CHAPITRE I. ISER
1. Egaler j égaliser. Rendre égales les parts, les portions, les conditions ; ou, rendre uni, plan, un chemin, une allée, un terrain. Ces
(i) Quelquefois il fout remonter jusqu'au latiu,d*oii ils dérivent, pour trouver une différence entre deux verbes syuouymes de même radical , et autrement terminés. Car c'est le moyen de s'assurer, ou que Tun d'eux a une (Physionomie plus latine, ou que leurs terminaisons correspondent à des terminaisons latines d'une valeur distincte. Soient d'abord pour exemples les synonymes fausser eijahijierf pourrir et putréfier. Dans fausser et pourrir les radicaux latins, /aisus et pulris, se reconnaissent plus difficilement que dans falsifier el ptêtréfiert qui sont aussi plus latins par leur composition et par leur désinence. Fier est la traduction exacte du latin ficare, venant de facere, faire : ampii/i'eare, amplttm facere^ faire ou rendre ample, amplifier; purificare^ purum facere^ faire ou rendre pur, purifier, etc. C'est pourquoi fausser et pourrir appartiennent au langage commun, et leurs synonymes au langage didactique, w>iQ\v falsifier à celui de la jurisprudence^ et putréfier k celui de la médecine ou de la physique. Sans compter que falsifier, en particulier, étant composé, tandis que son synonyme ne Test pas, signifie une action défausser expresse et volontaire.
D'autre part, on aura peine à déterminer en quoi diffèrent capter et captiver, k moins de rechercher dans le latin la valeur des terminaisons qu'ils réproduisent. Tous deux viennent de capere^ prendre, et signifient gagner, séduire, s'emparer de l'esprit de quelqu'un. Mais l'un est traduit propremeut du verbe fréquentai if, captare, el l'autre a été formé de l'adjectif captivus, £d conséquence, capter veut dire prendre el prendre encore, chercher à prendre, à obtenir, s'eflorcer ou tâcher d'avoir; il peint l'empressement, les soins, les obsessions^ qu'on emploie pour circonvenir; il exprime toujours une séduction volontaire et artificieuse. Captiver ^ rendre captif, mettre en état de captivité, rappelle seulement combien grand est l'effet produit, peut-être sans dessein et sans art, sur la personne dont on se rend maître et qu'on met en quelque sorte
DES SYNONYMES GRÂMBIÀTIGÂUX. m6
éetfx Terbes tout français sont formés l'un et Fautre de Tadjeetif éffol, dérivé lui-même du latin œqucdis. S'ils diffèrent, ce ne peut être qu'en raison de la syllabe t>, qui se trouve dans le second et qui manque dans le premier. Mais U est emprunté de l'adjectif radical latin œqtmlù, dans lequel il n'a pas de valeur pr^re, parce qu'il s'y annonce que la déclinaison, et qu'en général les désinences adjectives et nominales simples^ indicatives de la déclinaison seulenent, sont aussi indifférentes pour le sens, que dans les verbes lès désinences simples de Tinfinitif, qui marquent uniquement à quelles conjugaisons ils appartiennent. D'autre part, quoique la syllabe is soit originairement latine, elle ne suffit pas à elle seule pour donner an mot tout entier un air d'érudition et de noblesse, comme s'il s'écrivait et se prononçait equalUer. Tout ce qu'on peut dire pour distinguer ces deux verbes, tous deux usités et par conséquent distincts, c'est que le premier est simple et le second composé ; circonstance instructive, quand même on ignore le sens de l'élément contenu dans le composé, ou que cet élément n'a véritablement pas de sens, comme il arrive ici. Egaler étant simple et égaliser composé, le premier doit être regardé comme l'expression ordinaire^ et le second comme une expression qu'on n'emploie que quand il s'agit d'une action à^égaler, remarquable sous quelque rapport. Le |>remier a uq sens très étendu, très large, à tel poiiit qu'il se dit parfois, non plus pour, rendre, mais pour, être ou devenir égal : la recette égale la dépense; sa prudence égale son courage. Même alors qu'il est synonsrme d^égaliser et qu'il signifie rendre ^al, il a une valeur moins stricte, moins rigoureuse, mais plus vague, plus làcbe, plus trouble, parce qu'il est moins spécial, et s'emploie plutôt quand il est question de grandeurs morales à comparer mentale* ment, à assimiler, que lorsqu'on parle de grandeurs physiques qu'on rend effectivement égales en agissant sur elles. Egaliser, au contraire, ce n'est point rendre égales en idée, par une comparaison, des grandeurs morales, mais en réalité des choses physiques; et, dans tous les cas, c'est rendre égal en travaillant à rendre tel, avec intention, avec un soin particulier et afin d'établir l'égalité entre deux choses inégales, mais faites pour être égales. « Il ne faut point confondre et égaler les choses qui ne se ressemblent que par l'obscurité. » Pasg. Dans cet exemple égaler représente une opération mentale, une assimilation, une confusion, ce Les doigts inégaux entre
dans les fers. De là une différence assez notable entre capter et captiver la bienveillance de quelqu*un.
