IQUE, EUX
Ces deux terminaisons expriment que l'objet qualifié contient de ce qui est signifié par le radical auquel elles sont unies. Mais elles diffèrent par 'le degré et l'effet de cette participation» Terminés en ique, les adjectifs marquent simplement qu'il y a dans l'objet, dont ils acompagnent le nom, de la chose représentée par leur radical, de manière à faire connaître seulement le genre auquel appartient cet objet. Quand la terminaison est en ^u;r,ceméme objet apparaît
(i) Un adjectif terminé par/^ae, vmfique,?i pour synonyme Tadjectif ver- ]>al ^vivifiant. Mais il est pédautesque et à -peu-près hors d^usage, parce quUi a été calqué sur le latin vwificus^k la différence de vivifiant, participe présent du verbe à forme foute française, vivifier. D'ailleurs , vivifique représente la qualité comme inhérçnteà Tobjet, indépendamment de l'action et antérieurement à Taction ; vivifiant qualifie Tobjet en raison de l'action et de son effet sur ce qui la subir,
comme possédant avec plénitude, avec abondance, de cette même chose, de manière à produire sur nous tel ou tel effet, ou tout au MBm pltis d'effet.
1. Marmonique, hojrmoniéux. Où il y a de.riiarmonîe. Le pre- Wù»t est un terme tepbaii[ue, usité en musique principalement. II qualifie d'ine n^anîère abstraite, froide, sans degré; il indique le geare de t^objet en marquant son rapport avec l'harmonie, mais sans aiieun égard ^ l'effet agréable qui en résulte. Harmonietix, plein d'harmonie, se rapporte toty ours et surtout à cet effet i c'est un terme du langage commun.
^,âuffu$ique, mlflirsuû^; niiriquèy nitreux; arêénique, ar^ ê^fnmifff pheiphoriquêy phqiphormMf; êéléniquêy sélénieux. Ces meU^ destinés à qualifier les acides, ont été inventés par les auteurs de la nomenclature chimique, à Fépoque ou l'on croyait qu'un porps, en s'pnissant à l'oxigène, ne pouvait donner naissance qu'à deuK acides, au pins. Il n'y a rien à dire contre leur formation \ elle est régolière et conforme au ^m% ordinaire des terminaisons ique et #u«. L'adjectif en ique se dit de celui des deux acides qui renlirme le moins de la chose exprimée par le radical de Padjectif> etl^'eetif en mise de celui qui en renferme le plus. Acide ml furiquêy acide du soufre , oi| il y aie moins de ce corps, et partant le plus oxigéilé; aeide iulfureu», acide du soufre, oîi il y a le plus de ce eerps, et partant le moins oxigéné.
s. Sop^r^ue, iBpormx, Qui endort ou assoupit. L'un fait songer an gewre d'effet produit par l'objet qualifié, l'autre à la plénitude, à l'excès, au danger de cet effet. Ce qui est soporeux cause un assoupissement lourd, pénible, et qui peut avoir une terminaison fâcheuse.
IQDE, AL.
Le sens comparatif de ces deux désinences ayant été déjà suffisamment déterminé, il s'agit ici simplement d'appliquer à des exemples particuliers les distinctions générales ci-dessus établies.
1. Numànquê ^numéral. Qui a rapport au nombre. Mais le premier anponce pn rapport intrinsèque, de fond, une participation aux qualités essentielles du nombre, à ses caractères génériques. En disant unité numérique, opération numérique, vous faites connaître ce qu'est celle unité ou cette opération relativement au nombre considéré en lui-même. Numéral est une qualification exlrin? sèque, de forme, qui se fonde sur qa rapport au nombre considéré, non plus dans ^a nature, comme étant jtel ou tel, mais dans se . forme. Nom numéral, adjectif mimerai, lettre numérale^ c'est>à-dire ayant rapport au nombre, non pas en tant que ses caractères
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Qfmiimib sont tels ou tels, mm en taol: quUl est exj^riwé* L'pn de ces adjectifs (est un t^rm^ d'arithméfiqui^i l'autre un termis d§ granunaire.
2. Stomachique, stomacal Qui a rappprt à l'estomac, (i'un doit étra préféré en médecine, l'autre en apatomie. Néanmoins op les en^ploie tous deux dans la première science, eu parlant de ce qui est bon à l'estomac, de ce qui le fortifte. Alors rpste toujours une différence, qui i^nsiste en ce que stomachique marque avec l'estQUiaç uu rapport plus prochain. Ce qui est stomachique aide plps essentiellement, et par sa nature, l'estomac à remplir ses fonctions; ce qu] est stomacal produit cet effet comme de loin, et c'est pourquoi cet adjectif s'applique bien aux choses favorables à Testomac, comité, le Tin> sans qu'elles aient reçu spécialement cette destination; c'est pourquoi aussi on ne dit pas un stomacal, comme on dit un stomçiçhique. Dans la poudre stom4içhique tous considérez surtout sou g^ure de propriété dominante relativement i l'estomac, et dans U| poudfe sto?nacal^, ce pourquoi on peut l'employer et à quelle partie du porps elle convient.
