CHAPITRE X
nPXOHYMlB DBS VBRBBS ACTIFS DORT LB BBGIMB, d'uHB PART, EST, BT, DB I.*A1}TBB, H*BST PAS PAÉCEDB DB tA PREPOSITION dC,
Préférer mourir , préférer de mourir. Désirer faire une chose , désirer de la faire. J'espère le voir , j*espère de le voir. Hériter une maison , hériter d^une maison. Traiter Une science , traiter d'une science , elc.
La préposition de, du latin de, hors de, ou sur, touchant, marque réduction^ l'c^xtraction , la séparation, la distinction; ou le si^et
particolier dont on parle ; dont on s'occupe^ dont il s'agit, et son rôle général, quand elle suit un verbe, c'est d'en restreindre ractioa en la spécifiant, en désignant déterminément son but, en tirant ce but du milieu des autres, en le distinguant, en le mettant à part. Aussi^ quand un même verbe peut s'employer tantôt sans, tantôt avec cette préposition, il exprime, d'un côté, quelque chose de plus général, de plus ordinaire et de plus indéterminé, de l'antre, quelque chose de plus particulier, de plus singulier et de plus précis. Et ce caractère de spécialité, attaché à la particule dey la suit dans toutes les locutions où elle entre. On le trouve, par exemple, dans la pro* position, il t^en fatU de beaucoup, par rapport à cette autre, il ^en fœut beaucoup. La première suppose une estimation et ne s'emploie guère que quand il s'agit de nombre et de quantité : il à* en faut de beaucoup que vous soyez aussi âgé que votre frère. L4I seconde annonce une différence considérable, mais indéterminée et tonte approximative : il s'en faut beaucoup que vous soyez aussi sage que votre frère. Il en est de même de toutes les phrases où de se trouve placé avant beaucoup: elles particularisent, elles suppo» sent une appréciation plus exacte et ne sont pas propres à marquer ane simple exagération. On ne dira donc pas indifféremment d'une personne ou d'une chose, qu'elle est beaucoup, ou de beaucoup meilleure qu'une antre, supérieure ou préférable à une autre, qu'an homme est beat^oup ou de beaucoup plus savant qu'un autre. On réservera le second tour pour les cas où l'on voudra faire entea* ère que le degré de prééminence a été mesuré et qu'on pourrait l'in« diquer avec quelque rigueur. Giraud Duvivier indique à-peu-près la même différence et la confirme par de nombreux exemples.
Une chose à remarquer relativement aux locutions qtre nous prenons pour exemples, c'est que celles où entre de sont pour la plupart plus rares que celles on il n'entre pas. C'est déjà une preuve que cette pré^silion s'emploie seulement, dans des cas extraordinaires, singuliers, où il est besoin de particulariser. On cfmre, on espère obtenir ou faire ce qu'on obtient on ce qu'on fait facilement, communémenl, tous les jours ^ on désire, on espère «Tobtenir ou de faire quelque chose d'extraordinaire , de difficile, qui demande un bonheur ou des efforts particuliers : ici l'étrangelé et la spécialité du tour ont leur raison dans Tétrangeté et la ^spécialité de la chose désirée ou espérée. Désirer ou espérer obtenir ou faire est la manière habituelle de s'exprimer, étonne s'en départ que pour marquer sn désir on un espoir qui sort de l'ordre commun, qui suppose des ob* itacles; que l'on veut mettre es saillieet sur lequel l'esprit doit s'ar-^
DES SYNONYMES OKÀMMÀTIGAUX; Igl
rétcp. On désire, on espère se promener, Toir ou entendre une personne; on désire, on espère de réussir, de gagner un procès, rf^ remporter un prix, de plaire à quelqu'un, rf'amasseV des richesses. « Je crains toujours de perdre ce que je désire si ardemment de conserver. » J.-J.
