‹ Synonymes françaisChapitre 31 sur 218 · CHAPITRE I. RE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. RE

La particule re se trouve , en français comme en latin , placée au commencement d'un grand nombre de mots composés. Originairement^ elle donne l'idée d'un espace parcouru de nouveau, soit en sens inverse, soit dans leonéme sens ; et de là vient qu'elle est tantôt adversative ou réactive, comme dans réptigner% résister y ré-prouver, repousser ^ et tantôt itérative , cx>mme dans relire , reprendre, revenir, refaire. Le verbe récrire se prend dans les deux significations; car il veut dire, d'un côté, écrire à qui nous a écrit, lui fair^ réponse écrite, et de l'autre , écrire une seconde, une troisième lettres.

Par cela seul qu'elle est itérative, cette particule doit être augmentalive, c'est-à-dire marquer une augmentation d'efforts, d'énergie de la part du sujet de l'action, et une augmentation de difficulté de la part de ce qu'il fait. Car, outre que la répétition des actes prouve qu'on tient à arriver au but, qu'on y emploie toutes ses forces, ce qu'on ne fait qu'à plusieurs reprises offre nécessairement plus de difficulté à vaincre, et quelque chose de plus extraordinaire que ce qui se fait en une seule fois. Ce caractère d'augmentation sert surtout à déterminer le sens des mots dans lesquels re ne désigne pas une succession d'actions, mais une action continuée, comme dans retenir y rabaisser ^ remplir. Quelquefois, au lieu d'être précisément augmentative, la particule désigne seulement de la part du sujet une intention, et par conséquent une action expressément volontaire, tandis que cette même action apparaît, dans le mot simple, comme spontanée et naturelle. D'autres fois, au contraire, l'augmentation va jusqu'à l'excès.

De ce que la particule r^ est itérative, il ne s'ensuit pas seulement qu?elle doive être augmentative dans un grand nombre de cas , mais aussiqu'elledoitmarquersoiiventuiie rénovation ou le rétablissement d'un état antérieur. Alors le mot qu'elle commence suppose un chan-

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gementqa'onrépare^ elle retour à' l'état primitif. Ainsi regagner ne signifie pas proprement gagner une seconde fois , ni gagner ayec beaucoup d'efforts, mais gagner ce qu'on avait perdu, revenir à la possession d'une chose.

£nfin> une dernière remarque au sujet des mots qui ont cette initiale, comparés aux mots simples qui ne l'ont pas, c'est que les pre* miers sont d'un usage généralement plus étendu > et se disent plus volontiers au sens moral et figuré. Propriété qui , du reste , parait appartenir à tous les mots composés qui commencent par une particule. Ainsi nous employons plutôt an figuré eniraînerqnt traîner, attirer qm tirer .

1. Luire, reluire. Eclairer, jeter ou répandre de la lumière ; au figuré, briller, paraître. Reluire est adversalif ou réactif, et quelquefois augmentatif. Ce qui /m7 brille d'une lumière qui lui est propre; ce qnireluit brille d'une lumière d'emprunt, éclaire par réflexion. Le soleil luit; une glace reluit, lorsqu'elle renvoie la lumière qu'elle reçoit. Dans /tm*« la lumière est égale et continue, parce qu'elle vient de la chose même , dans reluire elle est accidentelle et variable, parce qu'elle dépend de^ circonstances. Au figuré se trouve la même différence. Luire se dit de ce qui parait dans une chose , et reluire de ce qui parait dans une chose, mais comme un reflet. Dans cet exemple de Boileau, « Et dès qu'un mot plaisant vient hiire à mon esprit, je n'ai point de repos qu'il ne soit en écrit, » luire fait entendre que le mot plaisant sort de l'esprit même de l'auteur qui l'a trouvé. Mais le caractère contraire se montre bien dans cette phrase de Bossuet : « Où a-t-on pris qu'il n'y ait pas en Dieu une justice dont celle qui reluit en nous ne soit qu'une étincelle? » Et dans cette autre de Fénelon : « C'est la vérité par ellemême qui reluit dans cette vérité particulière et communiquée. » On dit également que l'espérance luit et reluit dans le cœur de quelqu'un : la première expression marque simplement qu'il espère; et la seconde représente en lui l'espérance comme un effet dont elle rappelle la cause. Ensuite, reluire a parfois plus de force que luire : ce qui est reluisant est deux ou trois fois luisant, c'est-àdire très luisant.

2. Jaillir, rejaillir. Ils se disent de l'action d'un liquide qui sort avec impétuosité et s'élance rapidement. Dans rejaillir la par-> ticnle re est réactive, ou augmentative, ou l'un et l'autre en même temps, (c Rejaillir, dit Condillac, se dit proprement des fluides, qui, ayant jailli contre un corps, réfléchissent et retominsnt dans des lieux où ils n'étaient pas d'abord dirigés. ?> L'eau jaillit, puis.

