congestionne, grossit plus vite que les autres organes, un follicule arrive à la maturité et se rompt, mettant en liberté un ovule.
La première menstruation est en général précédée par l'apparition de caractères sexuels secondaires et son imminence est annoncée par l'écoulement leucorrhéique et de la pesanteur à l’hypogastre ou dans les aines.
La puberté peut être considérée comme un état d’équilibre entre l’hormone hypophysaire de croissance et les hormones gonado-stimulantes.
Avant l’avènement de la puberté c’est l'hormone de croissance qui exerce une action prédominante sur l’organisme et s’oppose probablement à l’action des hormones hypophysaires sexuelles. Il n’est pas douteux qu'avant la puberté et même dès la période fœtale, le tissu de la préhypophyse contient déjà les hormones sexuelles. Mais leur quantité sécrétée dans le sang est très faible, tandis que l’hormone de croissance est sécrétée très abondamment. A l’âge adulte c’est l'inverse qui s’est produit : l'hormone de croissance n’existant presque plus dans les humeurs, les hormones gonado-stimulantes sécrétées en grande quantité par la préhypophyse entraînent l’épanouissement complet de l’activité génitale.
La puberté se place ainsi entre deux périodes différentes de la vie, la première caractérisée par la croissance somatique, la seconde par le développement sexuel.
Evans émit l’hypothèse d’un antagonisme entre la gonadostimuline et l’hormone de croissance ; pendant l’enfance, l’organisme étant saturé d’hormone de croissance, la gonadostimuline est inhibée dans son action sur le tractus génital ; à l’âge de la puberté l'hormone hypophysaire de croissance diminue dans les humeurs et l’action des hormones préhypophysaires sexuelles s'exerce sur l’ovaire. Le prolan À provoque la sécrétion de la folliculine par un follicule de de Graaf en voie de maturation et celle-ci détermine la venue des caractères sexuels secondaires. Le prolan B préside à la formation du corps jaune aux dépens du follicule qui s’était rompu, après avoir laissé échapper un ovule. La lutéine, produite par le corps jaune, fait apparaître l’édifice endométrial prégravidique qui, en s’écroulant, donne lieu à la première menstruation.
La théorie d’antagonisme hormonal génito-somatique s'appuie sur les preuves suivantes : le lobe antérieur d’animaux impubères contient la gonado-stimuline puisque, injecté à d’autres sujets impubères, il fait apparaître l’œstrus ; d'autre part Evans et Long ont fait connaître que chez les rats normaux, soumis à des injections répétées d’extraits à action somatotrope, les signes vaginaux d’œstrus cessent de se manifester ; enfin, Simon et Grimes considèrent que les extraits alcalins somatotropes ont une action lutéinisante qui s'oppose, par conséquence, à l’action folliculo-maturatrice.
Certains travaux apparus plus récemment s'opposent à la théorie d’antagonisme d'Evans.
Brindeau et Hinglais, Aron, Smith et Engle, ont prouvé qu'on ne peut déclancher la puberté précoce chez un animal qu’au-dessus d’un certain âge limité ; les injections et les implants hypophysaires, pratiqués au-dessous de cet âge, quelle que soit la dose administrée, ne déterminent pas la maturation folliculaire.
Pour Wirz, l’hypophÿse des enfants avant l’âge de la puberté ne contient qu’une très faible quantité de la gonadostimuline de maturation folliculaire ; l'hormone lutéinisante n'apparaît qu’à la puberté.
Il en résulte que l’hypophyse des enfants, étant très peu gonado-stimulante, est incapable d’exercer son action sur les organes génitaux et ce n’est qu’à la puberté que les modifications de l’activité sécrétoire de l’hypophyse provoquent le déclanchement des premiers phénomènes de la vie génitale.
Anomalies dans l'apparition et le cours de la puberté par dérèglement de la sécrétion hypophysaire.
