‹ Synonymes françaisChapitre 142 sur 218 · CHAPITRE IL IP · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL IP

Cette désinence vient du latin ivus, dont le sens est le même : actif y ive, activus; captif, ive, captivus, Ivusse compose de i qui tient an radical, et de vus qui est pour vis, car on dit également en latin, par exem]^\e, proclivus etproclivis. Or, t?ii signifie puissance, propriété d'agir et quelquefois de souffrir, active ou passive; on dit bien en latin, vis inertiœ, force d'inertie ; Cicéron a employé l'expression vis seniiens, propriété sensitive, et en français la terminaison if se trouve à la fin d'acyectifs qui marquent repos, comme oisif En conséquence, ?/ désigne la propriété de, et ordinairement la propriété plus ou moins intensive de faire quelque chose, propriété non essentiellement et actuellement effective. En un mot, c'est une

icrmiuaison potentielle, et le plus souvent facnltetiw active. Quoique presque toujours elle termine des qualificatifs verbaux, et s'ajoute à un supin latin, elle est à base nominale ou adjective dans l'exemple suivant, où elle conserve néanmoins en partie sa valeur.

Malade^ maladif. Us quaAiûent un homme qui ne jouit pas d'une bonne santé. Malade se dit de celui qui possède actuellement la qualité sign^ifiée par le radical, le mal ou la maladie. Le maladif n'a que des dispositions à cette qualité, il ne la possède qu'en puissance; il a en lui-même un principe actif de maladie qui ne se développe pas, mais peut se développer.

ANT, JF.

Ces deux désinences terminent des adjectifs verbaux, lesquels désignent, en tant qu'adjectifs, des propriétés, et, en tant que verbaux, des effets qui en émanent. En s'ajoutant à un même radical, elles forment deux adjectifs qui ont à-peu-près le même sens, puisqu'ils expriment tous deux la propriété de produire le môme effet marqué par le radical commun. Tels sont, par exemple, agissant et actif, vivant et vif, nourrissant et nutritif, constituant et constitutifs justifiant t\. justificatif ^ cùnsolant et consolatif, attirant et attractif, signifiant et significatif, intelligent et intellectif, connaissant et cognitif^ etc. Ces adjectifs synonymes^ pris deux à deux, ayant le même radical , expriment la propriété de produire le même effet :, mais leurs terminaisons étant différentes, ils doivent là présenter sous des faces différentes. C'est effectivement ce qui a lieu.

La terminaison ant est celle du participe présent j elle est relative à l'effet marqué par le verbe auquel correspondent les deux adjectifs : la terminaison 2/ vient de vis^ propriété ; elle est relative à la propriété naturelle d'où provient l'effet. L'une fait considérer la qualité hors de la chose, dans sa manifestation, par rapport à l'effet ; Tautre la fait considérer en elle-même, comme inhérente à la chose, comme faisant partie de sa nature, et c'e^t pourquoi les adjectifs en î/s'emploient surtout avec les mots, puissance, faculté, propriété. En d'autres termes encore, les adjectifs en ant sont àposterioriy et ceux en if à priari, par rapport à l'effet ; c'est-à-dire que les uns marquent une qualité d'où on a vu provenir un effet, et les autres la même qualité d'où devra provenir le même effet. On juge qu'un objet a la qualité marquée par ant, parce que cette qualité s'y est déjà montrée effective ; on juge qu'elle a celle marquée par if parce qu'on sait que cette qualité s'y trouve en puissance de devenir effec-

4lf^ TKkttÈ

tite. L» qifltilé esl ë&ttt tmmt ptr F«ffet ims m Ots, et parr Ta caose dftBs Fautre. CTe st ponrqvot les adjectifs en ant sont dvt !angs^ conmmii et exprîmetft la qualité d'une manière pïns grossière, plus viable, pkis commnne ; tandts qne les antres sont plntdt dn langage seientiéqiie et expriment la qnaTité d'tnre manière pTns didàc- Hqne, plos spécnlalire, pins abstraite ( r). La médecine, par exempTe, possède qnantîté d'adjectifs en if: eonfortatif; dotmitifj abgteriif, déterri f, purgatifs dmolutif, sédatif, etc.

