CHAPITRE I
ITirOVTMIE DES A.D7ECTIPS ET DES IX)C17TI0irS AmTECTlVES COMPOSEES DE J*k PRBP08IT10K de ET D*UK SUBSTAITTIP.
Méridional, du midi. Conseiller honoraire , conseiller d'honneur. Homme Important et d'Importance,' spirituel el d'esprit, etc.
Ua^jectif se prend dans un sens plus étendu et moins rigoureux que la locution adjective. Il marque moins^ comme elle^ un rapport étroit d'appartenance ou de dériration qu'un rapport éloigné de ressemblance avec la chose ou l'idée signifiée par le substantif. Une force herculéenne et la force (PHercule se rapportent l'une et l'autre au béros fabuleux appelé du nomd'Hercule; mais l'une ressemble simplement ou est analc^ue, et l'autre est identique à celle qu'a possédée Hercule. Il faudrait une force herculéenne \^om renverser cet obstacle, et il a fallu la force et Hercule pour exécuter les douze travaux. Un habillement anglais ou français est fait à l'instar de ceux d'Angleterre ou de France, et peut se confectionner dans tous les pays du monde ; un habillement et Angleterre ou de France n'a pas seolement du rapport avec ces deux pays, il en vient, il y a été fait. 11 y a des théâtres italiens, et non des théâtres éC Italie, dans presque tontes les capitales de l'Europe. D'un autre côté, il ne faut pas confondre la musique et Italie avec la musique italienne : la musique ^Italie a été produite en Italie, par des auteurs de l'Italie, avec des paroles italiennes , et pour les théâtres d'Italie, qui les ont ensuite transmis aux autres : la musique italienne appartient au genre de celle des auteurs italiens, sans que peut-être elle vienne de l'Italie, sans que les paroles en soient italiennes et sans qu'elle ait été destinée aux théâtres de l'Italie. L'expression école de Descartes a une signification plus étroite que cette autre , école Cartésienne. Un philosophe de Vécole^ de Descartes sl entendu ce grand maître, a été du nombre de ses disciples immédiats, ou du moins professe et soutient tout son système et les mêmes doctrines que lui absolument pour être de l'école Cartésienne, il suffit d'admettre les principes de Bescartes ou un système qui ait du rapport avec le sien. Les idées ^Platon sont propres au philosophe grec; lesiéées platoniciennes
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sont de tous les temps, de tous les lieux, et de tous les hommes ; elles n'ont arec Platon qu'un faible rapport. £n un mot, de Platon est un «lualificatif propre, tX platonicien un qualificatif commun. 13 n son argentin est un son qui ressemble beaucoup à celui que rend Pargent, mais ce n'est pas précisément le son de V argent. De feuy d*eau, de métal f de soufre y se disent en parlant de choses composées des matières qu'expriment les mots feu, eau, métal, soufre; igné, aqueux y métallique, sulfurique ou sulfureux se disent en par-> lant de choses qui renferment quelques parties de ces matières mêlées avec d'autres, ou bien même qui ont simplement du rapport avec ces matières pour certaines de leurs qualités.
1, Méridional, septentrional^ orieiUaly occidental; du midi, du nord, de Vorient, de Voccident, Noua disons également les peuples, les ^diys méridionaux , septentrionaux, orietUaux, occidentaux, et les peuples , les pays du midi, du nord, de Vo^ rient, de Voccident, pour marquer où ils sont situés sur la terre. Les adjectifs sont des expressions sans exactitude et sans rigueur. Un peuple méridional n'est pas nécessairement et absolument ai| midi, mais il est seulement plus près du midi que tout autre, dans une certaine région actueilçmçnt considérée : le Danemark n'est pas un pays du midi, mais, relativement à la Suède, c'est un pays méridional. Les pays du midi appartiennent an midij les pays méridionaux regardent le midi, ont rapport au midi. Si même on entend les deux expressions dans le sens relatif, Tadjectif sera encore plus étendu, plus large et plus vague. Les provinces méridionales de la France comprennent toutes celles qui sont plutêt au midi qu'au nord, et les provinces du midi ne comprennent que celles qui sont le plus au midi : Lyon et Bordeaux se trouvent dans la partie mé^ ridionale du royaume, Marseille et Toulouse dans la i^artie dumidi^
2. Conseiller honoraire, conseiller d'honneur, désignent des hommes qui, ont également le titre honorifique de conseiller, sans charge et sans émohime'nts. L'expression comeiller d'honneur est plus retreinle et plus rigoureuse ; elle s'appliquait anciennement h des personnages, comme gouverneurs et prélats, qui, bien que sans charge, avaient séance et voix délibérative dans certaines compagnies. Conseiller honoraire se prend dans un sens plus large : il signifie un conseiller totalement hors d'exercice et qui ne conserve que son titre; de sorte que Vdi^Q(^ûi honoraire, à ladiffércnce de la locution adjective d honneur ,ev^n\m un honneur très vague, très peu significatif, presque sans réalité et sans prérogatives.