Les troubles menstruels sont très fréquents au cours de la puberté. Les modifications importantes subies par les glandes endocrines entraînent un déréglage complet de leur mécanisme sécrétoire .La préhypophyse déverse dans le sang des quantités insignifiantes ou trop abondantes de principes gonado-stimulants. Il en résulte un flux menstruel plus ou moins diminué ou, par contre, augmenté. La puberté peut être précoce ou tardive suivant l'intensité du fonctionnement antéhypophysaire.
Les autres glandes à sécrétion interne, le corps thyroïde en particulier, sont souvent à l’origine des troubles génitaux de la puberté en s’associant en général au facteur hypophysaire. Ainsi les dysthyroïdies retardent fréquemment la venue de la première menstruation : l’hyperfonctionnement des
oo.
capsules surrénales peut aussi empêcher le développement des caractères sexuels.
Plusieurs preuves d'ordre expérimental et clinique militent en faveur de la prédominance du facteur antéhypophysaire dans le déterminisme de troubles menstruels à l’âge de puberté.
L'expérience classique de Zondek et Ascheim, qui ont réussi à déclancher l’œstrus chez une souris femelle franchement infantile, prouve que l’hyperproduction d’hormone hypophysaire détermine la puberté précoce. Par contre l’insuffisance hypophysaire expérimentale, réalisée chez les animaux par les hypophysectomies, s'accompagne d’absence de développement de tout le tractus génital ; chez ces animaux l’œstrus ne peut apparaître qu’à condition d’injecter ou d’implanter les lobes antérieurs.
En clinique, l'apparition d’un adénome hypophysaire chromophobe chez la fillette impubère se manifeste au point de vue sexuel par l’infantilisme des organes génitaux ; dans ce cas, l'insuffisance hypophysaire étant très marquée, les règles ne s’établissent pas et l'appareil génital ne se développe pas si on n’arrive pas à substituer artificiellement dans les humeurs du sujet l'hormone qui lui manque.
Quand l'insuffisance du système hypophyso-génital n’est pas aussi accentuée, les règles surviennent tardivement à 17 ou à 18 ans au lieu de s’établir comme d’habitude dans nos climats entre 12 et 14 ans ; elles sont douloureuses, irrégulières et peu abondantes.
Une exagération de la fonction gonado-stimulante préhypophysaire détermine la puberté précoce avec hyperménorrhée.
On peut donc considérer à l’heure actuelle que le facteur hypophysaire est à la base de la plupart des troubles menstruels à l’époque de puberté ; il s’y ajoute assez fréquemment le facteur thyroïdien.
Lobe antérieur de l’hypophyse au cours de la gestation ; les hormones de la grossesse, les tests biologiques.
L'organisme de la femme enceinte est sujet à des variations profondes provoquées par les troubles des processus hormonaux. |
Ces modifications de l’activité endocrinienne sont liées à la formation d’un nouvel organe, capable de sécréter ses produits dans le sang de la femme en gestation, le placenta. Cette véritable glande endocrine spéciale à la grossesse fut d’abord considérée comme ayant peu de valeur au point de vue hormonal ; actuellement on tend de plus en plus à la considérer comme facteur général d'élaboration des hormones de la gestation.
L'ovule fécondé trouve la muqueuse utérine déjà transformée par l’action préalable du corps jaune. Celui-ci au lieu de disparaître, comme à l’état normal, au bout de cinq à six jours, persiste et continue à mûrir en sécrétant des quantités importantes de lutéine. Cette hormone inhibe la maturation folliculaire et assure la nutrition de l’œuf ; elle contribue aussi à la transformation de l’endomètre en tissu décidual au point d'implantation de l’œuf fécondé. La folliculine ne pouvant plus être sécrétée par les follicules de de Graaf, c’est le corps jaune qui se charge, au moins en partie, de réaliser sa production. Le corps jaune ayant régressé à partir du cinquième mois de la grossesse, la sécrétion de la folliculine est assurée par le placenta qui en produit des quantités de plus en plus abondantes. Cette hyperfolliculinémie détermine des modifications importantes au niveau du lobe antérieur de l’hypophyse qui subit une hypertrophie considérable doublant ou triplant son volume. Ce fait a été déjà remarqué par Comte en 1898 et par Moulon et Lanois en 1903. D’après Erdheim et Stumme qui ont étudié particulièrement cette question, l’hypertrophie anatomique se produit dès le second mois pour arriver à son apogée à la fin du neuvième mois. Quelques semaines après l’accouchement l’hypophyse reprend son volume normal et sa valeur fonctionnelle. L'hypophyse peut, pendant sa phase d’hypertrophie, comprimer le chiasma du nerf optique et déterminer l’hémianopsie temporale (Zahder, Reuss, Fehr). On peut même remarquer chez les femmes enceintes (Marek, Fruhinsholz) un syndrome acromégalique qui disparaît rapidement après l’accouchement; son pronostic peut être considéré comme bénin.
