‹ Synonymes françaisChapitre 171 sur 218 · CHAPITRE XVIII. IT, I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII. IT, I

* Deux formes, propres aux participes passés des verbes dont l'în'finitif est en ir : écrire , écrit; finir, fini. Il n'y a donc aucun doute sur l'origine des adjectifs qui s'en trouvent revêtus : ce sont primitivement des participes passés, et c'est de là qu'il faut partir, si on vent arrivera déterminer leur différence d'avec d'autres adjectifs de même radical, qu'ils peuvent avoir pour synonymes. Du reste^ elles équivalent tout-à-fait l'une à l'autre, si ce n'est que la première a plus de rapport avec la terminaison des participes passés latins des verbes en ire et la reproduit plus fidèlement , tandis que la seconde s'en éloigne davantage et a plus d'affinité pour les radicaux venus d'ailleurs que du latin, ou tout au moins francisés. Contrit et érudit traduisent exactement les participes passés latins, contritus et eruditm)9^ï contraire, affranchi, ébahi, affaibli, aguerri, saisi , ne correspondent pas à des participes latins en itus, a, um. Cette remarque a son importance et peut mener ici à distinguer incidemment deux adjectifs synonymes de même radical, mais terminés, Tun en it , l'autre en i , savoir : bénit et béni.

Bénit , béni. Participes du verbe bénir : qui a reçu la ou une ou des bénédictions. Tous deux sont formés du latin benedictus , participe passé du verbe benedicere: benedictus, bendictus, benictus, bénict, bénit, béni. Mais , on le voit d'abord, bénit est plus près de la source commune et là rappelle mieux. Aussi est-ce un terme de liturgie : il a un sens légal et de consécration; il se dit pour marquer la bénédiction de l'église, donnée par les prêtres avec les cérémonies convenables : du pain, un cierge, des drapeaux bénits^; une abbesse , une chapelle bénites. Au contraire , béni, moins semblable au mot latin qui lui sert pourtant aussi de type, appartient au langage commun et se prend dans toutes les autres acceptions du verbe bénir / îl a un sens moral et de louange ; il se dit pour marquer la protection particulière de Dieu sur une personne , une fô-

mille y une nation , ou pour désigner les louanges affectueuses que l'on donne à Dieu , ou même à un bienfaiteur. Toutes les nations ont été bénies en J.-C. Un bon prince est béni de Dieu et des hommes.

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