‹ Synonymes françaisChapitre 17 sur 218 · SYNONYMIE DES VERBES ACTIFS ATEG CES MÊMES VERBES DEVENUS PRONOMINAUX · texte numérisé non relu

SYNONYMIE DES VERBES ACTIFS ATEG CES MÊMES VERBES DEVENUS PRONOMINAUX

^//a^uer quelqu*UQ , «'atfa^uer à quelqu'un. Imaginer ^ s'imaginer. Attendre^ s'attendre. Apercevoir y s'apercevoir^ etc.

Le verbe actif indique le fait ou Pacte en lui-même, ou relatiyement ù l'objet. Le même verbe, devenu pronominal, implique l'idée d'un rapport particulier au sujet : il représente l'action comme plus personnelle, il-exprime un retour vers le sujet, il fait penser à lui, aux sentiments qui l'animent, à ses efforts, aux idées qu'il conçoit. La raison de cette règle est facile à trouver» Le verbe pronominal renfermant le verbe actif doit d'abord signifier la même chose que lui, et comme il y ajoute le pronom, cette addition doit avoir pour effet de rappeler de quelque manière le sujet ou la personne qui agit. L'action du verbe, quand il est pronominal, au lieu de se porter immédiatement sur l'objet qui ne lui sert alors que de complément indirect, au moins polir l'ordinaire, ne l'atteint qu'après avoir, pour ainsi dire, fait retour vers le sujet et en avoir reçu quelque modification. Le verbe ordinaire appelle naturellement l'attention sur l'espèce d'action en elle-même ou sur l'objet qui est son complément direct; et le verbe pronominal, par. sa rétroactivité vers la personne, en fait saillir quelque qualité ou la représente comme ajoutant quelque chose d'elle-même à l'action.

1. ^/^a^er quelqu'un, s^attaqtier à quelqu'un. Prendre quelqu'un pour objet de ses attaques et de ses coups. S'^aUaquer c'est se porter à attaquer, attaquer avec résolution, et c'est d'ordinaire à plus fort que soi qu'on s* attaque. « Mais t attaquer à moi ! qui t'a rendu sivain?»CoR]SEiLLE. « Ah! tu sauras, maraud, à ta confusion, ce que c'est qu'un valet qui s'attaque à son maître. » Mol. {Amphitryon).W n'y a dans attaquer d'autre idée que celle du fait: l'ayant trouvé sur son chemin, il t attaqua. Dans s" attaquer W y a de plus un rapport à la personne qui s'en prend à quelqu'un, qui l'entreprend, un rapport aux sentiments particuliers qui l'animent et la rendent si osée, le ressentiment , la haine, la vengeance, l'humeur ou bien l'acharnement de sa volonté et l'ardeur de ses poursuites» En deux mots, attaquer n'exprime qu'un simple acte, l'agression, la provocation, un acte d'hostilité, abstraction faite de toute circon-

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sUnee;^a//a9u^yajonte ridée d'un retour vers le sujet et re« présente celui-ci ou comme ne craignant pas d*attaquer, comme attaquant ouvertement^ ou comme animé de telle ou telle passion dans son attaque^ on bien encore comme prenant à partie avec discernement^ par choix et préférence/celui-ci ou celui-là, à cause d'un tort vrai ou prétendu. Ce qui est essentiel dans attaquer y c'est le fait en lui-même, et dans ^a^to^t^^ c'est la circonstance tonte relative à ragent, d*oser attaquer, d'attaquer avec acharnement et passion, et telle personne plutôt que telle autre.

2. Imaginer^ t^imaginer. Ces deux verbes signifient se représenter quelque chose dans l'esprit, quand ils ont un nom pour complément immédiat^ et se faire ou avoir une opinion, quand ils sont suivis d'une proposition incidente, commençant par que. Ainsi, on dit,, d'une part, imaginer et ^imaginer des fantômes; de l'autre, tmaginer et ^imaginer ^w'on viendra à bout d'une entreprise. Or, dans les deux cas, ces mots diffèrent de même, c'est-à-dire, en ce qulls marquent le fait ou l'acte, l'un simplement, l'antre avec une circonstance prise du sujet, savoir qu'il croit à la chose imaginée, qu'il y donne son assentiment. Il importe de suivre cette distinction dans les deux sensoù imaginer et t^ imaginer paraissent synonymes.