)99 Tfurri

Mie^strMt un obsUfile qQi It renvoie, elle rejaillU. Daai r0JmlHrt il y a BOQ-seuiemeat jet, éruption, mais aussi répulsion de l'obsta^* ele contre Lequel le liquide va frapper. Le plus souvent rejaillir signifie, non pas rigoureusement jaillir une seconde fois et en nii autre sens, màï% jaillir beaucoup dp fois et çà et là, en divers sens, de toutes parts, avec force et abondance, jailKr et jaillir en- .eore. a Faites courir, bondir et rejaillir cette onde. » Dblillb. ajaillir, dit Roubaud, exprime proprement l'action de s'élever avec force, de sortir comme un trait, déformer un jet subit; et rejaillir, l'action de se répandre à la suite du jaillitsemeni, de suivre des directions différentes, de former par son abondance des jets divers. » EnM, jaillir ne se dit que des liquides à qui le monvement semble être en quelque sorte naturel; au lieu que des eaux rejailliMsante» sont des flots qui par qoelque choc bondissent et se répandent dt cAté et d'autre. Au figuré, même différence. Les idées , les expressions jaillissent d'un esprit fécond, d'une bouche éloquente. Rejaillir marque le contre-»coup, le retour, l'action de retomber de Tun sur l'autre : la gloire des grands hommes rejatilU sur les princes qui savent les emploFcr.

3. Sentir^ ressentir. Eprouver quelque chose d'agréable on de désagréable. Ressentir, c'est sentir par réflexion, par contre*-eoiip. 'Sentir marque quelque chose d'intime, de subjectif; ressentir est relatif à une cause étrangère dont on reçoit l'action. Ainsi, l'âme, distincte du corps, sent ses maux, et ressent ceux du corps. « L'âme, dit Pascal, ressent les passions du corps. » « Le premier homme, dit Maliebranche, ressentait du plaisir dans ce qui perfectionnait son corps, comme il en sentait dans ce qui perfeclionnait son âme. » On doit se servir de sentir toutes les fois que l'on veut sim« plement exprimer l'affection de l'âme, forte ou faible; et, au contraire, de ressentir quand on veut faire entendre qu'elle est la suite OH l'effet de telle on telle chose. On sent les atteintes de la goutte, quand on commence à en souffrir; à la suite d'un excès de . table, on ressent les atteintes de la goutte. Oaressent plpti^ qu'on ne sent les effets de la haine ou de la libéralité de quelqu'un. Labruyère dit que nous ressentons de la colère contré ceux qui nous raillent $ et dans cette phrase ««n/iV serait impropre, parce que la colère est ici clairement l'effet de la raillerie.

4. Se sentir, se rtf^^^n^r. Eprouver quelque reste d'un mal qu'on a eu, les suites d'un malheur, on rinfluence,soit heureuse, soit funeste de quelque chose. Nous nous S0ntons de ce qui vient de nous-* mêmes > de notre bonne onde notre mauvaise conduite; nous nous

DES SYNONYMES OUAMMATICAUX. Ut

r00S0ntonê de ce qui fient des autrei, iei fautes de nei partnti^ par exemple. Ensuite, on te ressent longtemps après, ou à une grande distance : Quiconque a négligé son éducation s'en ressent toujours. Dans la hiérarchie administrative, si l'un des employés principaux obtient de ravancement, le moiMre commis peut quet* quefois s'en ressentir. « De cette autre mienne fie qui io|pe en laçonsnaissance de mes amis, je sais bien que je n'en sens fruit ni jouis* sauce que par la vanité d'une opinion fantastique : et, quand je serai mort , je m'en ressentirai encore beaucoup moins. » MovTAïa.

b: Bpandre, répandre. Laisser tomber, jeter çà et là, en plu^ sieurs endroits. Répandre enchérit sur épandre; il marque plus d'impétuosité dans Taclion, une plus grande dispersion de la chose yersée. On épand un liquide, en l'étendant, en l'étalant doueement| on le répand, en le jetant de tous côtés avec force ou de haut. Mon*taigne dit, pour marquer que les princes doivent être modérés dans leurs libéralités, qu'il faut épandre le grain, non pas le répandre. Epandre est d'un usage très borné, et st dit pnncipalement en parlant d'un fleuve, dont les eaux se déploient paisiblement sur un espace plus ou moins étendu, « Ce fut alors, dit Fléchier, que la cha^r rite, comme un fleuve, rompit ses bords et s'épandit sur tant de terres arides. »

