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CHAPITRE XI. AQUE

Les terminaisons ague et igue, latin acus et icus, grec cuco; et wcoç, sont entre elles comme al et il, c'est-à-dire identiques. Elles ont et même origine et même valeur. Les adjectifs enaque servent donc à qualifier la chose dont on parle, en tant qu'elle a un rapport essentiel avec ridée signifiée par leur radical : élégiaque, qui est du genre de Vé\ésie',mamaquej qui a de la manie, possédé de quelque manie; syriaque, qui est d'un genre originaire de Syrie, langue syriaque.

Hypocondre, hypocondriaque. Atteint d'hypocondrie, sorte de maladie qui rend bizarre et morose. V hypocondriaque est comme hypocondre, a du rapport, ressemble à Vhypocondre, on le ÔXvzxl hypocondre. Celui-ci possède pleinement la qualité à laquelle celui-là ne fait que participer dans une certaine mesure. Hypocondre désigne nettement et sans détour celui qui est malade

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d'hypocondrie. HypocondHaque b'â pas la même force; if se dit d'âliord des choses relatives ft cette maladie^ affection hj/pocôn^ driàqtie, et easuite des personnes qui y ont simplement rapport^ c'est-à-dire qui en tietiiiènt OU i^eh sentent quelque peU^ oU qui semblent en être atteintes.

CliAPITRE XIL FÈRE.

Père, en latin fer, àe ferre, porter, signifie que l'objet qualifié porte, apporte ou cause ce que le radical de l'adjectif indique, lanifère, lanafii ferre, porte-laine; êomnifère , latin sotnnîfèr, sotnnum ferre, porteir ou apporter le-sommeil, c'est ce qui procure le sommeil, et ainsi des autres, lethifere [tethufn, mort) , mortifère, pestiféré j etc.

FÈRE, FIQUE.

lin adjectif, susceptible de prendre ces deux terminaisons^ aie même sens à-peu-près avec l'une et avec l'autre : il présente dans les deux cas l'objet, au nom duquel il se joint, comme possédant la qualité de produire la chose exprimée par le radical de l'adjectif. On peut donc considérer comme synonymes, soporifère et soporifique, sudorifere et sudorifique, prolifère et prolifique, c'est-à-dlré capable de causer le sommeil, sopor; la sueur, sudor; et d'enfanter, proies, race, enfants. La différence s'aperçoit aisément. La désinence fère montre la propriété d'une manière plus extérieure, plus objective, dans ses effets; et la désinence ^^w^ la désigne dans l*objet auquel elle est inhérente, subjectivement, comme constituant sort caractère essentiel } et c'est pourquoi on se sert, par exemple, de prolifère en botanique et de prolifique en médecine. C'est la différence qui existe en latin entre horrifer et hornficus; horrifer est pittoresque, il fait voir le sujet répandant çà et là l'horreur et l'épouvante. De plus, là terminaison fère, sans doute parce qu'elle se prononce exactement comme la terminaison latine d'où elle dérive, n'a point été popularisée dans notre langue. Elle se trouve seulement à la fin de quelques termes scientifiques, usités en botanique le plus souvent, et quelquefois en médecine. En conséquence, on ne peut guère se permettre dans le discours commun l'usage de soporifère et de sudorifere ; ils auraient l'air étrange et prétentieux. ,

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