a. Homme important, homme d'importance. Homme qui a de
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la valeur, 4o pQids, du<^it, de rîaaoenoe. Qoand nons disons homme d^importance , homme de aùtmctim, homme de marque, nous exprimons des qualifiettions réelles, rigoureuses ; mais quand nous disons homme important, distingué, marqt$ùnt, nous le prenons dans un sens moins strict et plus largo, Vhymme dimportance est aq fond et absolument un homme de grande con- «idéraUon j la même qualité semble moins rigoureusement et moins essentiellement propre hVhomme important. Voilà pourquoi tmportant signiOe souvent h lui seul, un faiseur d'embarras, un homme qui fait le glorieux , le capable , le nécessaire : n Un grain d'esprit , dit Labruyère , et une once d'affaires , plus qu'il n'en entre dans la composition du suffisant, font {'important fv au lien que l'exprèssion homme dimportanoe n'a ce sens défavorable que quand on le marque expressément par d'autres mots: « Se croire an persoiK nage est fort commun en France; on y fait V homme dimportanoe^^ h AV. a les bons historiens tiennent registre des événements dim^ portancet^ Mohtaio. Y>t^ personnes de dtstinetiou et de marque sont telles rigoureusement, en vertu de qualités fixes, le rang, la naissance, les privilèges; les personnes distinguées timarquantes soni jugées telles par suite de faits oi^ de circonsUnces qui n'ont pas une signification aussi rigoureusement décisive. Nous nous servons rarement des expressions, dimportanoe et de distmotion, tandis qu'à tout propos nous employons les épithètes important et distingué.
4. Homme, ouvrage spirituel ; homme, ouvrage despriê. Honime, ouvrage dans lequel l'esprit se (ait remarquer. Vhommè ife^pnipos^e l'esprit ep propre, est composéou tout pétri d'esprit, eo quelque sorte ; V homme spirituel a de l'esprit^ ne manque pas é'esprit. L'a<yecUf se dit, dans une acception très étendue et presque illimitée, de tout ce qui manifeste quelque signe d'esprit, et particnlièrement des choses; ce qui est spirituel ne tient à l'esprit que Iiar un rapport léger, superficiel , et se traduit plutdt sous forme 4e boas mou ou de saillies que par des œuvres solides et durables. V/iomme desprit a du talent, des ressources ; Y homme spirituel bnllera, par exemple, dans la conversaticm ; il plaît, c'est tout èe qu'il peut faire. De même dans un ouvrage spiriSuei^ il y a mi peu, ou de temps en temps, de ce qui constitue Pouvrago despriê.
