CHAPITRE VI
STirOirTMlB DES TB&BSS KEUTRBS BT DB LBUB DéFOriTIOir COMPOSés DU VBRBB dcvemr BT d'uW adjectif qui LBUB CORBBSPOITD.
Pâlir, devenir pâle, Fieîllir, devenir vieux» Grisonner , devenir gris. etc.
Il y a entre les synonymes de cette classe et ceux de la précédente nne ressemblance visible; aussi admettent-ils à-peu-près les mêmes principes de distinction , quoique le verbe de la phrase explicative ne soit pas le même.
Le verbe neutre a pour caractère principal de désigner le fait da changement, et sa définition en désigne plutôt l'espèce on la nature. D'une année à une autre on trouve qu'un ami a vieilli; d'ordinaire nn accusé /7â/t/ en entendant prononcer sa condamnation ; il arrive à ceux qui séjournent quelque temps en Afrique de noircir. De jeune on devient vieux ; de coloré, jpâle; de blanc, noir. Vous direz d'un vin, qu'il acquiert de la qualité en vieillisant, et alors vous montrerez le changement qui s'opère graduellement en lui, vous représenterez le vin comme se bonifiant à mesure qu'il subit l'influence du temps. Si vous dites qu'il acquiert de la qualité, quand il devient ou qu'on le laisse devenir vieux, en ce cas vous n'aurez égard qu*à la sorte de changement produit par l'âge dans cette liqueur. Mûrir peint le travail de la maturation et le temps où elle a lieu: les cerises mûrissent au mois de juin; devenir mt/r montre la maturité comme la qualité qui survient dans l'objet; il faut attendre que les cerises deviennent ou soient devenues mûres pour
les cueillir. Le verbe neutre constitue une expression synthétise et composée, dans laquelle l'adjectif est si bien fondu, si bien déguisé, que sa signification s'efface en quelque sorte pour ne laisser apparaître que l'action du verbe. Dans l'expression analytique commençant par devenir, c'est au contraire Tadjectif qui prédomine, et devenir n'est qu'un auxiliaire qui n'attire en aucune sorte l'attention.
Le verbe, destiné à désigner le fait de la réalisation delà qualité, le représente dans tous ses degrés, avec ses différentes variations et phases , mais d'une manière générale et vague. La définition , la phrase explicative^ ayant surtout rapport, non pas au fait, mais à la qaalité, exprime celle-ci dans toute sa plénitude; c'est une forme absolue, abstraite, simplement énonciative, qui ne comporte ni le plus et le moins, ni les à-peu-près d'aucune espèce. De sorte que le verbe nentrene signifie pas toujours simplement devenir tel ou tel, mais le plus souvent commencer ou continuer à le devenir, ou le devenir un peu, ou le devenir pour un moment : c'est nne expression de détail et de circonstance essentiellement relative. Un corps très chaud peut refroidir, sans pourtant encore devenir froid. Une petite fille très laide embellit en passant à l'adolescence, sans pour cela devenir belle. De même, une belle femme enlaidit par le seul effet du temps, bien avant de devenir laide. On vieillit à tout âge, méme'au sortir do bercean : tout vieillit et dépérit en ce monde; la rose vieillit en naissant. On ne devient vieux qu'à force de vieillir; des jeunes gens diront par forme de plaisanterie, nous devenotts vieux. Quand Jacob fut devenu vieux, et non pas, eut vieilli, il appela à lui tous ses enfants et leur donna sa bénédiction. C'est en épaississant, en noircissant, en grandissant qu'on devient épais, noir, grand.
Cette différence est trop profonde pour avoir échappé aux synonymistes. « On pâlit de colère, de crainte, à la vue d'un danger, dit Condillac; on devient pâle par maladie, parce que le tempérament s'affaiblit, parce qu'on a perdu une partie de son sang. » C'est-àdire que le verbe exprime un changement de couleur faible et passager, au prix de celui qui est marqué par la phrase explicative. Pareillement, quand on dira de quelqu'un, il est devenu vieux, on voudra faire entendre que sa vieillesse a pour cause l'accumulation des années plutôt que le chagrin, le malheur ou quelque grande catastrophe. Ëberhard distingue de même rougir et devenir rouge, dont le premier convient bien, quand il s'agit des commencements de la rougeur , et l'autre, quand il est question de la rougeur la pins foncée. Dites que les cerises rougissent, si vous parlez des premières teintes que commence à leur donner de fait la maturation ;
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si voosdites qu'elles deviennent rougee, entre qne vons indiqneres parla le caractère, la propriété qu'ont ces fruits de prendre cette ma^ nière d'être, plutôt que le fait de la prendre, vous pourrez faire pen-> ser qu'ils la prennent au plus haut degré. Il en est de même au mo* rai, quand les deux expressions servent à rendre l'effet de la pudeur: la seconde est plus forte et suppose, non des sentiments de crainte et de timidité, mais une grande colère et une vive indignation. Une honnête femme rougira d'une offre de mariage, qui lai est faite par un homme digne de son amour, et deviendra rouge, si cette même offre part d'un homme vil et abject, (i)