De produit la même modification de sens dans préférer de mourir, comparé à préférer mourir. On dira préférer mourir toutes les fois qu'à mourir ne se trouveront pas ajoutés des mots accessoires qui le déterminent : Je préfère mourir plulôt que de trahir un amL Mais, quand le genre de mort sera spécifié de quelque manière , il faudra se servir de préférer de : Je préfère de mourir dans les tourments, de la mort des criminels plutôt que de trahir un ami. Je préfère mourir se dit absolument, et équivaut à, je préfère la mort; }e préfère de monrir annonce et doit amener à^s circonstances particulières. Dans cette phrase de BnfTon : ce II préfère de périr avec eux plutôt que de les abandonner; » avec eux justifie l'emploi de de après i\ préfère. Dans cette vautre du même antenr : « On préfère cf élever des aigles mâles pour la chasse; » les mots , des aigles mâles pour la chasse, donnent au verbe élever une signification précise qui fait que préférer doit être suivi de de.
Hériter une chose, hériter cfune chose. L'obtenir par succession. Le premier tour est usité quand il s'agit d'une chose peu on point spécifiée. Il n'a rien hérité; voilà tout ce qu'il a hérité; il a hérité de grands biens ; la vertu est le seul bien qu'il aît hérité de son père. Mais on hérite d'une maison, cfune bibliothèque. « De votre injuste haine il n'a point hérité, » Rac. Du reste , la règle souffre ici de nombreuses exceptions, parce que, dans tous les cas où la personne dont on a hénté se trouve indiquée , comme de la précède toujours , l'harmonie exige qu'on ne répète point cette particule devant le nom de la chose. « Vous avez hérité ce nom de vos aïeux. » Corn.
Traiter] traiter de. Suivant le grammairien Féraud, on dit indifféremment, traiter une matière > une question, et traiter (fune matière, d'uue question ; cependant, quand on spécifie la . matière, la question, il faut dire traiter de : a Dans s(m ouvrage, il traite des plantes, des métaux, de l'économie. » a Comme j'ai déjà traité de cette matière dans ma ix* satire , il est bon d'y renvoyer mon lecteur.» Boil.» Cette histoire des oiseaux serait trop volumineuse, si j'eusse ^raiY^rfc chaque espèce en particulier. » Buff. Un auteur traite des moyens, et non les moyens d'étudier l'histoire.
Lercrbe traiter, avec cl sans de, s'emploie aussi dan^le sens de
négocier, de travailler à raccommodement d'une affaire. On dit, traiter une affaire, quand ceux qui traTaillent à la régler ont l'habitude de la traiter, truand elle est du nombre de celles qu'ils négocient d'ordinaire : Les ambassadeurs traitent la paix et la guerre. On se servira de traiter de, quand il sera question d'une affaire extraordinaire, soit en elle-même, soit seulement pour ceux qui en sont chargés, soit par les circonstances rares qui s'y trouvent réunies, soit par les obstacles qui s'opposent à sa conclusion. On ne dira pas, en parlant d'un notaire occupé d'une simple affaire de sa compétence : C'est lui qui traite de cette affaire; mais bien, c'est lui qui traite cette affaire.
Parler affairée, musique, peinture, politique, chasse, chicane j semblent équivaloir à parler d^ affaires, de musique, etc. Cependant, la phrase sans la préposition sert à marquer l'espèce d'entretien d'une manière générale, l'espèce d'occupation, le mode, la forme indépendamment de la matière ou des siyets sur lesquels porte le discours. Dans certaines réunions on parle toujours musi-^ que ou chasse. Avec de, la même phrase devient précise et déterminative. Tout le monde peut parler musique, mais non pas de musique. Je ne suis pas géomètre : on parle géométrie dans un groupe, je m'en éloigne. Mais si je suis géomètre et que j'entende parler de géométrie, je m'y intéresse et je m'approche. Parler chaise, c'est parler en général de choses de chasse^ de choses relatives à la chasse. Parler de chassé, c'est parler d'une certaine chasse ou de certaines chasses qui ont eu ou auront lieu. De même, parler affaires n'indique nullement de quelles affaires il peut être question : c'est parler de choses sérieuses ; parler d^ affaires, c'est parler de certaines affaires, déterminées par la condition, les rapports des interlocuteurs. Aussi ne peut -on jamais ajouter de déterminations à j^ar/^ affaires, comme on en ajoute à parler daf-foires, parler d^ affaires Importantes, politiques, qui demandent des connaissances, etc.