1. Agissant, actif, fis expriment l'nn et Tantre la propriété d'agir, la disposition à l'action. Mai» Pétre agissant ^t donne beaucoup de mouvement, il produit cominuellement 4es effets qui indiquent visiblement qu'il possède la faculté d'agir 5 on le voit faire, produire, se développer, et il montre son activité surfout à Texlérieur. L^étre actif a la vertu d'agir ; Pactivifé est inhérente à sa liatnre, et le mot n'exprime pas que le pouvoir d'agir soit déployé; on ne considère alors Factfvîté que comme propriété essentielle ou manière d'être de la chose, abstraction faite de toute manifestation, et il peut se faire que cette activité soit concentrée au dedans de l'être et ne se produise pas par des signes extérieurs. Pour être agissant, il faut être actif/ maïs Fêtre agissant est considéré sous on autre point de vue ; Fétre ac/e/peut n'être pas agissant. — On dit, dans un autre sens, d'un remède ou d'un poison, qu'il est très agissant ou très actif y c'est-à-dire très fort, très énergique ; la différence alors est encore la même : Faclivité de Pun est manifestée et s'eslime par Feffet, celle de Fautre est considérée dans Fobjet sans égard à l'effet, et comme étant la propriété naturelle, essentielle, de l'objet.

2. Vivant, vif. Qui a vie, qui n'est pas mort. Ce qui est vif, est doué de vie; ce qui est vivant, vit. L'un de. ces mots exprime une qualité, l'autre un fait; et c'est pourquoi on a raison de dire, livrer un proscrit mort ou vif,, et, de ses fils cinq sont encore vivants. Tiy s'applique à une foule de choses dont on peut dire fîgurément qu'elTes ont dé la vie, un principe d'activité, de déveroppement, mais non pas qu'elles vivent : chair vive, chaux vive, eau vive, fbi vive. Ensuite, r?i/ dénote la faculté de continuera vivre, tandis que t?îî?a/i^ est restreint au présent. Ce qui est vif n^est pas mort, en ce sens

(i) Uoe autre raBSon, toute gi-ammatteale,. de cette dii¥érence de aobtesse, consisto ea ce que l'adjectif en ont se forme dn verlie français cm franeisé, au lieu que l'adjectif en if f rend toujours pour base le supia latin : nourrissant, de nourrir, nutritif de nutrire, nutritum ; de mémCj justifiant et justificatif, signifiant et significatif desséchant et desiiccatïf etc.

DES SYNONYMES GRAMMATICAUX. 4il

fo'ir renferme lotrtes les qttf(ff|ij^^ ôeê élres iéstinés èi Hrref Ufi e^ le km nif. Ce fnri est tiffont i^esl fm mov%, en ee sem «fifil tH encore présentement^ que Tévénement de la mort ne l'a poiirt eiieore f rapfiè'; Dieu viendra )u^er Tes tritanfê et le» morts.

3. Ncmrrùêoiit , nutritif , Qni af la ppei>riétèée nourrir. Ceifoi e!^ «M^i^rn^^ém^iMrRrrit bien, predoît «m effet pf»s^ éo moios re^ marqfMÉ^le. La suistaivee nnMiifé est eelle dont fessenee^ dont la nature, est de nourrir, en cas qa'én venilFe re«ipfe»fer à cet usage- Un aliment nourrissant est celui dans leéfUef Texpérienee a" fek re^ eomialtre Fa prof rîété de nourrir'; efle a éCé' ressentie , épfoavée. On ^tt un aliment mnritif, quand o» n'a mrt égaré >à Fa^p^fêeafîon de FatiSKm,'îlesttie^^?{/^ c'est-à-dire ^1 pourra notirrir cpfamd en s'en servira pouf eet usage. On ne prétertd pa*, par Fe mm nm-tritif, qu'il y ait déploiement, exercice de ïa propriété. C^es* un terne ab^raiH^nifétdpftysiqife, qui s'adresse affx esprits éeMrés. On peiK fettrevoir cp/nn aliinent noureaiv es^ nmmn^fmnttt m$tr0èff nômrisêant, en montrant ou en citant des personnes qui se trourent fert bien d'^en user ; nutritif, en faisant connaître, avant tonte cxpérfence, ses propriétés chimiques et médîciuafes.

