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CHAPITRE IV. EOX

Osus, a, um en laiki, oso en italien ^ et$x en françait, est unt terminaison qu'on peot appeler réplétive, paroe que effeetivement elle marque plénitude^ grande quantité, abondance de la qualité exprimée par l'adjectif qu'elle sert à former. Elle est presque toujours à base nominale, et répond assez bien à la terminaison anghûsd fui, fancifulf quinteux, use fui, avantageux, dUgraoeful^ bonteux, ainsi qu'aux terminaisons allemandes, isolément sigHificati?e$, t>o//^ plein, rcieA, richey et seKg, heureux. Ingeniosus, à'mgênium, esprit^ ingenioso, ingénieux ^ se dit en allemand geistvoU et geigtreichfOix sinnvôlUlginnreichf c'est-^dire, plein d'esprit, et riche en esprit, ou en sens. De même, en trouverait en aHemÂnd, pour traduire industrieux ^li'èikw^QXh ihpeu-prôs h^noiafvàe^^hunst' voll et Ai^/2«/r«t<?A, c'est-à-dire^ plein d'art^ et riebe en art, et pour traduire affectueux et verbeux, heldselig el redêélig^ c'est-àdire, heureux en affection et en pareles, o^estrà-dire qui e» a bea»coup. De même, mystérieux, simeieux, ombretéx, graciewiff heureux, etc., équivalent hgeheimnissvolf, kwmmervoll\ êehaltenreiehy liebreieh ou leiUselig, glukselig, ete* La désinence eux, peut-on dke encore, annonce que le sujet a beaucoup ou tout plein de la qualité marquée par le radical .* Vorgueilletéx a t#iH plein d'orgueil; le peureux, tout plein de peur> le rigoureux f tout pleia de rigueur.

EUX, AKT^

]>sa^etif#ené«ù^S0Rt la pffipart à base nominale : tous le^ siÊ^mfàh en ont ont, an contraire,^ pour base vni verbe, eàr toir^ sont des participes pré9Cfnts érigés en adjectifs. D'oti il suH &^^otà qa'îli doîveBt représenter hi qfiaHIé, les utrs oonnne inhérente au svjet, eornine possédée par \tà d'une manière pehiraiiente, les autr^ eottne développée par le s^jet, comme se montrant temporairement enf M; #e# il soit que fes uns doivent qu^fifier en faîson de la nalate, et les antres en raison d'iule action, les uns indiquant ce qu'est le mijet , et les antres cef qu^l faH. Ce qtfi est scdfftieux a du sairg, m, taebé o» couvert de sang, c'est son état; ce qui est baignant safgiw, fè^. Faction de saigner : dit ntt soigneux ne torchent pas 9ê^ gifMrtie^ dte sang, comme dtr ncar saignant. Ce qiri est ûoûféu^ eoMera, n\ on s'y livre, c'^est sôtt caractèi*e permanent : tels sont les voyages et le goût des tableaux ; coûtant n'entre qilé dans la locution, prix coûtant, où il signifie ce que dans le fait a coûté une

certaine chose : je tous le cède au prix coûtant Le vîti fameux a toujours et par sa nature la qualité qu'exprime l'adjectif; des tisons fumante, des cendres ou des viandes fumantes y fument ou jettent de la fumée un instant.— Une seconde différence tient à la valeur propre de la désinence eux y et consiste en ce que les adjectifs qu'elle termine désignent la qualité comme possédée à un haut degré; en abondance ou même avec excès. Ce qui est écumant jette de l'écume; ce qui est écurheux est couvert de beaucoup d'écume. Ce qui est coûteux a la propriété^ non-seulement de causer des dépenseS; mais d'en causer beaucoup.

1 . Ennuyeux, ennuyant. Qui ennuie. L'un énonce une qualité de nature^ l'autre une qualité de fait; le premier qualifie le sujet en raison de ce qu'il est^ et le second en raison de ce qu'il fait ou dit.CondiIlac en juge ainsi dans le passage suivant : « Il me semble qu'on dit ennuyant en parlant d'une chose ou d'une personne au moment qu'elle ennuie, et qu'on dit ennuyeux quand on parle du caractère qui la rend propre à donner de l'ennui. Il esl ennuyant signifie^ il ennuie actuellement ; îl est ennuyeux signifie, il est fait pour" donner de l'ennui. » Ce qui prouve bien, d'ailleurs, que ennuyeux exprime une qualité inhérente au sujet, c'est qu'on le fait quelquefois substantif, ce qui n'a jamais lieu pour ennuyant. Enfin ennuyeux marque plus d'ennui , ou un ennui plus profond, plus fort, (lu^ennuyani.

