‹ Synonymes françaisChapitre 12 sur 218 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

STUOIITMU D«S AD^EGXIf S VBÏT A»T , l'uW D*UII VSABB , ET 1^*ÀUTAB d'uH ^VB$TlàJ»Tlf CQR&ESPOirOAirX.

Menteur y mensonger. Loueur^ louangeur. Passant ^ passager.

Leur différence de valeur tient à leur différence d'origine. L'ad^ jectiC verbal suppose de la part du s^j^t qualifié action, et presque toajottrs action forte« expresse, volontaire, inteattotudelle. Aucon-* traire, l'adjectif nominal, ou ne désigne poiai i'aclion» tu en désigne

une peu prononcée^ pea spéciale^ involontaire; de là vient qne le premier se dit surtout des personnes^ e'est-à-dire des agents capables de dessein et de préméditation^ tandis que le second s'applique plus particulièrement aux choses. Ensuite^ l'adjectif verbal qualifie en raison d'un fait, et Tadjectif nominal en raison d'une qualité constante. Le premier, par cela seul qu'il tient du verbe, marque une qualité temporaire ; car l'idée d'un temps précis, passé, présent, ou futur et non continuel, s'attache toujours au verbe, et c'est pourquoi il est appelé en allemand le mot du temps, zeitwort.

1. Menteur, mensonger. Qui trompe en mentant, en faisant considérer comme vrai ce qui est faux. Ils ne sont synonymes que lorsqu'ils s'appliquent tous deux aux choses, attendu que mensonger ne peut se dire des personnes. L'éclat menteur ou mensonger des biens de ce monde. Menteur est plus fort que mensonger; il semble indiquer des promesses faites et qu'on ne tient pas ; e t^ comme, dans ce sens, il se prend métaphoriquement, on ne l'emploie que dans le style élevé. Un récit menteur diffère bien d'un récit mensonger: la première expression emporte que le mensonge est dans la personne qui fait le récit, et la seconde qu'il réside dans la chose même. Faire un récit menteur, c'est mentir volontairement, en faisant un récit qu'on sait être faux; un récit m^^n^on^^r contient des faussetés, mais on l'ignore. En un mot, menteur rappelle l'action du verbe mentir, Thabitude de mentir, et mensonger, l'état constant de ce qui a la qualité exprimée par le substantif mensonge,

2. Loueur, louangeur. Qui loue ou donne des louanges. Loueur ne se dit que des personnes ^ louangeur se ùii aussi des choses: ^Inme loua7igeuse , discours, ton louangeur, Xot^^ur qualifie en raison d'un fait unique, au lieu que louangeur marque plutôt une habitude constante: ainsi, Lafontainedit qu'en donnant au prince de' Condé, à l'égard de César, sinon la préférence, mais la concurrence du moins, il croirait être un loueur modeste. Loueur ensuite dénote une intention plus spéciale pour le cas présent, un dessein particulier de relever le mérite, ou plus d'art et d'adresse ; tandis que louangeur exprime une habitude de louer à tout propos, avec fadeur et trivialité, à tort et à travers, sans préméditation et comme par instinct, sans considérer si les louanges qu'on donne sont ou ne sont pas méritées. Enfin, loueur est une qualification plus relative à la personne qui loue, et louangeur une qualification plus relative aux lounnges qu'il donne: un loueur perpétuel fait sans cesse l'action de louer ; un louangeur fade, fastidieux, emphatique, donne des louanges fades, fastidieuses, emphatiques.

DES SYNONYMES GEAMMATICAUX. 167

3. Passant, passager, se disent des personnes qni se transportent d'un lieu à un autre. Par leur sens, ces termes se rapprochent beancoup plus, l'un du yerhe passer^ et l'autre du substantif /7a«sage, le passant ne fait que passer; ce mot indique un trsget très court, et qui ne dure qu'un instant. Lepassager met plus de temps à passer; c'est un voyageur qui séjourne quelque peu sur le navire qui le transporte. On dit de l'homme, qu'il n'est que passager sur celte terre, parce que son passage y dure au moins quelque tempsi Par la raison contraire, paissant a souvent été employé dans les épitaphes: Arrête, po^^a/i/. En outre, passant exprime réellement raction de passer, et pa^^a^^r un état : on arrête les joo^^an^/ sup un navire il y a des soldats et des passagers.

SECTION m.

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