ABLE, EUX
La termijuaison eupif fst pi«t4t active que passive ^ etjo'est ponfw qnoi il existe eji assez grand nombre ie% adjectifs en ettJSy synonymies â'a4jecti£s en ant. C'est, au contraire, parce que la terminaison euoff» prend rarement dans le sens passif, que fort peu d'a^jecttii de cette désineace ont des synonymes parmi les adjectifs en able. Tels sont cependant, piiewo, odieua et délicieuaf, par rapport à pitoyable, hamable et déleoUj^U, puisqu'ils signifient comnM eeux^, qui est ou doit être pris en pitié, haï, goâté avec délices. Quant à leur différence, elle se déduit de la nature de leurs bases et de la râleur précise de leurs terminaisons. Les premiers sont il base nominale : pOews vient de pHié, odietia du latin odmm, haine, et délicieux de déliée,- les autres sont à base verbale , pitoyable étant formé du verbe inusité pUoy^r, le même àpeu-près que apitoyer y hawable de haïr^ et délectable du lalin deleetare, agréer. De là il suit que Tadjeclif en> eux qualifie ladiose en elle-wiéœe,au lieu que l'adjectif en able la fait considérer d'une panière relative, comme capable d'éprouver un effet; d'exciter de notre part un sentiment. £t de la valeur comparée des terminaisons il résulte; d'une part, que Tadjectif en eux, exprime avec plénitude et en abondance, au superlatif en quelqn^ sorte; la qualité marquée simplement et sans aucun accessoire de celte espèce par l'adjectif en able; et, de l'autre, que le premier présent^ en fait ce qpe l'autre suppose simplement en puissance.
DES SYNONYMES GRAMMATICAUX. ôî|
1* PitoyahkfpUmsif. Qui foit qu'on ie$t un Q^yet 4e {»Uié. ^Ut^t, ton piteunç ou pitoyable, £'iest'à-4ire à foire pitié. L'un $i|;Qiftp proprement qui excite, et l'autre, qui doit exciter la pitié, c» qui n'empêche pas ces deux motç d'être synonyojes, vu la facilité aye^ç Jaquelfe Tesprit passe de la réalité à la possibilité et fé(jiproqjjii5* ment. p#^î^^ concentre l'attention ^nr la içboiç^e qualifiée : dl# ^t ia nature très œapvaise o|i dans pne sprte de bajsjsesse et de dégrada-r tion^ Pitoyaile est une qnalifîcatipn relative, qui rappelle ejpre^^ sèment la propriété qn*a la chose d'être prise en pitié, Dao9 jw piteux éiaf, on est loin d'être % son aise j dans nn état pUoyfibffi, on est digne de compassion. Ainsi, i??Ï^m#^ mine, piteuse chair, présentent 4^3 qualifications solitaires et tput-à-tait ândépendantef de l'effet que sont susceptibles d'éprpuyer les chpses pitoyables. Sf piteuic se prend toujours familièrement ci; rarement ai| sérien)^, c'esi; précisément parce que ce mot e^st peu propre à marquer que la cho$e e$l; digne de compa;s$ipn.
2. Délectable f délwieujif, Jv^^ agréable. Ce qni e3t délimuas^^ telle qualité; ce qui est délectable a la propriété d'être agréé ou de produire tel effet sur ceux qni le goftf^nt, Le premier adjeijtif qualifie la chos^ en elle-mêmua ^t la fait considérer comme un sujef: d'inhérence j le sepond la qnalifie relativement; pomme m sujel; d'action, comme capable de tel effet. Une clipse e«t délicieuse qui renferma l^us les principe» de bonté \ elle est délectable en (2e qu'elle est faite pour les faire éprouver, J)élicieuq! présente la qualité comme concentrée dans l'objet qu'elle sert à caractériser, et délectable comme propre à se développer et à causer des sensations très agréables. « L'épithèt« tlélicieux, dit Roul»and, affecte à l'objet un attrait, des appas, un charme, avec un caractère particulier de suavité ; répithète délectable attribue à l'objet la propriété d'exciter le goût, d'attacher à la jouissance, de prolonger le plaisir. Le buveur appelait autrefois délectable le vin que nos gourmets trouvent délicieux, » Délicieux est un qualificatif absolu qui ne regarde que la nature de la chose; délectable est un qualificatif relatif qui fait penser h l'effet dont la chose est capable. JMi Tun ni l'autre ne montre la qualité comme réalisée, le premier parce qu'il se borne à la faire voir dans l'objet, le second parce qu'il la suppose simplement possible.
3. Haïssable y odieux. Qui est on rend un objet de haine. Du latin odiy je hais, a été fait odium, haine, d'où vient odftoM^*, odieux, plein de haine, qui en excite beaucoup. Du même odi, odire, on a formé Aair; d'où haïssable , à haïr, propre à être haï. K le prendre
rigoureusement^ odieux exprime plutôt comme un .fait ce que hais* sable présente comme une capacité ou un devoir* €e qui est odietiXy excite effectivement beaucoup de haine; ce qui est haïssable y est bon ou propre à être haï. On rend odieux; on fait paraître haïssable. «Vous forgez des écrits pour rendre vos ennemis odieux, y> dit Pascal aux Jésuites; et^ suivant le même auteur^ «Le moi est haïssable; on ne peut le rendre aimable qu'aux inijnstes. » « Les autres moines le prirent en haine, parce qu'il n'était pas aussi haïssable qu'eux.» J.-J . —Mais ces mots s'emploient aussi tons deux^ tantôt pour marquer le fait ou la réalité , tantôt pour exprimer la capacité ou la possibilité. Alofs ils diffèrent par leur degré de force. C'est ce qu'ont bien senti Condillac et Roubaud. « On est haïssable, dit le premier^ parce qu'on a un caractfre désagréable; on est odieux, parce qu'on a un caractère méprisable, vicieux. » Roubaud exprime la même pensée en d'autres termes. « Si l'objet haïssable est digne de haine, dit-il, l'objet odieux est digne de toute votre haine. Avec certains défauts, on est haïssable; avec^certains vices, on est odieux. » « Pour ne se répandre que sur les dehors, l'incivilité n'en est que plus haïssable, parce que c'est toujours un défaut visible et manifeste. » Labr. « C'est un noir attentat, c'est une sale et odieuse entreprise que celle que le succès ne saurait justifier. » Id. £nfin, ajoutons que odieux est plus relatif à la nature de la chose qualifiée, et haïssable à l'effet qu'elle produit sur nous, au sentiment qu'elle provoque.