L'augmentation de la glande porte presque uniquement sur le lobe antérieur. Elle s'accompagne de modifications histologiqies très nettes, décrites par Erdheim et Stumme.
Les cellules basophiles ne sont que très peu affectées ; les cellules éosinophiles se multiplient intensivement, puis commencent à se raréfier à partir du huitième mois pour devenir très peu nombreuses à la fin de la gestation ; les cellules chro-
mophobes à caractères spéciaux les remplacent et constituent les éléments les plus caractéristiques de l’hypophyse gravidique ; ce sont les cellules dites de gestation (Erdheim et Stumme).
Weiss, en expérimentant sur le cobaye gravide, a repris l'étude des modifications histologiques de la glande pituitaire au cours de la gestation. Il remarque une éosinophilie généralisée persistant jusqu’à peu de temps avant l'accouchement à laquelle fait suite une cyanophilie marquée jusqu’au moment de la parturition.
D’après Brouha et Deselin cette structure gravidique de la préhypophyse semble être liée à la présence du corps jaune actif.
Weiss démontre que ce n’est qu’au moment et après la parturition que la majorité des cellules antéhypophysaires devient chromophobe et cet aspect est le plus prononcé vingtquatre heures après l’accouchement. Il considère cette transformation comme conséquence directe d’une élimination brutale des produits de sécrétion hypophysaire en vue du déclanchement de la lactation.
Stricker et Grueter se rallient à cette manière de voir.
Ainsi le nom de «cellules de gestation », choisi pour les cellules chromophobes de la gravidité, nous apparaît comme impropre non seulement au point de vue de leur temps d’apparition, mais aussi à cause de leur signification fonctionnelle.
Pe dant la grossesse l’organisme féminin est véritablement inondé d'hormones : elles ne sont produites qu’en petite partie par le lobe antérieur de l’hypophyse et le corps jaune et c’est avant tout le placenta qui joue le rôle d’une glande à sécrétion interne d’une puissance considérable.
En effet l’antéhvpophyse perd progressivement sa valeur fonctionnelle à mésure que la gestation avance. Vers le quatrième mois de la grossesse des implantations hypophysaires chez l’animal ne produisent aucune des réactions caractéristiques des hormones gonadotropes (Philipp, 1930). Le corps jaune étant à cette époque au déclin de son activité, l’élaboration hormonale se trouve entièrement à la charge du placenta.
Il est maintenant suffisamment établi que les prolans découverts par Zondek et Ascheim dans les urines de la femme enceinte ne sont pas identiques aux hormones hypophysaires d’action physiologique analogue. Quoique capables de fournir l'effet de maturation folliculaire et de croissance du corps jaune, ils sont complètement inactifs chez les animaux hypophysectomisés (Smith).
Philipp réalise en 1930 des implants placentaires chez les souris femelles impubères et obtient chaque fois l’æœstrus.
Il en résulte que le placenta est l’organe producteur des prolans.
Vozza démontre, par la méthode d’implants placentaires, que cet organe possède à tous les stades de la grossesse une hormone capable d’activer les ovaires. En transplantant le lobe antérieur de femmes mortes au cours de la gestation à des souris femelles impubères, Vozza n’oblient pas de phénomène d’œstrus.
Les prolans passent dans les urines en grandes quantités dès les premiers jours de la grossesse en augmentant au fur et à mesure que celle-ci est avancée.
Le prolan À ne peut pas quand même déterminer la maturation folliculaire, puisque son action ne s’exerce qu’en présence d’un lobe antérieur intègre.