e. ^^am^^ra^aw^. Ils expriment l'action de faire passer de haut en bas, de diminuer la hauteur, la valeur, le prix, la dignité, le mérite, la réputation, i^^aw^r marque* une dépression modérée. L'action de rabaisser est plus forte^ et son effet plus grand; car rabaisser, c'est abaisser encore davantage, de plus en plus, avee effort ou redoublement d'action. On abaisse le mérite par un mot, nn propos, en passant ; on s'acharne à le rabaisser. Rabaisser emporte plus de force non-seulement dans l'action et dans l'effet^ mais aussi dans l'intention, dans la volonté; il suppose ordinairement de l'anifflosité.De plus, rabaisser donne l'idée d'an état anté* rieur au-dessus duquel on s'est élevé et auquel ramène celui qui ra^ai>#«/ c'est pourquoi l'on dit plutôt rabaisser qu^ abaisser \e$ prétentions de quelqu'un^ le caquet, le ton d'une personne, l'orgueil) J'arrogance, la présomption et tous les vices qui font qu'on se met à une hauteur démesurée ou illégitime. On se rabaisse pour rentrer dans un état au-dessus duquel on avait voulu s'élefer.

7. Abattre, rabattre. Ces deux mots se disent en parlant de Forgn«l, de la fierté, de l'arrogance qu'on fait tomber ou qu'on rabaisse. Abattre exprime cette idée sans aucun accessoire. « Ses malheurs n'avaient point abattu sa fierté. » Rag. Rabattre, c'est

abattre avec force, a L'arrogance des princes^ dit Bossoet, est for^ tement rabattue par le spectacle de la suite des empires. » <c Ce sont les pieds du paon qui abattent son orgueil. » ^05tai(ï. » La fortune, qui prend plaisir kr abattre notre présomption, n'ayant pu faire les malhabiles sages, elle les fait heureux, à l'enri de la vertu. » Id. D'ailleurs, presque toujours rabattre suppose que le sujet de l'action s'anime et fait de grands efforts, tandis que celui contre qui il agit résiste avec plus ou moins d'opiniâtreté* « Qu'il soit brave guerrier, qu'il soit grand capitaine, je saurai bien rabattre une humeur si hautaine. » Coair. On ne dit pas plus abattre qn'abaùêer le caquet; il faut dire le rabattre ou le rabaisser,

8. Avilir, ravilir. Abaisser de manière à rendre vil, méprisable, à couvrir de honte, d'opprobre , d'infamie. Ravilir est augmentatif, c'est avilir à plusieurs reprises, avec redoublement d'action : le métier d'espion ravilit. « Une puissance ennemie, dit Bossuet au sujet du culte paien, avait entrepris de ravilir le nom sacré de Dieu. » Ravilir marque souvent aussi le rétablissement d'un état antérieur : l'éclat et la renommée avaient ennobli les beaux arts ; la pauvreté les ravilit. « Tout est à nous par Jésus-Christ, dit encore Bossuet; il n'y a rien au-dessus de nous, pourvu seulement que nous ne nous ravilissions pas nous-mêmes. » « Ils se sont de telle sorte ravilig, que, etc. » In.

0. Emplir, remplir. Rendre un vase plein, mettre dans un vaisseau jusqu'à ce qu'il soit plein. Remplir a deux nuances distinctîves. D'abord, il désigne une réparation, le complément d'un vide partiel, une réitération de l'action de verser ; de sorte qu'il signifie ajouter ce qui manque pour que la chose soit tout-à-fait pleine. On emplit tout d'un coup une bouteille de vin. ce 11 prend la grande cuiller^ la plonge dans le plat, V emplit , la porte à sa bouche. » Labr. Mais, un étang se remplit d'eau par des crues successives. Le second caractère de remplir tient au premier. Emplir se prend ordinairement à la rigueur, de manière que le vase n'est empli que quand il n'y reste point de vide; et, au figuré, il exprime de même une plénitude absolue. Montaigne dit en parlant de l'immuable éternité de Dieu : « Par un seul maintenant il emplit le toujours. » «J'aurais un bon carrosse à ressorts ^^ien liants ; de ma rotondité Remplirais le dedans. » Régit. Au àmtraire, remplir marquant succession , action partielle , ^e preiui souvent dans . un sens relâché pour désigner seulement rabomhince ou la multitude. De là vient qu'il est d'un usage beaucoup puis étendu au propre, et surtoi|t 4u figMré. emplir se dit proprement des vases, des vats^

DES SYNONYMES GRAMMATICAUX. lôè

seaux, des choses destinées à contenir de certaines matières ; renvplir se dit indifféremment de tonte place occupée par la multitude on par la quantité. Vous emplissez une cruche d'eau , un verre de vin, un sac de blé , vos poches de fruits , une bourse d'argent; vous remplissez une rue de gravois, une basse-cour de fumier^ un pays de mendiants^ un bois de voleurs^ et, de quelqne matière que ce siait destrous^ des interstices, des fondrières, des vides qu'il faut boucher. Dans le sens figuré, on se sert presque toujours de remplir .'remplir une charge^ un emploi ; une tête remplie de pensées, d'affaires. « L'imagination grossit les plus petits objets jusqu'à en remplir notre àme. » Pasg.

