DE, CON
Déférer , conférer. Donner des dignités ou des honneurs. On dé' fère par déférence , parce qu'on veut bien considérer le mérite personnel 5 on confère suivant un rite et avec les cérémonies d'usage. L'un se dit plutôt d'honneurs extraordinaires , et indique que, pour les rendre, il faut déroger à la coutume, et sortir du droit commun : « On déféra à César des honneurs excessifs. » Montesq. « Le peuple regardait le sénat avec jalousie , et néanmoins lui déférait tout dans les grandes occasions. » Boss. a II montra des talents si distingués qu'on lui déféra la direction des forces maritimes de la nation. » Râ.yï(. «Les Romains ont déféré les honneurs divins à la plupart des empereurs. » Aca.d. « Le peuple romain déféra le consulat à Scipion , et l'honneur du triomphe à Pompée avant Tàge. » In. L'autre s'emploie plutôt en parlant des charges et des privilèges légalement et régulièrement accordés par qui de droit. « Sa charge est annuelle, et lui est conférée par l'assemblée générale de la nation. » Bâkth. « Les rois de la race Mérovingienne conféraient de leur seule autorité les évéchés^ etc.» Voltaire. « Quand la conjuration de Catilina fut éventée, les Romains , convaincus du mérite de Gicéron et du besoin qu'ils avaient alors de ses lumières et de son zèle, lui déférèrent unanimement le consulat ; ils ne firent que le conférer à Antoine. » Beauz.