5. Humain, d homme on de rhofnme. Appartenant ou relatif à l'homme. Humain marque un rapport plus étendu, plus vaste, une dépendance moins étroite. Une voix humaine désigne une voix telle que celle des hommes en général, par opposition à celle des
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animanXy par exemple: nne voix cT homme peut Touloir dire la voix d'an être humain qui n'est ni enfant ^ ni femme. D'ailleurs^ voix Atimaûie n'entraîne pas rigoureusement l'idée d'une voix qui est celle d'un homme : dans le silence de la nuit^ on croit entendre une voix humaine , c'est-à-dire une voix semblable à celle d'un homme, à celle qui viendrait d'un homme. D'autre part, V esprit humain est une expression bien plus compréhensive et plus large que Ves^ prit de ^homms : c'est V esprit de T homme et tout ce qui s'y rapporte, tout ce qu'il produit ou subit ; V esprit de l'homme est IV*prit humain réduit à ce qu'il a d'essentiel, considéré seulement dans sa nature et par rapport aux autres esprits célestes ou terrestres: l'étude, lés phénomènes, les facultés de Vesprit humain; V esprit de Vhomme ne peut sonder tous les mystères de la création. Industrie humaine ne signifie pas strictement et uniquement, comme industrie de V homme , ce que l'homme peut par son travail en opposition à ce que fait la nature. Cette expression rappelle tous les. détails de l'industrie de l'homme, tout ce qui s'y rapporte; en d'autres termes, industrie humaine se dit dans les cas particuliers et relatifs, où l'on en décrit ou rapporte les effets ; industrie de T homme est l'expression qui convient quand on veut caractériser, en général, le travail de l'homme, considéré comme pouvant plus ou moins. On étudie les progrès de Vindu^trie humaine , comme les passions du cœur humain. La condition de Vhomme ici-bas est de souiïrlr; et qui pourra peindre les souffrances et les misères de la condition humaine?
6. Provincial, de province. Qui a un rapport particulier avec la province, qui en vient. L'adjectif se prend dans un sens large et éloigné pour qualifier un air et des manières qui ne ressemblent point à l'air et aux manières de la cour et de Paris, qui ont je ne sais quoi de<;ontraint et d'embarrassé. « Les provinciatix et les sots sont toujours prêts à se fâcher et à croire qu'on se moque d'eux, ou qu'on les méprise. » Labr. Un homme de province, une dame de province, se disent à la lettre , en parlant d'une personne qui demeure en province, sans que cette expression entraîne aucun accessoire défavorable : j'ai vu une dame de province à Paris.
7. Expérimental, d'earpérience. Une ]^renye expérimentale n'indique pas aussi positivement, aussi rigoureusement qu'une preuve d^expérience, une preuve tirée d'une on de plusieurs expériences. Elle n'a avec les faits qu'un rapport peu prochain.
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CHAPiniE IL
STVOITTKfB DS8 AD7SGTrF8 OUDIHAIBBS AVEC DBS PARTICIPBS PAI8B8 PRIS ADJBCnVBlIBirT.
Cker^ chéri. Épais, épaissi. Creux ^ creusé. Gras , grossi. Haut^ haussé^ Jpeugle, aveuglé, Paux^ falsifié. Courbe ^ courbé. Insigne , signalé. Quitte, acquitté, A^il, avili. Faible ^ affaibli. Froid, fioidi. Las ^ lassé. Célèbre, câébré, Etc,
Les adjectifs^ ainsi qne les participes passés y expriment dans les choses ou les personnes la qualité signifiée parle radical commun , mais avec des différences assez sensibles. Us marquent cette qualité, les premiers^ comme inhérente à l'objet , comme lui étant propre et natarelle j les seconds^ comme lui étant survenue y comme acquise , comme étant l'effet d'une modification accidentelle. La qualité exprimée par l'adjectif est présentée comme tenant à la constitution de l'objet^ et le fait concevoir tel qu'il est; la même qualité exprimée par le participe est présentée comme tenant aux circonstances , et le dépeint tel qu'on l'a fait^ tel qu'il est devenu. Le participe suppose donc un changement de l'état antérieur / idée totalement étrangère à Padjectif, lequel au contraire désigne la qualité comme habituelle^ si c'est une manière d'agir^ et comme naturelle y s'il s'agit d'une manière d'être.