10. Assurer, rassurer. Au propre, ces deux mots signifient affermir, rendre stable; et, au figuré; tranquilliser^ donner de l'assurance. Au propre, on a^^ir^ contre un danger possible ou éventuel, et on rcLssure ce qui est près de tomber, ce qui menace ruine. Rassurer exprime qu'il y a plus à craindre, et que la chose a déjà été endommagée ou ébranlée. An figuré, il en est à-pen-prèsde même. On assure le faible, et on rassure le peureux : on assure celui qui n'est pas ferme, résolu, qui manque de confiance; on rassure celui qui est déjà troublé, intimidé, en proie à la crainte ou à la terreur. Un homme va subir une opération, vous \ assurez en lui donnant de la confiance ; quand arrive le moment, et qu'il tremble à la vue des instruments et des apprêts, vouslero^n^r^r. II faut, bien entendu, pour ra«#ï/rer^ plus d'efforts et plus de soins. Du reste, a^#wr«r, dans le second sens, n'est guère employé que par les poètes. « Un oracle xs^ assure, un songe me travaille. » Corn. « Princesse, a^sur^ r^^-voHS, je les prends sous ma garde. » Rag. « Occupé seulement de l'àpre jalousie, rien ne peut Va>ssurer, de tout il se défie. » Lav. ce La compagnie assure jusques aux enfants. » Moictaig*

11. Assembla, rassembler. Mettre ensemble, réunir des personnes ou des choses auparavant isolées. Rassembler suppose plus de difficulté, dans ce sens que les choses auxquelles il s'applique sont plus éloignées, plus disséminées, plus éparses, en plus grand nombre, et qu'elles ne sont pas accoutumées à se trouver réunies, à aller ensemble. De sorte que, d'un côté, nous assemblons les choses on les personnes qui ne sont pas éloignées de nous, que nous avons sous la main, que nous savons où trouver ; tandis que nous rassemblons celles qui ne sont^pas près de nous, que nous somnies obligés de faire venir de loin et à grand'peine. Ou bien nous assemblons des choses analogues, et rassemblons des choses dissemblables. « Selon Aristote, dit Mallebranche, le feu est un élément chaud et sec qui as-

semble les choses de même natore ; Peau est un élément froid et humide ({mrfusemble les choses de même et de différente natore. « D'un autre côté^ asêembler, en parlant des personnes, marque quel' ^ue chose d'ordinaire et qui se fait dans un lieu destiné à cet effet ; tandis que rasMembler désigne une réunion irrégulière, inaccoutu* mée, improvisée. A la nouvelle de la fuite de Louis XVI, les mem-> bres de la convention, qui s'étaient assemblés le matin, se rassem-^ rent à onze heures du soir. Un prince^ qui assemble souvent ses troupes pour contempler ses forces, les rassemble quelquefois pour marcher contre l'ennemi. Ce que ro^^^m^/er exprime d'extraordi^ naire ne porte pas seulem.ent sur le fait de la réunion, mais aussi sur son objet, comme on le voit par les deux exemples précédents. « Constant oM^m^/aiV tous les jours de nouveaux conciles pour réformer les symboles. » Boss. « Par combien de subtilités, de détours et d'é* -quivoqoes les protestants ont tâché de rassembler les membres épars de leur réforme désunie. » In.

la. Eveiller, réveiller. Tirer du sommeil. Onréveille difficile^ ment, brusquement, à une heure inaccoutumée, quand on n'a pas dormi suffisamment, d'un profond et pénible sommeil. <€ Réveiller, dit Marmontel, est plus Yif et plus prompt. » Ce verbe marque redoublement d'effort et de résistance. « I^e lendemain, à l'heore marquée, il fallut réveiller d'un profond sommeil cet autre Alexan* dre. » Boss. Pour éveiller celui qui a le sommeil tendre, le moindre bruit suffît : quant à celui qui a le sommeil dur, il faut le réveiller, c'est'à-dire s'y prendre à plusieurs fois, en le sollicitant, en le se* couant. On réveille et on n'éveille pas un mort, ou quelqu'un de sa léthargie, de son assoupissement; on s'éveille tard, et on se réveille en sursaut. Mallebranche distingue différentes sortes de sensations : les unes fortes et vives, qui, dit-il, étonnent l'esprit et le réveillent avec force, comme lui étant fort agréables on fort incommodes ; d'autres faibles et languissantes, qui touchent peu l'âme, et qui par conséquent l'éveillent à peine, ne lui étant ni fort agréables, ni fort incommodes. Ensuite, réveiller marque le rétablissement d*un état instantanément changé , c'est-à-dire qu'il suppose qu'on s'était ^^7/6 déjà une fois, puis rendormi : ceux qui s'élant éveillée n'ont pas soin de se lever, courent risque deser^ei7/^r forttard.Ce caractère a bien plus d'importance au figuré qu'au propre. On éveille comme on animele courage, la haine, la colère, en les excitant dans le coeur d'un homme qui ne les a pas; on les réveille, comme on les ranime, en les renouvelant dans le cœur d'un homme qui les a per^ dut ou qui les perd.