Imaginer , ^imaginer. Se représenter, se faire une idée. Ces verbes considérés seulement dans le cas^ où ils ont un nom pour complément immédiat, signifient tous deux, se réprésenter quelque chose dans l'esprit. Imaginer y c'est se représenter quelque chose d'idéal^ qu'on feint, qu'on crée, qu'on invente, sans aucun égard à la réalité de la représentation. IS imaginer y imaginer à soi, pour soi, c'est se représenter quelque chose à quoi Ton croît, à quoi l'on s'attache, qu'on s'impose, qu'on se persuade. Il y a deux manières d'avoir de l'imagination; elles sont exprimées par ces deux verbes. Imagifier, c'est être créateur, c'est avoir de Timagination, en ce sens qu'on est capable de se former des représentations idéales, hypothétiques. Stimaginer n'est pas seulement conceptif, il joint la croyance à la représentation ; c'est avoir de l'imagination, en ce sens qu'on se laisse aisément entraîner à croire à ses conceptions. Dans imaginer se trouve l'imagination du poète, de l'inventeur; dans sHmaginer l'imagination du rêveur. Dans imaginer, l'imagination produit; dans s'imaginer, elle impose la croyance à quelque chose éi' imaginé. Imaginer des fantômes et des périls, c'est simplement en produire l'idée dans son esprit; se les imaginer, c'est de plus croire qu'ils existent et avoir peur de sa création: Hoffmann imagine des fantômes, l'enfant s'imagine des fantômes. Pour faire de son imagi-

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nation un usage convenable^ il faudrait n'imaginer* que les choses qui peuvent être, et ne s'imaginer que les choses qui sont, /ma* giner est plus original^ plus inventif^ s'imaginer est plus logique^ plus abstrait, et ce verbe emportant une croyance est très rarement suivi d'un nom, mais presque toujours il est suivi d'un infinitif ou d'une proposition incidente, commençant par^u^. Les géographes ont imaginé des lignes et des cercles qui coupent le globe en tout sens , mais sans se les imaginer. «Il n'est pas besoin de «'imo^in^r aucun vide. » P. R. C'est-à-^ire, qu'il existe réellement aucun vide. Dans les sciences hypothétiques, comme la géométrie, on dit à chaque in" slantj itnaginez telle ou telle chose, une ligne qui, etc. Quand on se sert de s'imaginer^ c'est qu'il y a croyance à la réalité de la chose* « Il est absurde de s'imaginer dçs infinis en divers genres. » Fék. C'est-à-dire qu'il existe de tels infinis. «Il n'y a rien de si déraisonnable que de s'imaginer une infinité d'êtres sur de simple^ idées de logique. )» Mall. C'estr-à-dire encore qu'il existe une in*finité d'êtres.

Imaginer, s'imaginer. Se faire ou avoir une opinion. Ces deux verbes, suivis d'une proposition incidente, commençant par qu>e^ signifient, non plus se représenter quelque chose, se faire une idée, fuais se faire ou avoir une opinion. Leurs différences sont alors anali^ues à celles qui les distinguent dans le premier sens* Imaginer marque une opinion hypothétique, relative à la possibilité; s'im>a-* giner une opinion sur la réalité. 11 imcLgine qu'il en viendra k bout, c'est-à-dire, il conçoit comme possible d'en venir à bout j il s'imagine qu'il en viendra à bout, c'est-à-dire, il est dans la ferme pei'suasion qu'il en viendra à bout. Scapin dit à Octave: a //i^^en^Z' votts que je suis votre père qui arrive, et répondez-moi fermement^ « C-est-à^dire, non ]^as, imaginez, faites l'hypothèse, concevez comme possible quçje sois votre père, mais persuadez-vous que je le suis réel* lement* Nos bons auteurs, qui emploient quelquefois imaginer que, quoique Beauzée Tait nié, le font suivre ordinairement du verbe ^ot^ voir, J.-J. dit de &^% ennemis : a Sans doute, ils n'imaginent pas ^'on puisse sincèrement croire en Dieu. » £t ailleurs ; «Je n'ima-* ginais pas même ^t^'on pût vouloir nuire à quelqu'un qu'on devait aimer. » a Ils nHmaginaient point qu'il fût possible de traverser les Palus-Méotides. » Mojntesq. a Rome n'imaginait point çi^'elie pût être ^ si elle ne commandait pas. » In. C'est-à-dire ne con* eevait pas l'idée d'elle-même comme possible sans le commandement« Imaginer équivaut à concevoir; s'imaginer à penser, se persuader^ On imagine qu'une chose peut êti*e^ on eHmagine

