‹ Synonymes françaisChapitre 15 sur 218 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

B'XHOU'ÏMIK DES VERBES WETTTRES AVEC LEUR PARTICIPE PRESEITT OU PASSlâ AGGOMPAGlfi DU VERBE être,

iiwtrir^ être mouroat. EjçcAller^ être excellent Qkéir ^ êlrêoyksanf. PmchéTj être p^chéy eUj,

Le verbe exprime un fait, le participe, en tant qu'il tient de Padjectif, une qualité. Le verbe exprimant un fait, est relatif j et le participe exprimant une qualité ou un étatdu sujet, est absolu. Le premier comporte toutes sortes de modifications, quant aux circonstances et à la manière dont le fait particulier se passe 3 le secrond a par luimême un sens complet, il représente une qualité caractéristique du «ujet et indépendante de toute circonstance. On sert et on accourt une certaine personne, d'une certaine manière, dans certaines occasions : c'est un fait qu'on accomplit; on est serviahle et secourable indépendamment de tout rapport de personne, de lieu, de temps, de moyens : c'est une qualité dont on est doué. Il en est de même quand le mol qui accompagne le verbe être est un participe, au lieu d'élre un adjectif^ On mmr/d'un coup de feu, dans son lit, à un certain ège, toutes circonstances qui ne peuvent être notées dans Pexpres^ sion, tel homme est mourant, parce que cette expression est complète et se suffit à elle-même. Quand vous dites qu'un jeune homme est étudiant en droit ou en médecine, vous exprimez tout ce que TOUS pouvez exprimer avec ce tour; mais, en tous sciTant du verbe neutre, vous direz qu'il étudie le droit ou la médecine dans une certaine ville, avec plus 00 moins d'ardeur et de succès, [sous tels ou tels maîtres, suivant telle ou telle méthode. Parmi les hommes qui sont languissants, les uns languissent de misère, les autres d'amour, ceux-ci dans l'attente d'un bien, ceux-là dans un long

exil. Éire dépendant, c'est être dans ta dépendance, sans autre spéciflcalion possible ; mais on dépend de quelqu'un sous tel rapport, jusqu'à tel point, pendant plus ou inoins de temps.

D'autre part, le verbe exprimant un fait désigne toujours, par cela même, quelque chose d'actuel et de passager. Au contraire, le participe, joint à Tauxiliaire, forme une expression significative d'une qualité fixe, constante, inhérente au sujet, qui ne le quitte pas. Cela résulte de la valeur ordinaire de l'adjectif dont lient le participe, et de ce que le verbe ^^r^, mis en saillie dans l'expression composée, lui donne un caractère d'existence, de permanence et de durée.

1. Exceller, être excellent. Avoir un degré éminent de perfection, de supériorité. L'un est relatif, a besoin d'un complément et exige une comparaison avec des rivaux qu'on surpasse ; on ne peut pasdire qu'une personne ou une chose excelle, sans indiquer sur qui •ten quoi. L'autre est absolu, exprime une idée complète et n'a pas besoin d'un régime ni d'une comparaison. Ce qui excelle est meilleur que les autres, n'a pas de pareils dans son espèce; ce qui est excellent est très bon. Ensuite, exceller représente plutôt le sujet comme agissant, et être excellent le dépeint comme doué d'une qualité. Le conducteur de char, qui est excellent^ excelle à conduire un char dans la carrière. /

2. Obéir, être obéissant. Se soumettre aux volontés de quelqu'un. Obéir désigne l'acte d'un moment, et être obéissant uuedisposilion constante. Le premier, tout contingent, tout dépendant des circonstances, signifie faire dans l'occasion ce qu'on nous commande ; le second, tout qualificatif, signifie, non pas faire un acte d'obéissance, mais posséder d'une manière permanente la vertu de l'obéissance. Ce qui prouve combien obéir est accidentel et relatif , c'est qu'on peut obéir sans être obéissant, par contrainte ou par intérêt. Toutefois , obéir se prend aussi, comme être obéissant, en parlant d'une suite d'actes d'obéissance: « Il vaut mieux, dit Platon, obéir aux Dieux qu'aux hommes. » Mais obéir est toujours plus considéré dans les actes produits et relativement à l'habitude : être obéissant se rapporte davantage au sujet doué de la qualité qui le caractérise. D'ailleurs, obéir dépend des occasions d'agir et suppose des intervalles; être obéissant marque une disposition qui ne cesse pas un instant.