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18. Vêtir, rèf>êHr. Ilg ^ disent tn parlant âes habits dont on se couvre. On revêt ce dont on se couvre en second lieu , après s'être vêtu, des habits qui se superposent aux vêtements. On est vêtu de ses habits ordinaires^ de ceux qui sont faits pour le besoin^ la commodité et la parure, suivant la mode; ontsxrevêtu d'habillements extraordinaires par-dessus les premiers^ comme^ par exemple, d'une armure^ des insignes de la royauté, de la pourpre impériale, et en général des habillements faits pour distinguer les honneurs et les dignités. Un évéque officiant est vêtu de sa soutane, et revêtu des habillements pontificaux.

14. Souvenir, reêsouvenir. Idée précédemment acquise, puis oubliée, et ramenée enfin devant les yeux de l'esprit. Ce dont on se ressouvient est d'un temps élofgné, et n'a laissé dans l'esprit que des traces obscures, qui ne peuvent être retrouvées qu'à force de recherches et d'efforts. « Le ressouvenir, dit fort bien Roubaud, est le souvenir renouvelé d'une chose plus ou moins éloignée, du moins de notre esprit, et difficile, soit à retrouver, soit à reconnaître. Le souvenir est plutôt d'une chose plus ou moins présente à l'esprit, plus ou moins facile à rappeler, pins ou moins fidèlement repré*sentée; leressouvenir est plutôt d'une chose plus ou moins oubliée, plus ou moins difficile à retrouver, plus ou moins imparfaitement retracée. Y> « Cypsèle avait tout oublié; mais Périandre le pressa tant, qu'à la fin Cypsèle se ressouvint des dernières paroles que Proclée leur avait dites. » FéneIoit. « Télémaque croyait même se ressouvenir confusément d'avoir vu en Ulysse des traits de cette ressemblance.» Id. « Les vieillards vivent plus de ressouvenirs que d'espérances. » Barth.

16, Nom, renom. Réputation de quelqu'un, ce qu'on dit de lui, l'opinion qu'on en a communément. Il y a dans renom l'idée de la répétition du nom, lequel s'est étendu en passant de bouche en bouche ; de sorte que renom est le superlatif de nom. Par le nom on est connu, distingué, tiré de l'obscurité; par le r^nom on fait du bruit, on a de la vogue, on jette de l'éclat.

16. Emporter, remporter. Ils se disent tous deux pour exprimer l'action d'obtenir un prix. On emporte le prix qui n'est pas disputé; on remporte celui qui est mis au concours. Pour emporter l'un, il suffit d'être heureux ; pour remporter l'autre, il faut être fort, il faut triompher de ses concurrents. La Fontaine dit au Dauphin, en lui dédiant ses fables , qu'il emportera le prix de son travail, s'il parvient à lui plaire. LeCid, vainqueur de don Sanche, remporte le prix du combat ; et ce prix est Chimène,

17. Apetiêser, rapetùser. Rendre ou devenir pins petit. Rapetisser enchérit sur apetissery et signifie apetisser d'une manière réitérée j la diminution qu'il exprime est non-seulement plus forte, mais quelquefois même excessive, par cela seul qu'elle est redoublée. Les jours apetissent quand la diminution est presque insensible ; ils rapetissent quand elle est considérable. D'ailleurs , apetisser marque une diminution subite, en un seul coup, et rapetisser une diminution qui se fait lentement /successivement, par progrès. Une étoffe mise à Teau une seule fois s'apetisse/ elle se rapetisse quand la diminution a lieu à la «uite de plusieurs immersions. Un vieillard rapetisse, parce que la- diminution de taille qu'il subit s'opère par degrés. Boileau dit que la servitude est une espèce de prison où Tàme décroit et se rapetisse, en quelque sorte.