4. Constituant, constitutif. Qui a ïa propriété de constituer. La elîose constituante dL^i propriété de constituer, car elle constitue; la éïiose constitutive a la propriété de consfituer, car dïe est essentiellement propre à constituer et constituera du moment qtf on s'en? servira pourceta. Sans ses parties constitutmtes, un objet ne serait pas ; sans ses parties constitutives, il ne pourrait pas être. Constituant se dit de l'objet réel, les molécules c(?/i*/tYwawfe«' d'un corps; constitutif, de l'objet idéal, possible, abstrait, la divisibilité est une propriété cow^/tYwfm^ de retendue, c'^est-^-dire que rétendue ne serait pas possible, concevable, sans la iirrsibitîté.

5. Justifiante justificatif. Qui a le pouvoir de justifier. Justifiant ne s'emploie que dans îes deux expressions, grâce ou Mfusttfiante^ c'est-à-dire qui a le pouvoir de justifier, parce qu'elle justifie réellement. Jusftftcatif, qui a force de justification, qui sert à justifier, qui est tel qu'il doit justifier. On met à la fin d'un Frvre les pièces justificatives , pour convaincre, slî y a Ken, ceux qui par hasard mettraient en doute Fà boime for *e l'antetrr.

ff. Consolante consolatif Qui a fe propriété de consoler. Des paroles consolanterfonï penser à l'effet, à Fa joie qu^elles répandent ; des paroFes consolativet appellent toute Fattention sur la tertu, sur le charme des paroles qiti consolent. Bue nouvelte conso^ tante y ^ en juger par Fe passé, console ; déjà dans d'autres circo»-

tances on l'a vu produire eet effet. Une nouvelle cansoitUive, à priori, théoriquement, abstraction faite d'expériences antérieures^ doit consoler.

7. Attirant, attractif. Qui a la propriété d*altirer. Attractif est purement didactique et ne se dit qu'en physique des corps qui ont la propriété naturelle d'en attirer d'autres. Attirant ne se dit qu'au figuré des personnes adroites par calcul, par habitude, plutôt que par nature; d'ailleurs, le mot est toujours relatif à l'effet, et non point à la nature, à l'essence.

8. Signifiant, significatif. Propre à signifier, qui signifie bien. Une expression signifiante signifie bien, eu égard à l'effet, à la chose signifiée; elle la signifie comme il faut. Une expression significative signifie bien, eu égard à la vertu qui est en elle, c'est-à-dire d'une manière forte, énergique.

9. Intelligent et intellectif connaissant et cognitif percevant et perceptif Quand on veut distinguer l'âme par les propriétés que certains effets ont forcé de reconnaître en elle, quand on veut la distinguer de la matière, on lui donne te nom de sujet intelligent, connaissant, percevant. Mais on dit faculté intellect tive, etc., c'est-à-dire faculté considérée comme vertu du sujet intelligent, comme une force qui luiest naturelle et du nombre de celles qui la constituent, quand on considère cetie force uniquement en soi, abstraclion faite des résultats. Comme intelligent est relatif aux effets, aux résultats, qui sont choses appréciables, on dit qu'un homme est plus ou moins intelligent, mais non plus ou moins intellectif

Remarque. On distinguera de même les synonymes instruisant et instructif, corrodant et corrosif, desséchant et dessiccatif, excitant et exciiatif, di»solvmit et dissolutif^ désobstruant et désobstructif, corroborant et corroboratif, confortant et confoi'tatif agglutinant et agglutinatif

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