3. Chanceler , être chancelant, N'élre pas ferme. Chanceler exprime un fait accidentel ; à celui qui chaîicelle il arrive de chanceler. Être chancelant marque une disposition ou qualité permanente : qui chancelle sort de l'étal de stabilité; qui est chance^

/ont demeure toujours dans un état contraire à celui de la stabilité, est toujours près d'être renversé. Si une chose chancelle, c'est le résultat des circonstances; si elle est chancelante, cela tient à sa natare^à sa constitution même.

4. Pencher, êlre penché; incliner, être incline'. N'être pas d'aplomb on perpendiculaire à sa base. Les deux verbes marquent un état relatif, un penchement et une inclinaison qui commencent, qui se font, qui sont encore faibles; être penché et être incliné désignent un état achevé, permanent. Deux lignes qu'on croit parallèles inclinent cependant l'une vers l'autre : c'est une inclinaison peu sensible et incomplète. De même au figuré, quand on incline vers une chose, on a pour elle un commencement d'inclination; quand on y est incliné ow. enclin, on a pour elle un goût bien prononcé. Ensuite, si une th^^e penche ou incline, c'est par accident, par le fait des circonstances; c'est par nature qu'elle est penchée on inclinée. Un arhre penche sous le poids des fruits; le narcisse est penché ou incliné au bord des eaux. Un mur est incliné, quand il incline beaucoup, ou depuis très longtemps, ou qu'il a été bàli obliquement sur le sol. Enfin, parce qu'ils sont relatifs, parce qu'ils représentent \epenchement et Yinclinaison en train de se faire, les deux verbes expriment que le sujet approche de plus en plus de sa ruine. Un éXtiX penche vers sa chute, un vieillard vers la tombe, i^^r^ penché, être mc/ûne désignent un état permanent, qui se suffit en, quelque sorte h lui-même, qui ne va point finir par la ruine.

Remarque. A la piace^du verbe neutre, le verbe réfléchi aurait le même caractère. Ainsi, à incliner et k pencher, on peut substituer s'incliner et se pencher; la différence restera la même, ou peu s'en faut, entre ces derniers, et les expressions, élre incliné y être penché. C'est donc définir inexactement^'i'wJi^n^et être indigné, que de les traduire Tun et l'autre, comme le fait l'Académie, par éprouver de f indignation. Dans ^indigner, l'idée commune est empreinte de relativité; au lieu ([n'être indigné, la présente absolument et comme achevée. Celui qui s'indigne est à l'œuvre, en quelque sorte: on peut le calmer. Celui qui est indigné a conçn le sentiment de l'indignation dans toute sa plénitude; l'indignation est sa qualité, son état, sa manière d'être. Pendant qu'il parlait, on voyait les assistants sHndigner peu-à-peu; après qu'il eut parlé, tous les assistants étaient indignés. De plus, il y a dans s'indigner une idée d'activité étrangère à son synonyme. S'indigner, c'est se soulever, s'émouvoir contré une personne ou une chose; être

indigné, c'est être intérieurement affecté d'ane certaine liiBnière. On dirait bien, il ne faut pat sHndigner contre un crime involontaire; car cela dépend de nous en partie; mais dans ce cas on ne pourrait se servir A^étre indigné, parce que cette dernière expression marque une manière d'être fatale et toute passive.

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