18. Accourcir, raccourcir. Rendre ou devenir plus court. Rac* courcir, c'est accourcir beaucoup ou même trop, et c'est pourquoi raccourci signifie souvent, trop court : Tout cela est tronqué, écourté, raccourci. « Embrasser l'infini à sa mode étroite et raccourcie. » FÉiŒL. a Si ce que nous avons vu n'est pas, notre science est merveilleusement raccourcie, » Montaigne. Suivant Pascal, a On pourrait croire que les verres des microscopes rétablissent la véritable grandeur des objets que la figure de notre oeil avait changée et raccourcie, » Accourcir signifie plutôt réduire à de justes bornes et tout d'un coup; raceourezV, outre qu'il marque diminution considérable ^ou excessive, exprime succession. «Nous accourcîmes notre repas pour ne rien perdre du sermon. » Laf. « Il y a deux ou trois ans qu'on accourcit l'an de dix jours en France. » Montaigne. « L'esprit de l'homme s'étend et se raccourcit suivant l'application ou l'inapplication où il vit. » Fén.

19. Etrécir , rétrécir. Rendre ou devenir plus étroit, ii^/r^eir^ c'est étrécir beaucoup ou même trop , et c'est apparemment pour cela que nous employons ce mot plus fréquemment, portés que nous sommes à toujours exagérer. Rétrécissement est non-seulement moins considérable que le rétrécissement, mais il a lieu dans des choses de moindre dimension* Ainsi , Mallebranche dit bien que la primelle s'^/r^'ei^ pour empêcher les rayons du soleil. Au figuré, cette différence du plus au moins doit être rigoureusement observée, et l'a été par nos grands écrivains. « Il semble, dit Montesquieu, que les têtes des plus grands hommes ^Rétrécissent, lorsqu'elles sont assemblées, et que là, où il y a plus de sages, il y ait aussi moins de sagesse. »« Nous regardons, dit-il ailleurs, les officiers dont la patience a langui dans les emplois subalternes comme des gens dont

l'esprit s'est comme rétréci dans les détails, et qui, par une habitude de petites choses, sont devenus incapables des plus grandes. » On XtyoïiyVétrécùsement mdLV({\\t un défaut partiel , momentané, et le rétrécissement ce même défaut complet et constant. « Des maîtres ordinaires n'auraient pu que rétrécir l'entendement des Vérulam, des Descartes. » J.-J.

20. Tarder y retarder. Remettre à faire en un temps plus éloigné ce qn'on devrait faire sur-le-champ. Mais tarder ne désigne que le fait de ne pas exécuter assez tôt ; retarder annonce une résolution de la volonté. Pour tarder à partir, il suffit de ne pas partir, et, pour retarder son départ, il faut volontairement^ et sciemment le fixer à une époque postérieure à celle, où il avait été fixé d'abord. De là une seconde différence. Retarder suppose quelque difficulté survenue, qui force de contrevenir à ce qui avait été réglé, déterminé; de manière que celui qui tarde n'agit pas en temps convenable, et que celui qui retarde n'agit pas en temps convenu. Un paresseux tarde à partir; un homme qui n'avait pas prévu la longueur de certaines affaires, se voit contraint de changer sa résolution et retarde son départ.

21. Amollir, ramollir. Rendre mou ou moins dur y au propre et au figuré. On amollit ce qui est dur; on ramollit ce qui est trop ou très dur. La chaleur du soleil amollit lai circj le feu ramollit le fer. Au figuré, ramollir marque un excès. La musique amollit les cœurs, c'est-à-dire qu'elle leur inspire des sentiments tendres, doux, humains; elle les ramollit, quand elle les énerve : « Celte musique qu'il fait mépriser comme capable de ramollir les courages, était sans doule cette musique molle et efféminée, qui n'inspire que les plaisirs et une fausse tendresse. » Boss. Quand les deux mots marquent un défaut ou un excès, il est plus grand exprimé par ramollir, ou présenté comme se trouvant chez des hommes oii Ton s'attend moins à le trouver, (c Les Toscans étaient amollis par leurs richesses et par leur luxe. » Moiïtesq. « Les Mèdes, autrefois si laborieux et si guerriers , mais à la fin ramollis par leur abondance. » Boss.

22. Adoucir, radoucir. Rendre doux , au propre et au figuré. Radoucir se dit des choses plus rudes, ou plus aigres, ou plus dures : « on radoucitles métaux par une fonte réitérée » ( Ac ad.); ou bien des choses qui, étant douces, ont été changées et qu'on ramène à leur état primitif de douceur : «la pluie a radouci le temps.» Agad^ Mais, on dira d'une manière générale avec l'Académie, la pluie adoucit le umj^s. lien est de même au moral, On radoucit nu

homme c[ui est fort eu colère. Ensuît^^ on adùUcU l'humeur de celui qui Pa naturellement rude, et on radoucit l'humeur de celui qui l'ayant naturellement douce^ en a changé tout à coup.

