‹ Synonymes françaisChapitre 51 sur 218 · IN, DE · texte numérisé non relu

IN, DE

Irraisonnable, déraisonnable. Sans raison. In nie la raison d'une maniéré éomptète^ absolue ; il marque absenèé de raison, à la tigneui^, si bien 4ue i'étrê irraisonnable en eUt tdtâlement dépéus TU. 11^ exprime déchet, perte partielle, suspension momentanée de raison par suite d'un écart, d'un dérèglement de celui qtti en est doué et qui en mésuse. Béraison ne Si^ifie pas, à la lettre, Ëian^ que de raison, mais extravagance, faute contre la raiSoUt Lèi animaux toute leur vie, les enfante avant un certain âge, touè les hommes pendant le sommeil, et les imbécilles tout le temps de leur maladie, sont irraisonnables; Phomme est déraisonnable toutes les fois que, dans sa conduite, il agit contrairement à la rai^ son, il use mal de sa raison. *

improuvêTy désapprouver. Ne pas approuver, trouver mauvais. Improuvèr est plus près de réprouver. On improuve une mauvaise action ; on désapprouve quelque chose de peu sensé, /mprouver est agressif, c^est être contre, blâmer ; désapprouver n'est que restrictif, c'est retrancher de l'approbation, lui faire perdre quelque chose : on désapprouve en jugeant qu'une chose n'est pas bonne, convenable. Mais une autre différence consiste en ce qtté désapprouver est décisif, ouvert, explicite, a Un air de sentence qui manque à improuvèr. Celui qui déSapproUvè JUge, prononce, déclare hautement, solennellement qU'ùne chose n'est pas bonne. Improuvèr, c'est trouver à redire, mais plutôt intérieurement, indirecleinent. Celui qui imptouvè condamne dans son cœur. f< Cliton est l'arbitre des bons morceaux, et il n'est guère permis d'avoir dû goût pour Ce ([xî^'xX désapprouve, y) Laér. ce Quand Je désapprouve l'usage du vin, je ne condamne pas de même ces boissons qui égaient la raison. » Moïttesq. «La majeure et plus saine partie du gouvernement à désapprouvé iai&sez hautement ce coup fourré. » J.-J. « Des représentations de quelques membres de la bourgeoisie suffisaient pour marquer qu'elle improUvâit ta

procédure. »Id. « La bourgeoisie a le droit de faire des représenta* tions dans toutes les occasions où elle improuve la conduite des magistrats. » Id. « Le libertinage n'est plus un bon air dès que votre conduite Yimprouve. » Mass. {Sur les vertus des grands). Ce caractère de désapprouverlui vient, ou de ce que de est la préfixe déterminative par excellence, ou de ce que le verbe composé latin approbarcy en cela différent du simple probare, signifie nonseulement approuver, mais aussi témoigner son assentiment par des démonstrations.

m, EX.

Inciter^ exciter. Déterminer à faire quelque chose. Inciter^ indtare, cUare, ciere in, mouvoir vers. Exciter, excitare, dtare, dere ex, faire sortir de. Inciter, c'est insinuer, induire; ce verbe marque une action douce et se rapporte au but, au nouvel état dans lequel on passe ou fait passer. Exciter, c'est émouvoir, éveiller, pousser; l'action exprimée par ce verbe est plus forte, et relative au point de départ , à l'état d'où l'on sort ou fait sortir. Rigoureusement , on incite à entrer , on excite à sortir. « Onmcite celui qui n'est pas disposé à la chose , qui ne s'y intéresse guère, qui ne s'y attache pas^ qui ne la prend pas à cœur, qui n'a ni motif, ni penchant assez fort pour lui inspirer de l'empressement; on excite cehn qui ne songe point à la chose, celui qui manque de résolution, celui qui agit languissamment, celui qui s'arrête on se rebute. Les insinuations, les suggestions, la persuasion, la conviction, l'intérêt personnel, les penchants, les passions incitent; les avis, les conseils, les sollicitations, tous les mobiles excitent. » Roub. « Ces pensers incitaient la reine à la vengeance. Laf. Tout ce qui nous incite à nous attacher* à la créature est mauvais, puisque cela nous empêche de servfr Dieu. » Pasc.

Incursion, excursion. Course de gens de guerre en pays ennemis. L'un vient de in currere, courir dans, sur ou vers; l'autre de ex currere, courir hors de. Pour incursion l'idée caractéristique est celle du but, du lieu où l'on se porte; pour excursion c'est celle du point de départ , du lieu que l'on quitte. Un pays est exposé aux incursions ou à l'abri des incursions. La garnison d'une ville doit faire de rares et de courtes excursions, de peur de surprise. Des peuples nomades qui n'ont pas de séjour fixe ne peu-, vent faire que des incursions. Toutes les fois qu'on a présent à l'esprit le lieu d'où le mouvement part, on doit se servir du mot excursioti. « Ils revinrent de leur excursion emmenant des prisonniers et

du butin. » Acad. Acause de ce rapport au lieu d'où Von s'éloigne^ excursion^ à la difTérence de son synonyme, se prend quelquefois pour digression. On dira dans un sens analogue^ la connaissance de tels monuments^ de telles plantes est due ^vm incursions des savants dans tels pays; et, ce botaniste ne se borne pas à étudier les fleurs du lieu qu'il habite , il fait de fréquentes excursions. C'est ainsi que irruption signifie Faction de se précipiter dans ou sur; et éruption ^ celle de sortir de^ de s'élancer hors de.

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