ti. Outrageux, outrageant. Qui outrage. Ces deux termes qualifient en faisant connaître, l'un ce qu'est le sujet, l'autre ce qu'il fait. Roubaud les a parfaitement distingués en leur appliquant la règle de distinction ci-dessus établie. « Ou^ra^ewa?, dit-il, formé du substantif outrage, espèce particulière d'offense, désigne là nature de la choîie, sa propriété ou soti' caractère, l'effet qu'elle doit pat elle-même produire; elle est faite pour Outrager, é'est le propre de la chose d'offenser cruellement. Outrageant, participe présent du verbe outrager, converti en adjectif verbal, exprime l'actiOn d'outrager, le fait, l'effet de cette action; elle outrage, on en est outragé, offensé cruellement. Ainsi, un discours, un procédé outrageant fait un outrage ; le discours, le procédé outrageusé fait outrage. t> On dît outrageux en parlant des personnes et des Choses, parce que les unes et les autres peuvent avoir pour propriété naturelle et constante d'outrager. On ne dit outrageant qu'en parlant des èhoses, le geste, le ton, les paroles, parce qu'elles seules font immédiatement Yaction d^outrager, les personnes oUtrageuses se servant d'elles à cet effet.

3. Radieux y rayonnant. Qiii jette des rayons. Aodt^u^ marque plus d'éclat : le corps radieux est toat rayonnant de lumière. L'effusion abondante de la lumière rend le corps radieux; et rémission de plusieurs traits de lumière le rend rayonnant. Le soleil est radieux à son midi ; à son coucher il est encore rayon^ nant. En second lieu^ le mot radieux marque la propriété, la qualité de la chose, et le mot rayonnant, le fait présent. Un corps lumineux par lui-même est plus ou moins radieux; et quand il répand sa lumière , il est plus ou moins rayonnant. Au figuré , on dit un visage, un air radieux ou rayonnant j pour signifier qu'on voit éclater sur le visage, ou dans l'air, la joie, la satisfaction. Mais Tun marque une satisfaction plus solide, plus pleine et plus constante, comme celle qui résulte de la santé, l'autre une satisfaction plus vive et plus passagère. De cette différence dépend la raison pour laquelle on dit rayonnant, et non radieux, de gloire, c'est qu'on ne rayonne de gloire qu'au moment où Ton vient de faire une ou des actions glorieuses.

4. Langoureux, languissant. Qni est dans un état d'abattement et de faiblesse. Le langoureux est tout plein de langueur; le languissant languit. Il y a dans langoureux quelque chose d'habituel, ou même d'excessif et d'immodéré. Ainsi, l'on dira d'un convalescent, ponr emprunter l'exemple de Roubaud, qu'il est encore un peu languissant, et d'un autre, qu'il est encore tout langoureux. Vous trouverez langoureux ct\n\ qui parait toujours languissant. « Pour être langoureux, dit le même synonymiste, il faut paraître languissant par des signes ou des démonstrations frappantes de langueur, et d'une langueur assez soutenue et surtout mêlée de plaintes et de marques de sensibilité. » Il y a plus ; langoureux semble signifier quelquefois, qui outre ou affecte la langueur. On a bien l'air languissant; mais on prend l'air langoureux. Un malade très affaibli vous demande des secours d'un ton languissant; un mendiant rusé vous demande l'aumône d'un ton langoureux. Du reste, c'est par exception qu'ici l'adjectif en eux parait marqué d'un caractère d'activité, et il le doit, non pas à sa termi* naison, mais à celle de son radical, langueur.

6. Amoureux, amant. Celui qui aime une femme. L'amoureux est plein d'amour; l'amant fait l'action d'aimer, aime ouvertement, au su de tout le monde. Ce qu'on considère dans Tun, c'est la plénitude du sentiment, la réalité de la passion; et, dans l'autre, c'est le Jait notoire, paient, de s'attacher par choix à telle personne. Amoureux désigue une qualité du tempérament, un penchant dont le

terme amant ne réveille point l'idée. On ne peut empêcher un homme d'être amoureux; il ne prend guère le titre A' amant, qu'on ne le lui permette. Amoureux rappelle davantage le substantif amour, et représente avec plénitude cette qualité comme inhérente au sujet; amant se rapproche plus du verbe aimer, et marque simplement le fait de prendre telle femme pour objet de son amour et de ses assiduités.

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