23. Enchérir, renchérir. Ils donnent l'idée d'une augmentation à quelque chose qui est déjà grande élevé eti prix^ en valeur^ en force. Enchérir, c'est faire ou dire plus ; renchérir, c'est faire ou dire beaucoup plus. Massillon dit que le moindre badlnage des grands sur la religion est dangereux^ parce qu'ils sont entourés de gens qui y syoutent et qui croiront plaire en enchérissant, Lafontaine remarque que tous les fabulistes ont fui l'ornement et le trop d'étendue, mais que Babrias, quia mis le plus grand laconisme dans ses fables, ren-^ chérit SVLT tous. Renchérir suppose aussi que la chose est déjà très grande et très élevée en prix, en valeur, en force, en ridicule. « Ne rougissez-vous pas de renchérir en fait d'intérêt sur les plus infâmes subtilités qu'aient jamais inventées les plus célèbres usuriers?» Mol.

24. Enfermer, renfermer. Mettre une chose ou une personne dans un endroit clos. Lateanx prétend avec raison que renfermer se dit d'une clôture plus étroite Hn^ enfermer. Le premier mot indique plus de précautions, et plus de danger que la chose ou la personne éch9çi^e.Enfermer, c'est simplement ne pas laisser aller libre, ment dehors. «Que servirait, dit Montesquieu, A^enfermerle& femmes dans nos pays du Nord où leurs moeurs sont naturellement bonnes ? » Mais il dit ailleurs: « Dans les états despotiques, les princes ont plusieurs femmes et mille considérations les obligent de les renfer^ mer, » On est enfermé dans sa loge au spectacle, dans sa chambre à la ville ; on est renfermé dans une prison. Renfermer désigne toujours une action volontaire, et ne pourrait, par conséquent, se substituer à enfermer dans une phrase telle que celle-ci: « Je vois ces effroyables espacés de l'Dnivers qui Renferment. » Pasc.

2». Amasser, ramasser. Faire un amas, un assemblage, réunir. Ramasser a pour nuance de marquer les soins, la peine qu'on a eue à rassembler des choses diverses ou éparses. Amuser n'est relatif qu'à l'idée exprimée parle radical. Boileau dit, en parlant des auteurs en courroux : «Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, amasser contre vous des volumes d'injures.» «Mithridatefuît de ses états, et ramassant ùSitts son chemin ce qu'il trouve de barbares, il parut dans le Bosphore. » Moktesq. Dans le premier exemple, amasser rappelle l'idée pure du radical, celle d'une grande quantité; dans le second, ramasser rappelle l'idée des efforts de Mithridate pour réunir sous ses drapeaux des barbares dispersés. Les mêmes caractères diàtinctifs sont peut-être encore plus visibles dans

les substantifs amas et ramas. Amasser de l'argent, c'est en acquérir, s'en former tine certaine somme ; en ramasser, c'est en recueillir ou en amasser péniblement.

26. Poser, reposêf^. Être appuyé, porter sur quelque chose. Reposer est augmentatif et marque plus particulièrement la solidité. Poser se borne à indiquer l'objet qui sert d'appui. Une colonne pose sur son piédestal, et repose sur ses fondements. Une poutre pose sui: une traverse, et repose sur le mur. Au figuré, comme on vent exprimer généralement la solidité, la force, le crédit qu'une chose tient d'une autre, on préfère reposer: telle rérité repose sur tel principe. Cependant Montesquieu a dit que la grande distinction de la puissance ecclésiastique et de la puissance séculière est la base sur laquelle pose la tranquillité des peuples 3 c'est qu'il a voulu faire connaître simplement ce qui assure cette tranquillité, plutôt qu'exprimer avec quelle solidité elle se trouve maintenu? et garantie.

27. ÂbêHr, rabêtir. Rendre ou devenir bété, stupide. RabêUr indique une action plus forte, de la résistance à vaincre dans le sujet. Un maître abêtit l'enfant qui lui est confié, quand il laisse ses facultés se développer sans direction; il le rabétit, si, toutes les fois que la raison de l'enfant fait quelques progrès, il en comprime, en déprave, en Interrompt l'exercice naturel. D'une part, les dispositions ne peuvent prospérer, faute d'être placées dans des circonstances favorables; de Pautre, elles sont combattues et repoussées aussitôt qu'elles prennent quelque développement.

28. Concilier f réconcilier. Faire que des choses opposées cessent de J'étre, aillent bien ensemble. Réconcilieront suppose pas seulement opposition, mais lutte, mais guerre ouverte, tendance réciproque à se renverser, et c'est pourquoi primitivement ce mot né se dit bien qu'en parlant des personnes. C'est en les personnifiant et en les considérant comme des ennemis que l'on dit , réconcilier la morale et la politique, le théâtre avec la religion.