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qu'elle ert. Oa peut se tromper dans les deox cas , mais l'erreur est bieo plos grande dans le second que dans U premier, limaginê qae je réussirai , c'est-à-dire, je conçois mon succès comme pos** siblej je mHmagine que je réussirai^ c'est-à-dire, je sie persuade, j*ai la confiance que je réussirai, comme si mon succès était actuel» ou tont au moins assuré. « Quelques anciens ont imagine que la Toie lactée était (c'est-à-dire, pouvait bien être] le chemin que tanaient letf moindres divinités pour se rendre an conseil d« grand Jupiter* » F^KÊL. S'ils se sont trompés^ c'est une erreur hypothétique, idéaU» théorique, un petit mécompte, et non une déception, puisqu'ils ont affirmé, non que la chose était, mais qu'elle pouvait bien être.

3. AUendre, s^attendre. Avoir l'idée qu'une chose arrivera et y compter. L'un se rapporte plus à la chose qui doit arriver et à son arrivée , et l'autre à ta personne. On çdtend plus ou moins longtemps; on s'attend à ce qu'on atteftd avee confiance. S'attendre exprime la même chose qu'attendre , mais avec cette circon^^ stance , qu'il marque en même temps comment le siyet attend^ c'est-à-dire avec persuasion que la chose ne manquera pas d*ar* river ; de sorte que , si la chose n'arrivait pa», il serait bien trompé* On attend un héritage, une récompense; et on é'aUend à un héritage, à une récompense: dans le premier casj, on espéra la chose sans trop y compter; dans le second, on l'espère et on regarde son accomplissement comme assuré ^ comme infaillible* S'il .s'agit d'un malheur^ la eonviotion qu'il arrivera fait qtia ê'aUendre représente la personne comme résignée. Ensuite, et toujours conformément à la règle, on attend plutôt ce qu'on ne craint ni n'espère, comme IcTctour des saisons, une réponse à la* quelle on eft à-peu-près indifférent, tandis qu'on ê' attend à ce qui importe beaucoup ou excite vivement l'intérêt. Enfin, on attend les choses ordinaires, et on M'attend aux choses extraordinaires. Lo juste attend une récompense au-delà de cette vie^ le soldat qui vient de faire une action d'éclat s'attend à une récompense. On attend le retour des saisons $ ei des personnes, à l'apparition de certaines wmèus, s'attendent h la fin du monde. C'est que les motifs do erohre sont, d'une prt, communs, généraux, et, de l'autre, particuliers au sujet, puisés en lui-même.

4. ^percevoir, s'apercevoir. Découvrir^ arriver à voir, On aperçoit ce qni se montre , on s'aperçoit de ce qu'on remarque ; on aperçoit facilement une cliose apparente , on s'aperçoit alsémenl quand on a de la sagacité. Apercevoir marque le fait en lui-même et pUitùt nslatâvemettt à Tol^t qoHiu si^jet > t^ apercevoir auppoee^

de la part du dernier^ effort, recherche, attention on grande finesse du regard. On aperçoit une maison; on s'aperçoit de ce qn'on a plus ou moins longtemps épié, afin de le voir, ou de ce qu'on surprend à force de pénétration , comme d'une intelligence, d'une ruse^ d'une intrigue, ou enfin de ce qu'on a intérêt à découvrir, comme un vol.

6. Saisir y se saisir. Prendre tout d'un coup, mettre la main sur« Saisir exprime en elle-même et sans aucune circonstance l'action ordinaire d'occuper, de s'emparer. Se «atVrr a plus rapport au sujet qu'il représente comme plein d'ardeur et d'avidité, .comme se jetant sur la chose ou la personne, comme l'envahissant, comme la garrottant et l'étreignant. Saisir fait penser à l'objet saisi, et se «amr au sujet saisissant ; saisir un objet, c'est le prendre; *'en saisir, c'est s'en rendre maître.