La folliculine existe aussi en quantité importante dans les humeurs de la femme enceinte.
Le corps jaune, sous l’action de l'hormone de maturation, la sécrète en partie, le reste étant sécrété par le placenta ; à partir du sixième mois toute la folliculine est produite par ce dernier organe.
Jusqu'à la fin de la grossesse le taux de la folliculine sanguine et urinaire continue à s’élever pour atteindre avant l’accouchement 300 à 400 unités-rat par litre d’urine.
La lutéine existe dans les humeurs de la femme enceinte pendant les premiers mois de la grossesse. Sécrétée exclusivement par le corps jaune elle suit fidèlement son évolution et disparaît au moment de sa régression, c’est-à-dire vers la fin du cinquième mois.
Wehefritz et Gierkahe ont pu isoler de l’urine de femme enceinte une hormone de croissance, après avoir séparé la folliculine et les prolans.
Collip, en 1932, a isolé du placenta une substance assez analogue à la folliculine et peut-être identique au corps de Marrian qu’il appelle «emménine ». 11 donne en 1934 une description de cette hormone. C’est, d’après lui, une substance soluble dans l’alcool et insoluble dans l’éther, obtenue en traitant le placenta humain par l’acétone. Elle est active par voie buccale et a un pouvoir œstrogénique puissant chez les animaux non Castrés ; peu active chez les femelles ovariectomisées.
Tout récemment Rusca Vilardell a isolé du placenta une substance à laquelle il attribue les propriétés physiologiques suivantes : inoculées à un cobaye impubère de 60 à 70 gr.,
es
mâle ou femelle, elle détermine dans le lobe antérieur de l’hypophyse des modifications telles qu’on en observe à la fin de la gestation. L’inoculation à la souris impubère donne lieu à de l’hypertrophie des vésicules séminales chez le mâle, des follicules hémorragiques au niveau de l’ovaire chez la femelle.
Cette hormone résiste à 1000, alors que le prolan est détruit à des températures supérieures à 600,
On voit donc que la gravidité entraîne des modifications considérables dans les processus hormonaux de l’organisme. Elles sont dues, d’une part à l'apparition d’une nouvelle glande endocrine, le placenta, d’autre part à de profonds remaniements subis par les autres glandes à sécrétion interne. L’hypertrophie préhypophysaire ne peut pas être considérée comme un phénomène particulier, puisque la gravidité entraîne une hypertrophie anatomique de toutes les glandes endocrines, surtout celle de la thyroïde et de la surrénale.
Ascheim et Zondek partant du fait que l'injection d'urine de femme enceinte produit sur les ovaires, avec une intensité très grande, les effets des hormones sexuelles préhypophysaires, ont proposé ce test comme moyen de diagnostic de la grossesse. La richesse des humeurs en ces hormones, dès le début de la grossesse, permet un diagnostic précoce et presque certain.
Ascheim et Zondek utilisent comme réactif les souris femelles impubères ; on injecte en quelques fois, pendant deux jours et demi, à chacune d’elles une quantité d’urine variant d’un animal à l’autre de 1 ce. à 2 cc. 1/2. Les animaux sont sacrifiés au bout de 100 heures.
Si les urines proviennent d’une femme en état de gestation on trouve au niveau des ovaires : la maturation folliculaire, l'apparition de points hémorragiques dans les follicules, la transformation de certains follicules en corps jaunes. Un seul point hémorragique ou un seul corps jaune suffisent pour poser le diagnostic positif de la grossesse.
La technique de Zondek et Ascheim présente toutefois des inconvénients sérieux : technique longue et difficile ; nécessité, souvent, d’un examen microscopique; mortalité excessive des animaux traités.
Brouha, Hinglais et Simonnet emploient un test basé sur le phénomène d'augmentation des vésicules séminales chez le souriceau qui a reçu l'injection d’urine de femme enceinte. Ils administrent quotidiennement à un souriceau 0 cc. 20 d'urine pendant dix jours.
Au bout de dix jours l animal est sacrifié. Pour répondre