$6t T&àltt
en ÈVgaiÊni ptttr embrisier «i (|it^ tlMMit t> Boss. M le iBéme Terfoe exprime bien l'action ph]rskiae> maû «impleBefit oeome wi fiiit, CesMi^tre sans effort, sai» iraTail, êtes aeio, laiis Pia* tealioe formelle d^atteiRdre le but; aocessoire teportiuil «pa dfe<- Ûn^9éffmliier dans oe passage de J.^. fioèsMtli : <t Les penplee do Iford sont plus indastrienx que etux du Midi, pirce qu'Us peu* vent mdns se passer de l'être; coma» ù ia nature foulait uîm éffoHiwr ks dwses en tomaut aux esprils la fortilké qu'elle nrfuse à la terre. » £a un n»>t, égaUf^ aiaAonoe aae action é^égmimr wloàtaircy iatentioaneile^ exj^sse, et plutôt éff«itire et nsfat* rease que mentale et par eomparaisoa. C'est pourquoi il se dit plutôt par rapport à des graadeors physiques^ que par rapporta dos grandeurs iBanatérfelles. Cestiioarquei iicoBYîeat mieux en termes de jurispradence : égàlwêr les kâs^ c'ett^**dire s'appliquer à rendre les parto égalest Cest pourquoi il ioit ôtire seul êauplojri, comme l'iasîaae rAcadémie, dans le sens de rendre uni, plaa^ an chemin on un terrain, à moins que cet effet ne soit produit, non pas volontairement par les hommes, mais par an éboalemcaijt fortuit, par succession de tmaps, on par dû tremblement de terre.
a. B9Voiry rêviêer* Examiner de nouveau un compte , uh procès, des feuiltes qui doivmt être livrées à Vimpi^ssion. A en juger par les prlmitiii aair et rûsr , la distinctîDn serait fadte à Ukre, car on voU involontairement, sans en avoir le dessein^ tandis qne viser suppose dans l'agent intention et soin. Mais cette dernière idée oob*' vient ^len»Ht à rm>o{r et à rwiter^ en vertn de t^r parUcale initiale re/ si bien qu'on tvwit et qu'on re9iie avee autant de soin ^ d^attention à ne rien laisser de défectueux. Toutefois, rtvotV, e'eil littéralement, voir de nouteau, et t^pUêr^ c'est voir de nouveau ee qui a déjà été têi^u^ ou vu de nouveau, ou vu avec soin. Car, rê^ f>Ué^fM{fi revUerèjtû un verbe de seconde formation, qui a pour rftdical le supin de revideiê^ tout comme vis^t^ vmr^y a été fait du supin ^Hm% du verbe primitif indéré. Et tout comme t^ieer dénote wre seconde vue, têHêet signifie une seconde revue ,' une rwue f)iite, non plus dans Vintention de savoir s'il y a quelque chose à reprendre, ce qui a été constaté par la première , mais afin de ^•coutrlr ce qu'il y a à reprendre, oé quil faut retratictter, détruire ou simplement changer. Par cela seul qu'en ^-et^o^, on soupçonne que la diiose pourrait bien n'être pas comme il fout \ on ne repùe que les choses supposées ou reconnues imparfaites, et ce qu'on cherche, ce n'est pas si elles pèchent par quelque endroit, mais ea qtmi et par où elles pèchent. Vous revoyez, afin de corriger ; s'il y a lieu; vous
DES StNONY5iia O&AMMATIGAUX. «$9
rmm^tf^j^ ftte^^iiai doit être coririsé U mu Bavoir mmomm U é^k de «'induire , 4^ s'éclairer ^ réviser ««t un acte d'autorité, «ytmti^iV JWt îfliiiiédi^it 4te ^Jttser, d'aboHr «a tout du ea partie Rm0«rmk règtemeat , im article de la eoastitutioa , J« légiAlaHw civile 041 p^le, c'est travailljçr^ se oiettr^ à les changer ^ à les dcea^ \m«ff et aoo pa# simpMiaeat^xaBMuer si oon'y trouvera poi»t ^t«ek[ue difoat. Ceux qui veuleat qa'oa r^t^ti^^ le proeès du maréebct Ney a^eaieftdeal pas életw k u^dre doute sur rirrégultfitéet f iniquité des fiormes qu^on y a suiytes^ ee (p'ils demaadeat, c'esl plus qu'une eaqudte d^riaaif superflue/ c'est une réhabiKtaiioa im. wédiaie.