‹ Synonymes françaisChapitre 33 sur 218 · CON, RE · texte numérisé non relu

CON, RE

Contenir, retenir. Arrêter l'action ou le mouvement d'ui^ chose, ne pas la laisser aller, la réprimer. Contenir, c'est mettre des bornes, et empêcher de s'étendre au-delà; c'est ne pas laisser un libre cours. Retenir, c'est tenir de manière à faire revenir sur soi, c'est mettre un frein, empêcher le développement, na pas donner cours. Le cheval ou l'eau que vous contenez n'avancent, ne se meuvent que de la manière que vous voulez et dans les limites que vous leur posez ; le cheval ou Teau que vous retenez n'avaur cent et ne se meuvent point. Pour contenir ses passions^ il suffit d'en modérer Tardeur; pour retenir ses passions, sa leolère, par

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exemple^ il faut les empêcher toat-à-fait d'agir; c'est marque de prudence, d'une part, et de force^ de l'autre. Il faut avoir soin de contenir, et s'efforcer de retenir. Contenir un peuple^ c'est faire en sorte, qu'il ne se porte point à des excès, à des débordements. Montesquieu dit qu'il est dangereux d'armer les esclaves dans une république, à cause de la difficulté de les contenir; que le peuple est contenu par les lois des nobles ; que dans le gouvernement despotique le bras du prince, toujours levé, règle ei contient toui. Re-tenir une nation vaincue, c'est, pour ainsi dire, l'immobiliser, l'empêcher de s'éloigner, d'aller ailleurs, de s'échapper. « Les Espagnols, dit le même écrivain, désespérant de retenir les nations ^ vaincues dans la fidélité prirent le parti de les exterminer. »

Convenir, revenir. Avoir du rapport, agréer, plaire. Ce qui cmivient à une chose ou à une personne vient avec elle, va bien avec elle, et forme comme son accompagnement. Il y a dans ce verbe idée de dualité, de juxta-position. Revenir marque un retour : il se dit proprement de ce qui, ayant l'air de s'éloigner, se rapproche cependant, au fond et ensuite, de la chose ou de la personne : de sorte que ce verbe se distingue par une sorte de réaction, de réflexion, de contraste. C'est ce qui se montre avec évidence dans l'expression, cela revient au même, ou, ces deux choses reviennent l'une à l'autre ; car c'est dire, malgré leur dissemblance apparente, elles ont le plus grand rapport. En examinant bien, on trouve qu'une couleur revient à une autre. Une humeur revient à la mienne, malgré des variétés et des différences qui frappent au premier coupd'œil. Indépendamment de ce retour, de ce contraste entre l'apparence et la réalité , la première et une seconde impression, revenir désigne un rapport plus étroit. Ce qui convient à une chose s'y adapte, s'y ajuste, est en concordance avec elle; ce qui y revient pourrait être pris pour elle ; ici la dualité est remplacée par l'identité. D'autre part, ce qui me convient me plait, parce qu'il répond à mes besoins, aux exigences de ma position, parce qu'il m'est utile; l'humeur, l'air, les manières qui me reviennent, me plaisent par je ne sais quoi de piquant, d'étrange même, qui peut-être m'avait choqué d'abord; mais ces choses ne reviennent pas à celui qui ne trouve rien en elles de capable de le faire revenir sur la première impression.

Commettre j remettre. Donner la garde de quelqu'un ou de quelque chose. Le premier se rapporte surtout au prix qu'on attache à l'objet confié, au soin qu'on attend de la personne à qui on le confie et à la responsabilité qui pèse sur celle-ci. « Cache tes pleurs.

DES SYNONYMES GRAMMiLTICAUX. SOI

Céphise ; et sonvicns-toi que le sort d'Andromaque est eommiêh ta foi. » Rac. « Enlever le dép6t commis au soin du garde. » Laf. «Hortense est commise à tes soins.» lD.«La porte dans le choeur à sa garde est commise » Boil. « Les maîtres doivent se rendre habiles pour instruire ceux qui sont commis à leurs soins. »Mall. Les rois faisant eux-mêmes les grâces ont commis à des magistrats particuliers la distribution des peines. » Moictesq. Remettre indique à-peu-près exclusivement l'action ou le fait de livrer^ le changement de possesseur : l'objet était dans mes mains y je vous le r«* mets y il passe dans les vôtres; c'est, pour ainsi dire y une seconde mise en possession. Averti de sa fin prochaine, Moïse remit à Josué le commandement qu'il avait possédé lui-même^ et^ suivant la juste expression de Bossuet, « lui commit ce qui restait à faire. » « Ce rejeton des rois, à leur garde commis, entre les mains d'Octar est-il enfin remis? » Volt. Aujourd'hui, nous employons rarement comrmettre, surtout dans le style ordinaire : c'est à tort, car il exprime tout spécialement une nuance importante.

Conserver j réserver. Garder une chose, ne pas s'en défaire, ne pas s'en servir, ne pas l'user. Conserver marque l'attention avec laquelle on veille sur la chose, les précautions dont on l'entoure. /{«'server indique retour, exprime qu'on reviendra à la chose , qu'on la garde pour une autre occasion, pour s'en servir plus tard. L'un est le fait d'un homme soigneux, l'autre , celui d'un homme prévoyant et prudent. On conserve en éloignant les dangers, en prenant garde que la chose n'éprouve quelque dommage ; on réserve en gardant pour une destination ultérieure. Un enfant reçoit, comme prix de son travail, un livre précieux : au lieu de le lire, il le conserve ou il le réserve,* il le conserve, s'il s'abstient de le lire, de peur de le gâter, et il le réserve, s'il ne fait qu'en différer la lecture. « Je vous prie de conserver soigneusement cette estampe. » J.-J. « Qui ne mourrait pour conserver son honneur, celui-là serait infâme. » Pasc. Dans Lafontaine, la jeune souris prise par le vieitx chat lui demande la vie en ces termes: « A présent je suis maigre; attendez quelque tem^s. Réservez ce repas à messieurs vos enfants. » « Réservons cet enfant pour un temps plus heureux.» Rag. {Athalie. Josabet à Joas. ) «Je ne puis mêler im tel si^et à celui-là dans la même lettre j je le réserve pour la première que je vous écrirai. » J.-J.

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