3. Çhirurgiqpe, chirurgical^ Qui appartient ou est relatif à la chirurgie. Chirurgique qualifie les choses dans leur rapport avec la chirurgie, considérée en soi, dans ce qu'elle a d'essentiel; et chirurgicalles qualifie dans leur rapport avec la chirurgie, considérée extérieurement, dans ce qui eu dépend d'une manière quelconque. Ou doit toujours dire, une ppérfition, un essai, une expérience, çhirurgiques; mais, l'au^tomie cAirwr^îca/^^ c'est-à-dire qui prépare à 1^ chirurgie, et des instruments chirurgicaux^ ç'est-à^ dire qui servent à la chirurgie,
4. Monastique j mçtfiaoal. Qui a rapport aux moines. L'un est formé du grec p.ovaanflç, moine; l'autre du latin mo/îaeAw*, qqj a le n|éme sens. C'est peut-être à cause de cette première circouslance, que monastique se prend plutôt en bonne part qiie m^^^^aL Mais leur principale différence tient à celle 4e leur terminaison. Monastique se rapporte au fond, au genre, à la nature de l'institution, des mœurs, de la discipline, de la vie des moines, et m(^<^cal à leur forme, On dira plutOt les vœux mo.^a^t^9^^* i l'institution ou l'ordre mono^/i^/ei^, et l'habit ou (e chant monacal On dira également la vie, la règle, l'esprit monastique ou monacal; monqstique jf si pu considère ces choses ep çUes-ménjues $;omnie hpunçs du ipauvaisçs, comme plus ou luoius rigoureuses au fond; monacql^ si on a surtout égard aux habitudi^i k l'air, ^ ('habit, aux pratiq^uçp extérieures,
6. Rustique yniraL Relatif à la campagne.L'unmarqaednMppdrt essentiel^ l'autre un rapport de lieu seulement. Ce qui est rmUque se rapporte à la campagne comme à son genre , en a la manière d'être et les caractères; ce qui est rural n'est point dans la ville. La vie rustique comprend de ta campagne même les occupations et les habitudes; dans la vie rurale il n'y a de la campagne que le séjour qu'on y fait. Les mœurs rustiques impliquent quelque chose d'essentiel et qu'on considère en soi comme bon ou mauvais ', comme empreint de simplicité ou de grossièreté ; les mœurs rurales rappellent seulement des modes, des habitudes de se vêtir, de se nourrir, de s'assembler en certains lienx, par opposition à celles qui sont suivies dans la ville. V économie rusHque entre dans des détails plus intimes que Véeonomie rurale, surtout en ce qui concerne le ménage. En un mot, rural n'indique qu'une circonstance accessoire, peu importante, qui n'atteint pas le fond de la chose. J.-J. Rousseau n'a peut-être pas assez observé cette différence dans le passage suivant t « Le sabin Âppius Glaudius, étant venu s'établir à Rome, y fut inscrit ém& une tribu rustique, qui prit dans la suite le nom de sa famille. Les affranchis entraient tous dans les tribus urbaines, jamais dans les rurales. »
6. Générique, général* Qui convient au genre. Générique, qui a rapport au genre comme genre, en lui-même, comme se composant, dans l'esprit, de telles ou telles idées élémentaires. Général, qui a rapport au genre, considéré extérieurement, dans la réalité, relativement au temps et à l'espace. Les caractères génériques de l'humanité sont contenus dans la notion abstraite ^^ humanité; ce sont^ par exemple, la vie, la mortalité, la raison ; les caractères générauûp de l'humanité sont les caractères que tous les hommes ou la plupart se trouvent avoir effectivement partout et toujours. Un terme générique est significatif du genre : tel est humanité par rap|)ort au genre auquel les hommes appartiennent; un terme général sert à exprimer une chose ou un genre de choses, de façon à s'appliquer à-peu-près à toutes , sans en désigner spécialement aucune, c'est-à-dire, en définitive, d'une manière éloignée, vague, peu précise. Tout ce qui est générique, l'est au même degré; ce qui est général, peut l'être plus ou moins. Générique ne s'emploie que didacliquement, en logique ou en grammaire. Gela doit être.
7. Géométrique, géométral; philosophique, philosophai; théologique, théologal; historique, historial. Ces mots ont tous cela de commun , de marquer un rapport avec une science indiquée par leur radical. Mais pour ceux qui finissent en iqu£, c'est un rapport
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essentiel; qui impose à Tobjet qualifié son caractère propre; pour les autres, c'est un rapport éloigné, une convenance très peu étroite, qui sert à désigner l'objet plutôt qu'à le caractériser, à le qualifier. Ce qui est géométrique ou philosophique, l'est plus ou moins, c'est-à'dire participe dans une certaine mesure aux qualités constitutives du type qu'on appelle géométrie ou philosophie : ce qui est géométral ou philosophai ^ né l'est pas plus ou moins, et ces adjectifs ne déterminent point du tout sa nature. Au surplus, philosophai, théologal et historial, ne se trouvent que dans un petit nombre à^XocvMonsipierrephilosophale, or obtenu par transmutation des métaux, ou le métal propre à devenir or, ou bien Part d'opérer cette conversion, qui était le but de plusieurs philosophes ou alchimistes au moyen âge; vertus théologales, la foi, Tespérance et la charité, appelées ainsi, parce qu'elles ont principalement Dieu pour objet, de même que la théologie ; historial s'est dit de certains livres d'histoire, le miroir historial de Vincent de Beauvais, le bouquet historial. Quant à géométral, quoique d'un usage plus étendu, il n'exprime non plus avec la science à laquelle il correspond qu'un rapport extrinsèque ; tout ce qui convient ou répugne à la géométrie, convient ou répugne à ce qui ^^i géométrique, mais non pas à ce qui est géom£traL Géométral sert à qualifier un dessia d'architecture, qui donne la position, la dimension et la forme exacte des différentes parties d'un objet, d'un ouvrage, abstraction faite des illusions de la perspective : plan géométral; élévation, coupe geométrale.