29. Lâcher, relâcher. Détendre, desserrer quelque chose, oU bien, laisser aller, laisser échapper quelqu'un, un prisonnier. Oti léiche ce qui est tendu; on relâche ce qui est trop ou très tendu. Relâcher, c^est réparer un excès, rétablir une chose en la lâchant un peu; c'est, non pas détruire , mais seulement diQiinuer la tension. Quand on lâche la bVide, elle flotte; quand on lâche prise ou pied, quand on lâche un coup de fusil, toute tension, toute action cesse ; maïs, quand on relâche une corde, elle est seulement moins tendue. En parlant des prisonniers qu'on laisse aller, les là*

Digiti^ed

cher, c'est leur donner la liberté ; les relâcher, c'est la leur rendre. Lâcher marque simplement qu'on ne les retient plus, et relâcher qu'on les rétablit dans un état, où ils étaient, et dans lequel ils rentrent. On lâche un oiseau qui a toujours vécu en cage> et on relâche celui qu'on avait pris et privé de sa liberté.

30. Conforter, reconforter, forii&er, corroborer. Ce qui rccowforte donne plus de force, produit un effet plus considérable que ce qui conforte simplement. Ou bien ce qui reconforte rétablit

^ des forces qu'on avait perdues. Le jin conforte l'estomac ; et , quand par le travail on s'est affaibli l'estomac , le vin le reconforte.

31. Echapper, réchapper. Se sauver de quelque péril. Réchap^ per ne se dit qu'en parlant d'un grand péril et presque toujours d'un cas de mort. « Je me dédis de ma parole si tu réchappes, » dit Géronte à Scapin à qui il pardonne et qu'on croit blessé mortellement. « Notre chat est réchappé depuis peu d'un saut qu'il fit du haut de la maison dans la rue. » Mol. On échappe, au contraire^ à toute sorte de dangers. Les compagnons d'Ulysse furent changés en animaux par Circé; le seul Ulysse en échappa, dit Lafontaine.

32. Lever, relever. Mettre haut ou plus haut, ou simplement dans une position verticale. Relever marque un rétablissement, le rétablissement de l'état antérieur convenable ou naturel. On relève ses bas qui tombent; on relève la tête quand on l'a trop baissée ou trop inclinée, tandis qu'on lève la tête ppur contempler le ciel, par exemple. On lèvexan enfant qu'on met sur pied, au lieu de le laisser couché^ seconde position naturelle pour lui comme la première 4 on le relève lorsqu'il tombe. On lève un pont-levis; dire qu'on le relève, ce serait supposer que sa destination n'est pas d'être abaissé.

33. Troîisger, retrousser. Replier, relever. Retrousser, c'est trousser beaucoup, relever bien haut ou avec vivacité. Mais, en outre, retrousser marquant une action plus forte que l'ordinaire, se dit seul aussi des choses qu'on n'a pas coutume de trousser, comme la moustache, les cheveux, le chapeau, les manches.

34. Tirer, retirer. Oter, ou faire sortir une personne de quelque endroit, l'éloigner de quelque chose. Retirer marque un rétablissement, indique que l'on avait été mis dans une position oii l'on ne doit plus rester. On retire un enfant du collège, une garnison d'une place, des papiers de chez un avoué, et on le fait par précaution, avec soin. On dira, an contraire, sans ces idées accessoires : on ne saurait tirer cet homme de son cabinet; on l'a tiré de la charrue, pour Iç

mettre à cette place émînente. On tire un homme d'un danger quelconque ; on le retire d'un grand péril^ dans lequel il est beaucoup engagé, ou dans lequel on Ta mis soi-même. « Si Dieu a livré les gentils à l'aveuglement de leur cœur, s'ensuit-il qu'il y livre encore les églises qu'il en a retiréeê avec tant de soin? » Boss. Si les dangers sont de peu d'importance, on se sert de tirer seulement : tirer d'inquiétude, de souci , d'erreur. Tirer un homme de prison, c'est l'en faire sortir ; l'en retirer marque plus de soin , plus d'empressement et aussi plus de difficultés.

Tirer et retirer signifient aussi tous deux, recueillir, en parlant du profit ou des avantages qui reviennent d'une place , d'une propriété, etc. Retirer marque un calcul antérieur, quelque chose de prévu, des avantages qu'on s'était proposés, et tirer est dépouillé de cette nuance. On retire de forts intérêts de l'argent que l'on place, et l'on tire de grands services d'un ami, une grande instruction de l'histoire, beaucoup de fruit de ses fautes.

34. Tenir, retenir. Faire demeurer en un certain état. Retenir suppose ou un danger ou de la résistance, et par conséquent dans le sujet de l'action plus d'effort. On tient l'échelle à celui qui monte, de peur d'accident -, on retient l'échelle qui branle ou qui va tomber. On lient duns l'obéissance un peuple qu'on gouverne paisiblement; on retient dans l'obéissance celui qui remue, qui fait effort pour secouer le joug, a Des lois simplement écrites et en petit nombre tenaient les peuples dans le devoir.» Boss. «Les Espagnols désespérant de r«/«nir les nations vaincues dans la fidélité, prirent le parti de les exterminer. » MONTESQ.

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