La règle est sans exception y elle s'étend à tous les exemples. On naît avec un esprit épais ) l'esprit épaissi e%\ l'esprit devenu épais. Od dit d'un corps solide qu'il est épais ; d'un corps liquide^ devenu solide, qu'il est ^atm. Certains hommes ont naturellement la langue si ^at^^^qu'ilsne peuvent parler qu'avec peine; il arrivée beaucoup de malades d'avoir la langue épaissie. « Quand l'air est plein de brouillards epais.yy Fén. « Si l'air devenait plus épais , nous nous noierions, dans les flots de cet air épaissi, » In. Fat^/^ indique un état, sinon naturel y au moins ordinaire ; affaibli suppose un état meilleor antérieurement , et qui s'est détérioré. Convive marque un état habituel; e^mt^tV désigne une qualité reçue , une modification , le résultat d'une invitation; l'un représente l'homme tel qu'il est, l'autre tel qu'on l'a fait.
Un autre caractère distinctif consiste en ce que l'adjectif est àbsola et le participe relatif. La qualité marquée par ce dernier peut allerjusqu'à un très hatit degré sans doute ^. mais elle n'a pas lien constamment et sous tous les rapports. Ce qui est haussèrent bien n'être pas absolument haut. £t il en est de même de ce qui est épais-
lio mAnl
« , groêsi , faMfiéy courbé , affaibli , froidi , etc. , à l'égard de ce qui est épais , gro$ , etc.
MaiSi quoique dans le participe passé la qualité n'apparaisse pas comme absolue , elle y est plussaiUaute que dans l'adjectif, elle y appelle davantage Tatlention ; précisément parce qu'elle n'y est qoe par accident , elle s'y fait remarquer davantage. Aussi te participe se met toujours après le substantif^ au lieu que l'adjectif peut se mettre avant; et il est certain que, placé après le substantif, un qualificatif a quelque chose de plus spécial et sur quoi l'on insiste plus pariicuUère»ent.
PrenonSi pour y appliquer ces distinctions^ les deux mots cher H chéri Ce qui nwu est cher est aimé de nous dans l'ordre naturel , parce qu'il est dans nos goûts , dans nos habitudes de l'aimer ; les personnes qui nous sont chères sont cellesavec qui nous nous trouvons dans des rapports naturels de parenté , ou habituels d'timitié* CA^' exprime une affection qui sort du cercle commun » qui pourrait bien ne pas éire , qui est plus spéciale ^ qui a lieu pour un foli particulier, ou dans une circonstance accidentelle , qu'on remarque davantage et dont on a^en quelque sorte^ droit d'être surpris* Une mère ne parle guère de son fils, sans dire, mon eA^fils, parce que dans son cceur l'idée de fils et celle qu'exprime cA^rsont intime^ meut unies Tune à l'autre ^ mm dans un moment de tendresse elle l'appelle son fils chéri. « Mes parents sont partis ce matin, ea acoablani des plus tendras caresses une fille chérie^ et trop indigne de leurs bontés.... Une secrète angoisse étoufliait mon âme après le dépari de ces cher* parenta. x» J.-J, Rous. Un roi cher à son peuple l'est habituellement, constamment^ un roi chéri de son peuple s'est attiré par quelque acticm particulière une affection plus vive » mais qu'il peut |>erdre prochainement.
