CHAPITRE V
BTHOHYXIB DBS TBaB>» ' ACTIFS ET DB l'BUll DiriBlTroir OOMTOtÂB DQ YBBBB rtadre BT v'w àpiMOnif qui Z.BUB QOBBBSrOBD POUJl I.B 8BBi 9m FOQR l.-iTY|fOU>ftlB.
JEmheliirf rendre beau. Aiguiser ^ rendre aîgu. Vieillir^ rendre "vieux. Alléger^ rendre léger, Engrai^ser^ rendre gras. Populariser^ rendre populaire f^eiç.
Deux différences principales empêchent de confondre ces expre»* sions synonymiques. D'abord, le verbe montre à l'œuvre; sa défini** tion montre l'œuvre. En engraissant on rend gras, de même qu'en chauffant on rend chaud, de même qu'en aiguisant on rend aigu. C'est la même chose envisagée, là, du c6té dn sujet et de son action, Id, du côté de l'objet et du résultat qu'il subit, c^estjMlire qu'on insiste, d'une part, sur l'action en la présentant dans «m accomplissement, et, de l'antre, sur la qualité en la dégageant du verbe auquel elle est mêlée, en la mettant en saillie, en la ftiisant voir séparée, en la signalant, en dernier lieu, à l'attention^ de telle sorte que nous croyons voir l'action se passer sous nos yeux. Une fermière dira t y engraisse de la volaille; c'est là ce dont elle s'oe* eupe, et : cette volaille que J'avais achetée maigre, je l'ai rendus grasse; c'est là l'espèce de modification qu*el]ea fait snbir à l'objet* Lorsqn^ott entend dire qu'une ohose a éiXkp^fmlaHséê, on demande naturellement par qui, quand, et pourquoi ; et, s'il s'agit d'une ohose rendue pa^mlaire, on songe uniquement à la qualité qu'elle n aeqniae. Il y a, dans la première expression, un caractère de subjeoi^ tivité, etj dans la seoonde, une nuance iocontestabie d'oljjeetivité. La guerre endurcit le eorps et l'âme, est une manière de stepriauf qui présente la guerre comme produisant son effet; tandis fiie, h| guerre rend durs le corps et l'àme, fixe l'esprit tout entier sur la qualité contractée au milieu des armes. Ce qui domhie dans le verbes c'est l'opération de l'agent, et dans la phrase explicative, c'est l'ao^ qHiaition de la qualité par l'objet. Les eomiBentatenrs éçlairci$sm4 les textes; on les voit en action: leurs commentaires les rendeni olatrê) ici, ce qui frappe c'est seulement la modification snbiepar les textes. Le verbe a tant de rapport à l'agent qu'il dénouqoelqne*
DES STNONTAIflg i^AMBIATIGAUX. m
fois, i» «« parti lin ^um motif qm «oIbi de 4oiiiiflr i l^^lijat Ui qualité qu'il Ipi donne effectîTeinent. On embeflif fi«a?#nti une cbm^, Don ponr la rendre belle en elle-même, mai« pour se fair^ bonneur i OQ engraisse des esclaves, afin de les retenir plus facilement som« kjoug,
La seconde différence se déduit de la première. Le yerbe montre à l'canvre, indique l'action se faisant et tendant à produire le résultat^ à faire naître la qualité; il comporte tons les degrés depuis le plaa faible commencement jusqu'à l'entier achèvement de l'opération, ta phrase explicative, au contraire, ayant jionr oiBoe d'exprimer iê palité survenue dans l'objet, le fait d'une manière absolue, rigoa« r^nie^ complète, précise. La signification du verbe est plus vagua, ploi large, plus flottant^. On grossit, on éclairei$, ete., pen^à^pefli insensiblement, en partie, jusqu'à un certain point, pour un instant, même quand on essaie simplement ou qu'on commence à rendre gros ou clair. Rendre fros ou elair ne comporte pas ces déterminations, ou plutôt ces indéterminations ; il marque positivement l'effet oomme produit. Pour rendre de la toile blanehe, il Osiut la blanchir longtemps et à plusieurs reprises; ponr rendre gras y il faut bien engraisser; pour rendre léger, alléger beaucoup, et ainsi des autres. Populariser, c'est se mettre à rendre populaire, «iMiyer , commencer, ou étr« en train. Au verbe s'attache plutôt ridée de la sorte de but qu'on se propose et qu'on ponrauit, et à la phrase ei^plicative l'idée de ee but comme effectivement et entière-* ment atteint. Celui qui emplit un tonneau, aiguise ou paHt na instrument, ne rend pas nécessairement et tonjours, Pnn plein, Pau* treai^ o^poll II y travaille. Rendre grand, c'est donner une qoalité, la grandeur ; grandir indique le même effet, mala û*waê ttâaière vague ou peu précise.
Non aenlement le verbe pent vouloir dire donner une qualité peu* l^peu, à-^peu-près, en partie, jusque un certain point, mais qtulm qnefois il signifie la faire augmenter dans ee qui Pa d^à ; tant il est vrai quUl désigne l'effet relativement. i>é/frpeut signifier ijouler à ta pâleur; rendre pâle suppose qu'on n'était point pâle et qu'on la devient lout-à-fait. Une %me d*habit vieillii, si on est déjà vieux, H rend vieu» si on m l'est pas. Dire à une personne que ses véte« mùXAVembellissetit, c'est lui faire un compliment, car cela slgni^ fie qu'ils ajoutent à sa beauté : la modestie embellit la beauté même* Dites à une personne que sa parure la rend bell&, elle s'en offensera justement ; car vous lui faites entendre qu'elle n'est point bellt aanscela.
Le yerbe ne signifie donc pas toajoars simplement rendre nn objet tel on tel, comme le disent les dictionnaires, mais parfois aussi commencer, ou travailler, on tendre à produire cet effet, sans indiquer précisément où Ton est arrivé, et si l'on ne fait qu'ajouter à ce qu'était l'objet, à la qualité qu'il avait déjà; La phrase explicative est nne forme nette, analytique, abstraite, qui exclut lesà-peu-près, dont l'usage ne commence qu'à une époque assez avancée de la civilisation pour qu'on y sente vivement le besoin de la précision et de la clarté. D'ailleurs, elle ne se prête pas et ne doit pas se prêter, comme le verbe, aux significations étendues et figurées. On ne dit pas, au figuré, rendre gros, comme on dit grossir, pour, exagérer; non plus que, se rendre grasi comme oh dit s'engraisser de s mi sères publiques; non plus que, la prospérité rend ivre, comme on dit qu'elle enivre, et ainsi des autres.