6. Taire, se taire. Taire une chose, se taire sur une chose. N'en point parler. Tous deux désignent une prétermissîon volontaire; mais le second ajoute à l'idée commune celle d'une circonstance particulière au sujet. Il suppose de sa part soin, précaution, discrétion, force de volonté, ou bien des considérations qui lui sont propres. On se /azY malgré l'envie qu'on a de parler, on se contraint, on se fait une sorte de violence, et on est assez maître de soi pour ne point révéler ce qui ne doit point être su ; on bien on a par devers soi des raisons toutes particulières de croire que cette révélation entraînerait des inconvénients. 11 y a des choses qu'il faut toujours taire; il y en a d'autres à l'égard desquelles chacun , suivant les circonstances, a droit de juger s'il lui convient de se taire. « Il serait honteux de taire des vérités importantes à l'humanité. » Ratital. J. J. Rousseau aurait mieux fait de taire ses fautes que de les révéler au public. c< 11 se tait et fait le mystérieux sqr ce qu'il sait de plus important. » Labr. « La vérité est que les plus discrets «'en taisent et n'osent en rire qu'entre eux. » J.-J. « Elle ne peut se taire de votre beauté. » Séyigné. « Vous chicanez inutilement sur le principe lorsque vous êtes obligé de vous taire sur les conséquences qui suffisent pour anéantir le précepte de J.-C. » Pascal. On dit dans le même sens^ et il faut distinguer de la même manière, cacher une chose, et se cacAer d'une chose. « J'ai travaillé moi-même à ce livre, et je ne m'en cache pas.» J.-J. « Pollrot ne se cacha pas du dessein qu'il avait conçu d'assassiner le duc de Guise à quelque prix que ce fût. » Boss.

7. Résoudre, se résoudra à. Prendre un parti, se déterminer ù agir de telle ou telle manière. Résoudrcy c'est simplement sortir de

Digitizèd

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l'iadècision ; se réioudrey c'est en sortir, avec peioe^ en se fiîsant violence : il en coule de serésoudre^ on n'y parvient qu'en luttant contre soi-même. Celui qui est résolu de faire une action n'éprouve plus d'embarras, sait à quoi s'en tenir sur la conduite qui lui convient; celui qui s^est résolu à la faire a trouvé en lui-même une résistance qu'il a dû vaincre.

8. Sentir, se sentir,- ressentir, se ressentir. Éprouver quelque chose d'agréable ou de fâcheux. On se sent de la goutte et des infir* mités de la vieillesse, comme on les sent. On ressent l'influence, on Ton se ressent de l'influence de la temj^érature, d'une doctrine, d'une administration bonne on mauvaise; t>n. ressent la munificence d'un prince, ou l'on *'en ressent. Se sentir et se ressentir ne présentent pas l'action d'une manière aussi directe et aussi pleine que les verbes actifs ; ils signifient éprouver quelque chose, soi aussi, pour sa part, nY être pas étranger, on n'en être pas exempt. Ils expriment donc la même chose, mais à un paoindre degré. Celui qui se sent ou qui se ressent, sent ou ressent en partie ou de loin, à une distance plus ou moins grande de l'impression.

9. Dépouiller une chose, «'en dépouiller. La quitter, s'en défaire. On dit également au figuré, dépouiller son orgueil, sa fierté, la haine, l'artifice, et s'en dépouiller. Roubaud a très bien établi la différence de ces deux locutions. « L'action de se dépouiller d'une chose, dit-il, porte directement sur lesi^et f{m se dépouille lYsiCtion de dépouiller la chose porte directement contre Tobjet dont on veut être dépouillé. La première de ces images attire principalement votre attention sur la personne : vous assistez en quelque sorte à son dépouillement. Par la seconde, votre attention est plutôt fixée sur la chose, vous verrez tomber sa dépouille. « Si le prince se dépouille de sa grandeur, vous le voyez tel qu'un homme privé: s'il la dé-pouille, vous la voyez s'évanouir. » Il est difficile àenous dé^ pouiUer des choses auxquelles nous tenons beaucoup, de nos goûts, de nos habitudes, de nos préjugés, et de dépouiller celles qui tiennent beaucoup à nous, les sentiments de la nature, l'humanité, la pudeur.

10. Décharger, se décharger. Un porte-faix décharge un fardeau et *'en décharge, c'est-à-dire qu'il le dépose. L'esprit se porte, d'un côté, vers le fardeau que l'on voit changer de position, passer de l'épaule de l'ouvrier sur la terre; de l'autre, vers l'ouvrier que cette opération soulage et délivre de sa peine.

11. Rire, se rire de quelque chose. Ne pas s'en soucier, s'en moquer. On rit de ce qui se montrerisible, on se rit de c^e qu on trouve

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ridkiifc. Lt piwnièra expr«Mloii éiMHice Id fait sioq^lettient^ et le présenté emme provoqué par Fobjet ; Ta seconde ajonte à l'idée du fait celle de la hardiesse du sujet et de son opinion particulière etip la valeur de Pobjet.

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