Deux synonymistes, Roubaud et M, Gui2ot, se sont d^à servis, mais l'un sans les généraliser, et l'autre sans les généraliser 9^&^z, des mêmes principes de distinction. Nous placerons ici leurs articles» parce que les synonymes qui y sont traités rentrent dans la classe de ceux dont nous venona de nous occuper plutôt que dans toute autre,
« Insigne y signalé. Ce qui a ou porte des signes, des traita qui le (ont remarquer, reconnaître, distinguer, insigne, simple adjectif, indique proprement ce que la cliose est en elle-même. «Sfgnalé^ particiu$ du verbe signaler^ désigne proprement, en cette qualité, que la chose est devenue ou a été faite telle. » H est impossible de mieux exprimer la différence principale qui existe entre les
DES SYNONYMES GEAMMATICAUK. ISf
synosynes ût cette êorte. L'âoteiir développe ensuite les diflèfeiices accessoires qui en résultent relativement ans denx mots qn'ii considère uniquement. « La chose signalée est marquée et remarqaée ; la chose insigne est marquante et remarquable. On est signalé par des traits particuliers^ et insigne par des qualités peu communes. Votre piété est signalée par des actions^ par des œuvres d'éclat : elle est insigne par sa hauteur^ par sa singulière éminence. Vous êtes signalé ^^r ces actions et insigne par cette éminence de vertu: du moins les Latins employaient ainsi le mot insignis : Insi" gnempietate vfrunij dit Vii'gile. Plusieurs exploits signalés annoncent nnelinsigne valeur, comme plusieurs crimes signalés annoncent un insigne scélérat. Ce qui est insigne est fait pour être signalé. On dit une faveur insigne ou signalée, un insigne oo iignalé fripon, un bonheur ou un malheur insigne ou *tgnalé, etc. «St^/naf^ marque l'éclat , le bruit, l'effet que produit la chose: insigne n'exprime que Ja qualité, le mérite, le prix de la chose. Ce qui frappe est signalé^ ce qui excelle est insigne. Nous en revenons toiîjonrs aux idées premières des mots. Ainsi, un t«signe fripon, un très grand fripon, n'est un fripon wV/wo/^ qu'autant qu'il a donné des preuves éclatantes de friponnerie. On sent combien un bonheur est insigne, on voit combien il est signalé. Le bonheur insigne est une grande faveur inespérée de la fortune ; et un bonheur signalé porte les traits les plus forts et les plus manifestes de cette extrême faveur. Une grâce insigne n'est signalée qo'autant que tout le prix en est manifeste. On dit un insigne fripon, nn insigne coquin ; on ne dira guère tin insigne héros, un insigne orateur ; mais l'orateur et le héros sont signalés comme le coquin et le fripon. Pourquoi cette différence? parce qu'un coquin et un fripon peuvent l'être sans être connus, mais que vous ne pouvez savoir et dire que quelqu'un est un héros ou un orateur insigne qn'antant qu'il s'est nV/na/^ par ses actions ou par ses discours, et dès-lors vous direz ^\n\,ài signalé i{\kHnsigne. Mais, dans tout autre cas, je ne vois aucune raison de ne pas appliquer insigne comme signalé 9\\\ personnes, en bien tout comme en mal. Une chose signalée est plus ou^oins distinguée ; une chose insigne l'est tou* jours à un très haut degré. »
Si le premier principe de distinction n'a pas échappé à Roubaud, M. Gnizot a parfaitement saisi le second dans son article Quille, acquitté.
€< On s'est ae^f«///ér quand on a paye tout ce que l'on doit pour fe moaieAl; oBcst r/HtY/^ quand on ue doit iHus rien du tout. On a
aeguiiêeàifiérenis billets à termes^ mais on n'est quiUe que quand le dernier est payé. C'est ici le lien d'établir une distinction entre les participes des verbes réciproques et les adjectifs correspondants. Les premiers expriment l'action ou la rappellent; les seconds expriment le résultat de cette action, l'état où se trouve celui qui l'a £aile. Lorsqu'on s'est acquitté de tout ce que l'on devait ^ on est quitte. On s'est acquitté d'un emploi tant qu'on Ta exercé ; on n'en est quitte que quand on ne l'exerce plus. On s'est acquitte d'une commission sans être quitte de celles qu'on pourra avoir à fairedans la suite. On s'acquitte xml, en général^ des choses dont on désire être bienti^t quitte. On a beau s'être ae^i^tï/e' journellement de ses devoirs, on n'en est jamais ^m«^. S'éire acquitté d'une dette, c'est l'avoir payée ; en être quitte, c'est en être libéré d'une manière quelconque, par un échange, par le don du créancier, etc.S'a^^wiV/cr emporte en général l'idée de paiement -, être quitte ne suppose que celle de libération. »
Nous n'avons rien à ajouter à ce que dit l'auteur du caractère distinctifdu participe passé, par rapporta Tadjectif correspondant, sinon qu'il convient aui^ participes passés de tous les verbes, et non pas seulement aux participes passés des verbes réciproques.